Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. La part de l'ombre

Couverture du livre La part de l'ombre

Auteur : Olivier Smolders

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Cinéma, Télévision

Editeur : les Impressions nouvelles, Bruxelles, Belgique

Collection : Traverses

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-906131-92-7

GENCOD : 9782906131927

  • Les présentations des éditeurs : 09/06/2009

«Si l'appellation d'auteur voulait bien signifier quelque chose, Olivier Smolders l'endosserait sûrement malgré lui, contre lui. Depuis près de vingt ans, avec une belle constance et un sens de l'équilibre un peu miraculeux, ce funambule singulier dépose sans trembler ses petites perles vénéneuses sur un fil tendu par-delà nos gouffres, défiant rageusement les lois de la pesanteur comme celles de la grâce et du mauvais goût. Des premières tentatives sombres et dérangeantes au sentimentalisme rugueux de Mort à Vignole, en passant par l'approche tragique et éblouie du poignant Seuls ou les excès gore d'Adoration, le cinéma de Smolders s'adresse à nous depuis un lieu dissident, excentré, amoral, un lieu merveilleusement dangereux où jamais il ne se repaît, où jamais il ne se repent et où il invite, sans ménagement parfois, à s'enfoncer avec lui.
C'est tout cela que ce livre réveille avec les textes intégraux de quelques films, avec des commentaires inédits d'inspiration plus libre, dont la finesse et l'humour ravageur mettent en miroir le créateur et l'essayiste, l'auteur et son double, l'image et sa légende. La douce fourrure des mots, son âpre revers d'images. Car La part de l'ombre est aussi un livre d'images savamment mises en scènes, accompagnant comme autant de jalons cette aventure singulière. Le livre se clôt sur un carnet de notes et d'images à propos de Nuit Noire, le long métrage que Smolders vient d'achever.» (Emmanuel d'Autreppe)

Olivier Smolders représente un des visages les plus novateurs et les plus cohérents du cinéma belge contemporain. Spécialiste du court-métrage, marqué par l'esprit de dérision comme par le goût du fantastique, Smolders est aussi, dans la grande tradition des Chris Marker, des Godard et des Truffaut, un véritable écrivain. À l'occasion du lancement de son premier long-métrage, Nuit noire, il propose ici un commentaire personnel de chacun de ses films, qui mélange analyse et fiction de manière fine, irrévérencieuse et souvent émouvante.

www.smolderscarabee. be


  • Les courts extraits de livres : 01/10/2006

Voir, bien voir, relève davantage d'une attitude mentale que d'une propriété de l'oeil ou, a fortiori, de l'objet sur lequel on pose les yeux. On ne voit pas bien une image lorsqu'elle est perdue au milieu de milliers d'autres. De même, on ne la voit pas davantage parce qu'elle est plus nette, plus lumineuse, plus définie. Son évidence est en effet précisément ce qui risque d'en faire aussitôt une lettre morte, indifférente, interchangeable avec toutes les autres. Comment voir encore ce qui se donne à voir sans voiles ? Comment accommoder notre désir de mises en lumière aussi médicales, de mises au point aussi automatiques ?

À force de programmer les paramètres techniques, l'in­dustrie semble vouloir obliger les images, et avec elles ceux qui les font, à se ressembler toutes. C'est dans l'ordre des choses puisque aussi bien elle nous invite à uniformiser nos aliments, nos vêtements, nos monnaies, nos rites et nos comportements sociaux. Mais il en va des images comme du reste. S'il est probable que l'amateur soit d'abord séduit par cette quête absurde de l'image plus professionnelle, plus définie, plus nette, plus stable, mieux éclairée,... - nul doute qu'il y perde au passage ce qui faisait le prix de son labeur, un mélange d'intuitions imprévisibles, de maladresses, de naïvetés, de soumission au hasard. La plus inutile des images du cinéma amateur est inévitablement celle qui ressemble le plus aux images des professionnels.

Pour toutes ces raisons, je me trouvais moi-même de plus en plus désemparé devant la série de cassettes vidéo tournées depuis la naissance de mes enfants, rangées soigneusement en haut d'une armoire, promises à une dégradation plus ou moins rapide du support, de toute façon impossibles à revoir en continuité tant sont interminables les prises de vues et sans relief les images. Il m'avait par contre suffi d'entendre à nouveau le ronronnement d'une caméra huit millimètres pour retrouver le sentiment d'urgence dont ont été toujours frappées, à mes yeux, les images du cinématographe. Chaque minute, chaque seconde même revêt alors une importance singulière, se pare d'une gravité un peu effrayante. Filmer, c'est alors vraiment accumuler des petits rites de dénégation contre le temps. C'est, image après image, défier la mort.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia