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.. Ethique à Eudème

Couverture du livre Ethique à Eudème

Auteur : Aristote

Préface : Olivier Bloch | Antoine Leandri

Traducteur : Olivier Bloch | Antoine Leandri

Date de saisie : 06/07/2011

Genre : Philosophie

Editeur : Encre marine, Paris, France

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-35088-040-2

GENCOD : 9782350880402

Sorti le : 25/01/2011

  • Le courrier des auteurs : 29/06/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Aristote, macédonien de naissance, métèque résidant à Athènes au quatrième siècle avant votre ère, disciple dissident de Platon, plus tard précepteur d'Alexandre le Grand, auteur moi-même d'un grand nombre de traités concernant le discours et le savoir, l'être en général, la nature et les être naturels, les caractères et les manières de vivre, la société et le commerce, l'art de parler et celui d'écrire, et aussi ce qui est au-delà de la nature, bref tout ce que vous appelez, comme le font les truchements qui vous donnent à lire l'ouvrage que vous avez sous les yeux, la Logique, la Physique, l'Éthique, la Politique, les Économiques, la Rhétorique, la Poétique, et la Métaphysique.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le bonheur et les moyens d'y atteindre.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«C'est le bonheur, de toutes choses la plus belle et la meilleure, qui est aussi la plus agréable.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le Septuor de Beethoven.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Comme en mon livre VII, l'amitié.


  • Les présentations des éditeurs : 06/07/2011

Olivier Bloch et Antoine Léandri proposent ici une nouvelle traduction de l'Éthique à Eudème d'Aristote, qu'ils ont effectuée d'après la dernière édition critique de l'ouvrage, celle de Richard Walzer et Jean Mingay (Oxford Classical Texts, 1991), non sans s'en écarter lorsque cela leur a paru nécessaire, comme ils s'en expliquent dans les notes.
Il est question ici de choses aussi bizarres et désuètes que le bonheur, le courage, ou l'amitié, et par raccroc le plaisir, l'intelligence, la santé, la justice, la politique, le divin, etc.
L'Introduction précise la nature de l'oeuvre, et les problèmes qu'elle pose, par son titre, par ses rapports avec l'autre «Éthique» aristotélicienne, la plus notoire, l'Éthique à Nicomaque, du point de vue de leur ton, de leur contenu, de leur structure (les deux ouvrages comportent trois livres communs, lesquels, comme c'est la règle éditoriale, ne sont pas traduits ici), de leur différence et de l'interprétation qu'il faut en donner (question, en particulier, de l'évolution prêtée à la pensée d'Aristote par nombre de commentateurs). Elle se termine sur un aperçu concernant l'établissement du texte.
Ces préliminaires, comme la traduction elle-même, les notes de bas de page critiques et explicatives qui l'accompagnent, et la bibliographie sélective qui s'y ajoute, s'adressent à la fois à l'amateur éclairé, auquel ils devraient rendre l'ouvrage accessible, et aux spécialistes, dont on espère qu'ils pourront y trouver intérêt dans leurs enseignements et leurs recherches.

Olivier Bloch est professeur émérite de l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Il a publié un ensemble de travaux dans le domaine de l'histoire des doctrines, courants et traditions matérialistes, de l'Antiquité (aristotélisme, épicurisme, stoïcisme) aux traditions marxistes. Ses dernières recherches portent sur les traditions libertines et clandestines de l'âge classique, ainsi que sur les rapports entre matérialisme et littérature, avec un intérêt tout particulier pour Cyrano de Bergerac, puis Molière (Molière/Philosophie, Paris, Albin Michel, 2000, Molière : comique et communication, Paris, Le Temps des Cerises, 2009).

Antoine Leandri, agrégé de philosophie, est Inspecteur pédagogique régional de philosophie des académies de Créteil, Dijon et Besançon. Il a publié sur Aristote les études suivantes : «L'aporie de la souveraineté», dans P. Aubenque et A. Tordesillas (éd.), Aristote politique, PUF, 1996 ; «La vérité pratique», dans La Vérité pratique. «Éthique à Nicomaque VI», Vrin, 1997 ; «Aristote et la participation», dans A. Benmakhlouf (éd.), Droit et participation politique, éd. Le Fennec, Casablanca, 2002.


  • Les courts extraits de livres : 06/07/2011

Extrait de l'introduction

Le titre communément attribué à l'ouvrage dont on pourra lire ici la traduction française, appelle plusieurs remarques préalables.
D'abord, qu'il relève du même statut que celui des autres ouvrages d'Aristote qui nous sont parvenus, celui de textes conservés dans son École, le «Lycée», ou école péripatéticienne. Ces textes étaient issus de ses cours : notes personnelles, ou notes prises par ses auditeurs, publiées par la suite sous la forme des traités qui nous sont parvenus, écrits désignés comme «acroamatiques» (destinés à un auditoire, celui des disciples), conservés dans ou circulant à l'intérieur (ésô-) de l'École, par opposition aux discours ou écrits «exotériques», publiés ou destinés à la publication, comme ceux auxquels il est fait allusion ou référence ici en 1217b 23 et 1218b 34 : ces derniers sont le plus souvent identifiés par la critique moderne, s'appuyant sur des témoignages antiques, à des oeuvres d'Aristote publiées par lui, dialogues ou autres, dont il ne nous reste que des témoignages et des fragments plus ou moins problématiques.
Le titre qui a été donné aux premiers dans l'École, d'où est issu celui que nous leur donnons toujours, se bornait, sous la forme d'un adjectif au neutre pluriel («les choses qui» etc.), à l'indication de la matière de ces cours, comme il en va par exemple de ce que nous appelons «la physique», c'est-à-dire, ta physica, les leçons, traités ou écrits, portant sur la nature, physis, - «la politique», ta politika, ceux qui portent sur la cité, polis, - «la métaphysique», elle, n'ayant servi d'abord qu'à désigner ceux qui succédaient aux cours consacrés à la nature, voire, tout simplement, à marquer la place qu'ils occupaient sur les rayons d'une bibliothèque : ta meta ta physica : «les écrits qui viennent après les ouvrages sur la nature»... C'est cet usage et cette acception qui subsistent en anglais dans l'emploi de l'adjectif substantivé au pluriel pour désigner ces disciplines : physics, politics, metaphysics, etc., alors que l'usage français se rattache à la périphrase qui servait aussi, en grec, puis en latin, à désigner la discipline - doctrine ou science, art ou technique -, au féminin, qui traite de telles matières.
Le cas de notre traité apporte des complications supplémentaires.


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