Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Nostradamus : une médecine des âmes à la Renaissance

Couverture du livre Nostradamus : une médecine des âmes à la Renaissance

Auteur : Denis Crouzet

Date de saisie : 25/07/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Payot, Paris, France

Collection : Biographie Payot

Prix : 27.50 € / 180.39 F

ISBN : 978-2-228-90644-9

GENCOD : 9782228906449

Sorti le : 16/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 25/07/2011

Ses prédictions ont tant alimenté les pronostics les plus fous des marchands d'apocalypse qu'on en oublierait presque que Michel de Nostredame (1503-1566), dit Nostradamus, était un homme de la Renaissance.
Pour Denis Crouzet, on s'évertuerait bien en vain à donner du sens à ses Prophéties, celles-ci échappant précisément à toute tentative d'interprétation. Plutôt que de dire l'avenir, Nostradamus aurait voulu «prophétiser», c'est-à-dire délivrer aux hommes la parole de Dieu. En penseur du doute, il les conjure de prendre conscience de leur ignorance et de leur nature résolument pécheresse. Dans un siècle traversé par les violences les plus extrêmes, celui des guerres de Religion, Nostradamus est un chrétien doté d'une foi profonde, évangélique, qui, refusant les déchirements confessionnels, tente d'initier ses contemporains à une piété de l'intériorité fondée sur la présence, en soi, du Christ. Un rêve de paix intérieure inspiré par Marsile Ficin, Érasme et Cornélius Agrippa, et nourri par Marguerite de Navarre, la soeur du roi François Ier. Comme Rabelais, pour qui le récit burlesque était une thérapie contre les maux de ce temps, Nostradamus se pensait en médecin des âmes, en plus d'être un médecin des corps. Effrayant ses lecteurs en leur dévoilant des lendemains terribles et menaçants, il leur montrait que la haine était le plus grand des périls et que le seul remède était de vivre dans l'amour et la paix du Christ.
Un essai inspiré qui, en sondant l'imaginaire d'un homme à l'oeuvre aussi énigmatique que la vie, lui confère une dimension inédite et lui redonne une place dans l'histoire de la pensée humaniste.

Professeur d'histoire moderne à l'université de Paris IV-Sorbonne, spécialiste des guerres de Religion et des pratiques de violence à la Renaissance, Denis Crouzet construit une oeuvre pénétrante, de sa Nuit de la Saint-Barthélemy (1994) au récent Dieu en ses royaumes (2008), en passant par Michel de l'Hôpital (1998) et Christophe Colomb (Payot, 2006).



  • La revue de presse - Le Monde du 5 mai 2011

En choisissant d'explorer les Prophéties de Nostradamus, Denis Crouzet interroge le statut problématique de certains textes, leur validité scientifique et leur valeur historique. De biographie, il n'est pas véritablement question ici...
"Pourquoi Nostradamus ?", demande tout au long de son ouvrage Denis Crouzet, professeur d'histoire moderne à l'université Paris-IV, auteur de nombreuses études de référence sur le XVIe siècle européen et en particulier sur les évolutions religieuses de l'époque moderne.


  • Les courts extraits de livres : 25/07/2011

Extrait de l'introduction

Fragments d'histoire

Longuement, ces trois ou quatre dernières années, j'ai regretté d'avoir entamé une recherche sur «maistre Michel de Nostradame», dit aussi Michel Nostradamus, une recherche difficile, aux confins d'une certaine absurdité, voire aberration : d'une part, parce que le prophète astrologue reste un mystère dans la mesure où les documents et les sources touchant à sa personne sont rares ; d'autre part, parce que ses prophéties demeurent impénétrables, placées sous le signe de l'irrésolution, d'une sorte de pulvérisation du sens. L'histoire, par où qu'elle puisse être abordée, est ainsi une histoire qui ne subsiste que dans la fragmentation.
Pour une chronologie proprement dite de ce que l'historien peut savoir de Nostradamus, en liant les quelques données biographiques qui ont subsisté aux grands événements qui scandent l'histoire de son temps, le lecteur se reportera en fin d'ouvrage.
Il constatera qu'il s'agit de fragments de vie. Bien peu de données pour partir à la rencontre de l'astrologue le plus célèbre de l'histoire. Mais le problème ne se limite pas à cette constatation. Bien plus essentiel pour l'historien est que la fragmentation touche aussi l'oeuvre et donc l'imaginaire de Michel Nostradamus. Une fragmentation du sens, à laquelle se heurte la réflexion et au coeur de laquelle il y a les Prophéties. Une dilution pour employer un terme plus fort encore. Chaque quatrain inséré dans chacune des dix centuries qui composent l'ouvrage peut en effet s'identifier à un puits sans fond tant ce qui peut servir de point d'accroché à une résolution de l'énigme proposée par Nostradamus se délite ou s'effrite, chaque verset se mettant à osciller et vibrer à la lecture tout en devenant illisible ou évanescent. Tant aussi le sens se perd et s'évanouit de lui-même dans la contradiction ou la polysémie, voire dans l'extravagance ou une sorte de débridage linguistique. Tant encore la spirale de la fascination, dans laquelle l'écriture du prophète de Salon attire le lecteur, semble en fin de compte jouer, à force de déplacer et de déstabiliser les interrogations et les réponses, les mettre en suspension, en animation de «permutations et de combinaisons à l'infini», comme une métaphore de l'absurde. Duplication de l'absurde d'ailleurs, dans la mesure où le charlatanisme, depuis toujours, a pris possession de l'oeuvre prédictive, en présumant qu'il y avait un savoir dynamique du devenir sous les mots et leur agencement déroutant. Une hystérie de la captation et de la surfabrication du sens poursuit toujours, en recomposant sans cesse la compréhension au gré des événements du présent, des angoisses et des espérances immédiates, son travail d'anachronisme, conduisant l'historien au doute sur son propre travail, qui consiste, au contraire, à essayer humblement, relativement, de pénétrer les imaginaires du passé, de restituer leurs virtualités au plus probable et fragile qu'il soit envisageable.
J'ajouterai, en passant, que les fondamentalistes de toutes les sentines ou les marchands de tous les temples de la prospective augurale sont plus que jamais à l'oeuvre, partout, dans une surenchère à la fois hallucinée et hallucinatoire ; et mon parti pris d'origine a été de ne pas faire attention à eux, à leurs délires eschatologiques ou seulement supputatifs sur toute événementialisation possible, même dans ce temps des doutes qui m'ont comme pris à la gorge. Cela parce que, face à Nostradamus et aux détournements dont il est l'objet, il faut être rationaliste et agnostique tout à la fois. Ils s'irriteront mais leurs irritations me laissent par avance indifférent parce qu'ils ignorent l'histoire, ses méthodes et postulats herméneutiques ; il vaut mieux, selon ce qu'écrivait un humaniste présent au long de ce livre, «ne pas remuer cette Camarine, ni toucher cette anagyre...». Je serai également sourd aux récriminations qui pourront agiter ceux qui sont les dévots d'une histoire simultanément facticiste et réaliste, et, pour mentionner le même humaniste, «dont la barbe et le manteau inspirent le respect, qui se proclament seuls sages, tandis que les autres mortels sont des ombres voletantes». Un peu d'idéalisme - au sens marxiste - ne fait pas de mal de temps à autre dans les sciences humaines.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia