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En sortant de la prison de l'école des «Cadets» où il a été enfermé pour insubordination caractérisée, le petit Mohammed tombe éperdument amoureux d'une belle inconnue. Pour la revoir, il se rend en stop à Blida. La 403 du capitaine va mettre un terme brutal à ses illusions. Mais pas à sa quête, idéale et désespérée.
Quarante ans plus tard, devenu écrivain sous le nom de Yasmina Khadra, Mohammed Moulessehoul se souvient avec émotion de celle qui lui fit tourner la tête. Et la «Rose de Blida» ressuscite...
Cinq ans après sa première parution en 2006, revoici La Rose de Blida, dans une version remaniée par l'auteur, accompagnée d'un bouquet de nouvelles au coeur de l'univers romanesque de l'auteur : les racines, le poids des traditions (le Faiseur de paix), la cruelle bêtise des hommes {L'Incompris) et surtout l'Afrique, avec la magnifique Wadigazen. L'Afrique des sortilèges, des djinns, des croyances ancestrales, dont Yasmina Khadra n'a pas fini de sonder les espérances et les convulsions. Dans le Parrain, il revient au polar, où il fit ses premières armes en littérature avec le commissaire Llob, que l'on verrait bien se délecter du parfum des printemps arabes...
De Morituri (1997) à Ce que le jour doit à la nuit, immense succès de librairie en 2008, Yasmina Khadra continue de construire une oeuvre humaniste magistrale, qui fait de lui un des écrivains majeurs de la littérature francophone.
Les courts extraits de livres : 27/05/2011
Extrait de la préface de Jean-Jacques Reboux
La mémoire a le don de transfigurer les souvenirs, et les écrivains, ces menteurs aguerris, ont le chic pour transformer en cassure fondatrice les coups de canif dans les buissons de l'enfance, ou inversement, quand la blessure trop forte contraint l'écrivain à romancer la «scène capitale» - pour reprendre l'expression du poète Pierre-Jean Jouve.
L'enfance...
Dans La Rose de Blida, qui ouvre ce recueil, Yasmina Khadra revient sur celle d'un petit garçon prénommé Mohammed, déjà longuement évoquée dans son récit autobiographique L'Écrivain, où il racontait sa vie à l'école des «Cadets». Cette fois, il se concentre sur une douleur singulière, apportant une réponse émouvante à la question rituelle des petits arrangements avec l'enfance : «Et vous, votre rêve fantasmé de gosse, vos désespoirs de cour de récré, c'était quoi ?»
Publiée pour la première fois en 2006 dans la collection «la Maîtresse en maillot de bain» (qui accueillit quinze écrivains) et depuis longtemps épuisée, La Rose de Blida revient, à la proue de ce recueil, nous rappeler que les écrivains, quel que soit le chemin parcouru - et dans le cas de Yasmina Khadra il fut tapissé de ronces et d'épines -, l'enfance est toujours là, prégnante, prête à vous attraper par le bras, et à ne plus vous relâcher.