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Auteur : Claude Thibault
Date de saisie : 18/05/2011
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Budo, Noisy-sur-Ecole, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 9782846172813
GENCOD : 9782846172813
Sorti le : 28/04/2011
Avec les témoignages de
Jean BEAUJEAN - Jacques BELAUD - Henri BIRNBAUM - Guy CAUQUIL - Maxime CHALIER - Maurice COTTREAU - Jean-Paul GARAIX Jean GIRAUD - Jean de HERDT - Jacques LAGLAINE - Lucien LEVANNIER Charles MALAISÉ - Guy PELLETIER - Henry PLÉE - Raymond SASIA Robert SAUVENIÈRE - Alain VA.LIN - Guy VERRIER - Jean ZIN
Les pionniers du judo figurent parmi les cent premières ceintures noires, nommées par M. Kawaishi au début des années quarante. Anciens professeurs, arbitres, dirigeants ou champions, ils ont marqué l'histoire du judo et des arts martiaux. Souvenirs, révélations, théories, anecdotes, luttes d'opinions, émaillent leurs entretiens avec Claude Thibault et constituent un apport fondamental à la grande histoire du judo.
Ce livre dresse le tableau des premières décennies du judo français, de l'arrivée des premiers maîtres japonais à la fondation de la Fédération française de judo et du Collège des ceintures noires. Cet ouvrage est un retour vers une époque où l'on croyait à l'impossible et où l'on se fixait des objectifs d'honneur.
Claude THIBAULT, est «l'historien du judo français». Auteur du célèbre Un million de judokas, Histoire du judo et Entretiens avec les pionniers du judo (aujourd'hui épuisés) et d'une dizaine d'autres ouvrages sur le sujet, cet ancien international s'est petit à petit transformé en véritable «mémoire du judo» sans même s'en apercevoir.
Auteur d'une dizaine d'ouvrages sur le judo français, Claude Thibault retrouve ici ses grands aînés. Fort de sa connaissance des arcanes du judo, cet ancien international élabore une étonnante saga sur la période fondatrice du judo français et nous livre un document passionnant.
De 1883 à 1965,520000 ceintures noires dans le monde
Une chaleur humide envahissait le petit dojo en ce début d'août 1883. Les quelques étudiants présents ce soir-là attendaient le Maître qui allait exceptionnellement se joindre à eux. L'alcool de riz et l'alcool de blé torréfié sucré récompenseraient les courageux que la chaleur n'avait pas éloignés du dojo. L'événement était d'importance : Tomita Tsunejiro et Saigo Shiro, deux des premiers élèves de Jigoro Kano, venaient d'obtenir le 1er Dan.
Les journaux de l'époque ne consacrèrent pas une ligne à ces nominations. Les disciples d'autres écoles de jujitsu ricanèrent en pensant aux défis qu'ils lanceraient bientôt aux nouveaux promus. Ainsi donc ce jeune professeur nommé J. Kano, qui avait créé en février 1882, une méthode de sport de combat, le «Kodokan-Judo», se permettait non seulement de dévoiler les secrets des anciennes écoles, mais aussi de décerner des grades à ses élèves ! Et quels élèves ! Des domestiques qui balayaient le dojo et portaient les papiers du maître qui ne les rétribuait que s'il gagnait lui-même quelques yens supplémentaires à l'Université ! On murmurait que de jeunes nobles venaient de s'inscrire à cette école, mais dix-sept élèves en deux ans, ce n'était pas sérieux !
Ce soir-là, le saké coûta cher aux adeptes du nouveau judo.
Mais le lendemain matin à sept heures, Tomita Tsunejiro et Saigo Shiro étaient à l'entraînement. Jusqu'à midi et de 15 à 19 heures, ils s'initiaient chaque jour aux techniques et mouvements inventés ou adaptés par J. Kano. Ce dernier avait étudié les méthodes de toutes les anciennes écoles de sport de combat. Prenant de chacune ce qu'il estimait le meilleur, il avait mis au point un sport alliant défense et souplesse.
Sur la naissance du judo, J. Kano devait s'expliquer plus tard.
Sa nouvelle méthode de combat, il ne voulait pas l'appeler jujitsu, mais une référence à ces techniques disparues étant indispensable par respect envers ses anciens professeurs, J. Kano conserva le caractère «ju» et ajouta celui de «do» qui signifie «voie». Le mot ainsi composé n'était pas nouveau. Il désignait déjà la méthode pratiquée par une école de la région de Isumo. Mais les adeptes de cette école étaient rares et la distinction devait être faite facilement dès le début avec le «Judo Kodokan».
Sur le registre du Kodokan, où l'on signait avec son sang, la liste des élèves s'allongeait : 98 en 1886, 293 en 1887, 378 en 1888, 605 en 1889. Ceux qui allaient devenir les champions de cette période héroïque s'entraînaient déjà avec J. Kano. Yamashita Yoshiaki et Yokoyatna Sakujiro, qui débutèrent en 1884, furent les premiers 6e Dan en janvier 1898. En entrant dans le petit dojo pour sa première leçon au Kodokan le 14 août 1884, Yamashita ne pensait pas que cinquante et un ans plus tard il serait nommé 10 e Dan, le premier dans l'histoire du judo.
On ne signe plus avec son sang aujourd'hui et la liste des inscrits s'étend sur plusieurs volumes. Au 1er septembre 1965, le Kodokan avait nommé 517000 ceintures noires dont 454 femmes et 7800 étrangers. Mais peu de judokas ont atteint le sommet de la hiérarchie : sept 10e Dan, tous décédés aujourd'hui, et quarante-cinq 9e Dan, dont vingt-huit exercent encore.
La petite salle de l'appartement de J. Kano au temple Eisho à Tokyo n'offrait que quelques mètres carrés pour l'entraînement. Dans le building construit au centre de Tokyo en 1958, six tapis dont un de 500 tatamis (près de 900 m2) accueillent quotidiennement des centaines de judokas.
Pendant cinq ans un seul dojo fut ouvert, celui de J. Kano.
Il fallut attendre le 3 octobre 1887 pour qu'une section soit créée à Nirayama. Dans tout le Japon, des dojos vont alors répandre le judo et la technique du Kodokan. L'armée d'abord, puis les écoles, et enfin le public, vont s'associer au développement du sport de J. Kano.
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