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Auteur : Roland Habersetzer
Date de saisie : 18/05/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Budo, Noisy-sur-Ecole, France
Collection : Kohai
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 9782846172844
GENCOD : 9782846172844
Sorti le : 28/04/2011
Au sud de l'archipel japonais, se trouve un ensemble de petites lies situées à quelques centaines de kilomètres de la Chine : Okinawa. C'est ici, entre Chine et Japon que sont nés le karaté et les kobudo.
L'administration japonaise, pour contenir une éventuelle rébellion, interdit aux autochtones le port d'armes. C'est pour pallier à la nécessité de se protéger que ce peuple adapta les objets de leur vie quotidienne pour en faire des armes. Cet art de combattre avec des objets usuels a pris le nom de kobudo (arts martiaux anciens] et, de par la parenté, est resté très proche du karaté dont les pratiquants y voient le prolongement de leurs techniques de main.
Bo (bâton), sai (trident), tonfa (manche à poignée latérale], nunchaku (fléau) sont les plus connus et leur apprentissage fait l'objet de ce livre très pédagogique.
Avec cet ouvrage, Roland Habersetzer nous livre un manuel simple mais complet pour aborder la pratique de ces armes en toute sécurité.
Roland Habersetzer pratique les arts martiaux depuis 1957 et fut l'une des premières ceintures noires françaises de karaté en 1961. Considéré à juste titre comme un spécialiste des arts martiaux japonais et chinois, diplômé à des titres divers en France, au Japon et en Chine, il a été nommé 9' dan au Japon en 2006 par Tsuneyoshi Ogura (Gembukan). Il est aujourd'hui Hanshi du Gembukan et Soke (maître fondateur) de son propre style «Tengu-no-michi». Ces grades et titres lui furent également confirmés par Tadahiko Ohtsuka : «La reconnaissance et la récompense d'un rare prosélytisme comme d'une efficacité certaine, qui souligne aussi le sens que Roland Habersetzer a toujours voulu donner à ses quarante-neuf années de pratique des arts martiaux et d'engagement en faveur d'une tradition authentique.»
Roland Habersetzer a débuté en 1968 un exceptionnel travail de vulgarisation qui, avec près de quatre-vingts ouvrages publiés à ce jour, en a fait l'auteur de la plus importante oeuvre au monde consacrée aux arts martiaux, une source historique, technique et pédagogique de référence dans tous les pays francophones et même à travers le monde.
Les kobudo d'Okinawa, ou l'esprit de résistance...
L'imagination et la puissance créatrice de l'homme en danger ont de tout temps été à l'origine de techniques de survie, dont celles dites d'attaque et de défense face à d'autres hommes. Elles ne sont d'ailleurs qu'un aspect illustrant cette vitalité de l'espèce. Que, suivant les principes que l'on peut avoir faits siens, on déplore ou que l'on se réjouisse de telles facultés n'enlève rien au fait ni à cette autre constatation : ces techniques de survie, qu'elles opèrent avec ou sans armes (l'arme n'est qu'un type particulier d'outil, lui-même prolongement de la main) sont toujours liées à des supports mentaux, religieux ou philosophiques, selon lesquels le guerrier ne peut vaincre que parce qu'il est le vecteur de forces qui le dépassent mais auxquelles il aura réussi à s'identifier par suite d'un processus magique. D'où, pour tous les peuples et sur tous les continents, le rôle essentiel accordé traditionnellement aux rites d'incantation, aux sorciers, à la perception des forces de la nature qui devaient être mobilisées par chants et danses, à la manière dont était forgée une arme, fabriqué un arc, ou simplement coupé un bâton. La maîtrise d'une arme est longtemps passée par une sorte de magie. Rien de cela n'a été l'exclusivité d'une période, d'un peuple ou d'une contrée. L'histoire guerrière des hommes est, sur le fond, étonnamment semblable depuis le début de son existence.
Les kobudo de l'île d'Okinawa, au large du Japon, s'inscrivent sur cette même toile de fond, même si leur origine populaire et leur pragmatisme ne les prédisposaient pas au départ aux mêmes types de préoccupations intellectuelles ou philosophiques. Mais ces kobudo (techniques de combat avec des armes improvisées à partir de simples outils de la vie quotidienne des paysans et des pêcheurs), ont d'abord été des kobu-jutsu, où la technique (jutsu) guerrière (bu) faisait passer à l'arrière-plan ce qui n'est devenu que par la suite l'amorce d'une démarche intérieure (do), au sens que cette définition prend habituellement au Japon. Ce n'est que vers la fin du XIXe siècle que ces techniques se sont imprégnées d'éléments spirituels pris à d'autres arts martiaux japonais déjà plus affinés, qui les ont érigées en authentiques budo. Certes, étaient déjà là, aussi, des bases culturelles propres à l'île d'Okinawa, tels ces éléments de danses insulaires traditionnelles (odorî) que l'on retrouve également dans certains katas anciens du karate-do (koshiki-kata). Depuis, les kobudo ont rejoint la grande famille des arts martiaux du Japon, qui sont autant de cheminements possibles (do, michi) pour l'homme en quête de perfection à travers ces défis que sont les pratiques intensives de disciplines devenues formes d'expression d'une union entre le corps et l'esprit. Une union qui est alors source d'efficacité totale à travers le geste parfait.
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