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Auteur : Philippe Villemus
Illustrateur : Nono
Date de saisie : 27/05/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Editions-dialogues.fr, Brest, France
Collection : Nouvelles ouvertures
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-918135-24-1
GENCOD : 9782918135241
Sorti le : 05/05/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Je suis enseignant-chercheur au groupe Sup de Co Montpellier, écrivain, chroniqueur et conférencier, après avoir été dirigeant dans de grands groupes internationaux, tant en France qu'à l'étranger, puisque j'ai travaillé chez Colgate-Palmolive, le groupe Mars, La Coupe du Monde de football 1998 et le groupe L'Oréal où je fus Président monde de Helena Rubinstein.
Je suis né à Sète en 1961 et après avoir vécu dans diverses grandes villes dans le monde, je vis maintenant dans un petit village du Languedoc.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La valeur du travail.
La juste valeur du travail sous l'angle économique, social et moral. En traitant ce thème majeur de notre société, on aborde les inégalités, le mérite, le mode de fixation des salaires et autres rémunérations, la pointe des très très hautes rémunérations et celles des travailleurs pauvres.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«La rémunération phénoménale des footballeurs et des patrons de grands groupes montre tout simplement que notre société se délite. La valeur financière l'emporte sur la valeur sociale. Le "vivre riche" détrône le "vivre "ensemble".»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Le lac des cygnes"
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Qu'il faut rémunérer le travail à sa juste valeur financière, économique, sociale et morale. En rémunérant beaucoup trop certains salariés (les patrons de grands groupes, les top-modèles, etc.) et pas assez d'autres (les travailleurs pauvres), on risque de disloquer tout le corps social et de tuer le goût du travail.
Quelle est la juste valeur du travail ? Autrement dit, qu'est-ce qu'une juste rémunération ?
Comment se forment les revenus du travail ? Les patrons des grands groupes sont-ils justement rémunérés ? Les footballeurs méritent-ils leurs salaires ? Pourquoi sont-ils mieux payés qu'une infirmière, un instituteur ou un paysan ? Le salaire d'un seul homme peut-il valoir celui de mille smicards ?
Ce livre, vif et original, tente de répondre avec rigueur à ces questions essentielles en explorant la pyramide des rémunérations françaises.
Cette déroutante exploration, riche en surprises, révèle l'absurdité d'un système où la rareté l'emporte sur l'utilité, la valeur économique et financière sur la valeur sociale et morale, l'intérêt particulier sur l'intérêt général, le copinage sur le mérite. Elle montre que la valeur du travail se déprécie dans la masse des travailleurs pauvres ou précaires qui observent avec dégoût les gains phénoménaux et vulgaires accumulés par les grands patrons et les vedettes du sport ou du spectacle.
Un livre percutant et solidement documenté.
Philippe Villemus, diplômé de l'ESCP et Docteur en sciences de gestion, a travaillé dans de grands groupes internationaux : Colgate-Palmolive, M&M's-Mars et L'Oréal, où il fut Président monde de Helena Rubinstein. Il a aussi été Directeur marketing-ventes-partenariat de la Coupe du monde de football 1998.
Depuis fin 2003, il est professeur-chercheur au groupe Sup de Co Montpellier, chroniqueur, conférencier Il a publié une vingtaine d'ouvrages, dont Oui est riche ? (Eyrolles), Le Dieu football (Eyrolles), Délocalisations : aurons-nous encore des emplois demain ? (Seuil) et De krach en crise (Seuil).
Nono, dessinateur de presse au Télégramme et caricaturiste. Professeur de philosophie à temps partiel (en 2001).
À la conquête des sommets
«Épicure ne cherchait pas à sauver les tyrans et les banquiers mais à sauver des artisans, des esclaves, des putains.»
Paul Nizan, Aden Arabie
25 janvier 2010, débat sur TF1. Le président de la République Nicolas Sarkozy est pris à partie par un syndicaliste de la CGT, Pierre Le Ménahès, qui fustige les rémunérations touchées par les P-DG du CAC 40 : «Et ça ne vous dérange pas d'avoir un décalage entre des salaires mirobolants tels que cela et des millions de Français qui souffrent ?» Le chef de l'État réplique : «Ce qui me choque, c'est le salaire mirobolant de certains footballeurs et de certains sportifs.» Le syndicaliste, sans se démonter, s'indigne alors et assène sa vérité : «Elle est facile celle-là !»
Cette passe d'armes, en direct devant des millions de téléspectateurs, est caractéristique des discussions portant sur les plus hautes rémunérations. Dès que l'on aborde la rémunération des «grands patrons», on dévie instantanément vers celle des footballeurs. Comme si l'on voulait esquiver la question des très hauts salaires dans les entreprises. Comme si les sommes vertigineuses offertes aux sportifs, surtout footballeurs professionnels, exonéraient aussitôt les montants non moins prodigieux octroyés aux patrons de grandes entreprises. Car en ne traitant pas avec objectivité et rigueur la rémunération des patrons les mieux payés de France, en déviant vers les gains des footeux, ne reconnaît-on pas implicitement qu'il y a un problème dans la rémunération de ces patrons ?
Oui, le rapprochement semble trop facile. Car l'argument des salaires des footballeurs pour légitimer celui des patrons semble clore la discussion. Les footballeurs ne sont-ils pas des «caïds immatures», aux comportements douteux, irrespectueux et grossiers, dont l'«utilité» sociale est plus que contestable ? Loin de clore le débat, l'étude des rémunérations des footballeurs devrait au contraire l'ouvrir. C'est en cherchant à comprendre pourquoi et comment on en arrive à accorder des millions d'euros à des vedettes du ballon rond que l'on pourra peut-être saisir pourquoi on offre encore plus à quelques poignées de salariés privilégiés. Et comment, en ce début de XXIe siècle, dans une société fondée sur la loi du marché, on parvient à définir les «justes» ou «injustes» rémunérations des patrons, des footballeurs ou des smicards. L'analyse des extrêmes, dans la démarche scientifique, permet souvent de mettre en valeur les absurdités et les incohérences d'un système.
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