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Auteur : John Gierach
Traducteur : Jacques Mailhos
Date de saisie : 12/06/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallmeister, Paris, France
Collection : Nature writing
Prix : 22.90 € / 150.21 F
ISBN : 9782351780459
GENCOD : 9782351780459
Sorti le : 06/06/2011
Du bon choix du coin de pêche, qu'il soit étang de ferme, trou d'eau, berge d'un torrent, - à la détection précise du jour d'éclosion des mouches du saule, en passant par le choix de cannes en bambou de 7 pieds, pour soie de 3, l'auteur nous fait partager dans ces chroniques chaleureuses les affres du pêcheur à la mouche et nous embarque avec lui dans la quête humoristique, sage, existentielle, des conditions idéales pour la pratique de ce sport.
John Gierach est sans conteste le plus célèbre des "écrivains-pêcheurs" américains. Installé depuis plus de trente ans dans le Colorado, il est l'auteur d'une vingtaine de livres et collabore régulièrement à divers magazines de pêche et d'activités de plein air.
Dans ce nouveau recueil de chroniques halieutiques, John Gierach combine avec humour et esprit les ingrédients d'un manuel de pêche et d'un récit d'aventures pour nous offrir des réflexions profondes et ironiques non seulement sur la pêche à la mouche, mais aussi sur la beauté des rivières et sur nos propres travers. Il nous montre que la pêche à la mouche est bien plus qu'un simple sport. C'est un mode de vie dans lequel la patience est - parfois - récompensée, les rythmes du monde naturel appréciés à leur juste valeur, et où la quête de la canne ou de la rivière idéale est sans fin.
John Gierach s'inscrit dans la lignée des Aventures de Nick Adams d'Ernest Hemingway et des récits de John D. Voelker et Norman Maclean. Avec ce délectable Même les truites ont du vague à l'âme, il confirme qu'il est l'un des auteurs les plus perspicaces, drôles et talentueux de l'Ouest américain.
Je me suis encore une fois laissé prendre par le style convivial et plein de sensibilité de John Gierach.
THOMAS McGUANE
Un régal, une fable initiatique où la pêche sert aussi de prétexte pour parler des humains.
André Clavel, LIRE
Lire Gierach, c'est partager le café du bivouac, respirer l'air soudain si clair qui flotte autour des grandes rivières à truites, s'arrêter et regarder autour de soi. Tout simplement.
Cyril Hofstein, LE FIGARO MAGAZINE
Les étangs de ferme
Je crois que le tout premier poisson que je pris dans ma vie était un bluegill de l'étang de la ferme de mon oncle, dans l'Indiana, mais je n'en suis pas complètement sûr. On pourrait croire que c'est le genre de chose que l'on n'oublie jamais - comme certaines autres premières fois auxquelles je pense -, mais, bien que ce souvenir ne doive pas remonter à plus de quarante ans aujourd'hui, il a été obscurci par les poissons suivants, qui furent, il faut le dire, assez nombreux.
J'imagine que mon premier poisson pourrait tout aussi bien avoir été un petit chabot péché dans une rivière de chez moi, mais, pour une raison ou pour une autre, cet étang-là s'est gravé dans ma mémoire.
Je m'en souviens comme d'un petit étang, ce qui signifie qu'une fois prise en compte la propension qu'ont les choses de l'enfance à paraître plus grandes quelles ne l'étaient réellement, il devait être minuscule - guère plus qu'une mare. Il y avait des roseaux du côté peu profond de la berge, et suffisamment de fond près de la digue pour y nager, même si cette eau ne m'a jamais paru très attirante. Trop d'algues et de brindilles semblaient vouloir vous y agripper, et j'éprouvais une curiosité lancinante pour ce que l'on pourrait y trouver d'autre. Je ne devins jamais très amateur de baignade.
C'était un modeste disque d'eau situé en plein champ, à proximité du corps de ferme et visible de très loin ; le long des berges, les sabots des vaches qui paissaient là avaient transformé la prairie en boue et il n'y avait pas un arbre pour offrir le moindre ombrage. Pourtant, l'eau était claire. Je me revois y marcher en regardant les écrevisses détaler sur le fond devant mes pieds. Le plus souvent.je repérais d'abord les nuages de vase qu'elles laissaient derrière elles, et seulement ensuite les bêtes elles-mêmes. Un jour, je finis par surmonter la peur que m'inspiraient leurs pinces et je me mis à essayer de les attraper à la main - au moins les petites qui se trouvaient autour de la source. Ce n'était pas facile.
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