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Auteur : Rémi Lange
Préface : Olivier Ducastel | Jacques Martineau
Date de saisie : 10/06/2011
Genre : Cinéma, Télévision
Editeur : Erosonyx éditions, Cassaniouze, France
Collection : Images
Prix : 24.50 € / 160.71 F
ISBN : 9782918444077
GENCOD : 9782918444077
Sorti le : 11/05/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Éditeurs en association loi 1901 (Association Nix&Nox) sous le nom ErosOnyx Editions, depuis 2007.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Journal tenu pendant le tournage, en Super 8 à l'origine, du coming out d'un garçon homosexuel, caméra à l'épaule, auprès de membres de sa famille, pour faciliter "l'aveu" et atténuer leurs réactions. Ce film a connu le succès, puisqu'il a été acheté par Canal +, acheté par la cinémathèque du Centre Pompidou et qu'il est passé en salle (version gonflée) en 1998. Il a aussi été présenté à des festivals de cinéma nationaux (Lille) internationaux (Canada, Suisse, États-Unis). Le livre avec le DVD du film contient en outre les réactions par lettres de mère, soeur, père, un choix abondant de critiques de l'époque (de 1994 à 1998), et un entretien avec l'auteur en 2011.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Mon fiancé s'appelle Antoine".
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson de Françoise Hardy, dont d'ailleurs l'auteur donne trois strophes en épigraphe.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'auteur aimerait communiquer à ses lecteurs le sentiment d'urgence qu'il éprouvait, jeune homme de 24 ans, de dire, à sa manière, quelle était son orientation sexuelle, qu'il n'avait pas choisie. L'éditeur pour sa part voudrait avec ce livre, comme avec les autres, défendre l'idée non seulement que le livre papier reste un instrument de culture, d'ouverture à l'autre, mais aussi qu'il n'est pas et ne doit pas être en concurrence avec l'image (ici un film sur DVD), bien au contraire : l'un peut s'appuyer sur l'autre, l'un mener à l'autre.
"Cinéma vérité, cinéma cruauté, cinéma charité - voilà bien des richesses pour un premier film, et voici surtout une vocation... Bravo, merci", écrivait au jeune réalisateur Rémi Lange un de ses anciens professeurs de Fac, après avoir vu son film Omelette.
Journal filmé de son coming out auprès de sa famille, sorti en salle en 1998, passé à la télévision sur Canal +, acheté par le Musée d'art moderne Georges Pompidou (Beaubourg), édité en DVD enfin, le réalisateur ajoute aujourd'hui son journal écrit pendant le tournage et resté inédit. L'un n'ira plus sans l'autre désormais.
Voici édité, alors qu'il tournait son premier film Omelette pour dire à sa famille que sa fiancée s'appelait Antoine, le journal que tenait Rémi Lange, accompagné du dvd du film, d'un avant-propos d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, de quelques-unes des multiples réactions suscitées par ce film, et d'un entretien retraçant son itinéraire de metteur en scène depuis Omelette.
Ce journal est précédé d'un avant-propos de Jacques Martineau et Olivier Ducastel, suivi d'un choix de réactions - famille, presse - au film qui en déclencha beaucoup, et d'un entretien avec ErosOnyx Éditions sur le parcours de réalisateur de Rémi Lange jusqu'en 2011.
Le DVD qui accompagne le livre est édité par ErosOnyx Éditions en collaboration avec Les Films de l'Ange.
Quelques réactions de la presse à la sortie du film
Libération - En art, il n'y a que de la distance et de la solitude. Rémi Lange l'apprend à ses dépens, et lui qui voulait filmer pour se sentir mieux va moins bien en bout de course, même s'il cite en intro du dossier de presse la formule de Fassbinder : «Les films libèrent la tête.»
Les Inrockuptibles - Pas de voyeurisme dans l'histoire de Rémi Lange, l'histoire de sa vie qu'il nous livre simplement, comme à des proches.
Le Monde - Ce curieux film qui, entre confession intime et fiction, met en pratique l'adage selon lequel «on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.»
Témoignage chrétien - Le mal est fait et pourtant il fait du bien. Parce que la communication a été rétablie, le cadavre enfin sorti du placard.
Cahiers du cinéma - Le journal intime devient le support d'une agression en douceur, sorte de règlement de comptes familial où l'ambivalence règne en maître.
Extrait de l'avant-propos
«L'émotion qui l'étreint au moment de la révélation...»
Omelette, pour nous comme pour bien d'autres, est un film important parce que ce film cherche à atteindre l'impossible liberté : liberté d'être soi-même à travers l'affirmation de sa sexualité, liberté de filmer en dehors des codes et des contraintes économiques, liberté aussi face à la caméra et au cadre qui savent si bien masquer le vrai. Le film, et Rémi à travers lui, se débat, tire à hue et à dia, cherche sa voie, trébuche souvent et, d'échec en échec, parvient si ce n'est à véritablement se libérer de tout (mais ce n'est pas un défaut car c'est une tentative impossible qui ne doit pas moins être sans cesse renouvelée), du moins à circonscrire et dénoncer les mensonges et les entraves. C'est déjà beaucoup. Nous continuons à nous étonner et à admirer le fait que, selon nous, celui dont on attend le plus de mensonges, celui qui semble avoir fondé toute sa vie sur l'obscurcissement de la vérité, le père, apparaît en définitive comme le seul qui, face à la caméra, tient un discours de vérité, un discours libre. Tous les autres déversent un discours relativement convenu en ce temps-là et que la présence de la caméra contraint : vomir sa haine homophobe devant un objectif, fût-il privé, n'est pas une chose possible, ne l'était déjà plus en 1993, et nous ne nous en plaindrons pas. Leur discours de tolérance peine toutefois à nous convaincre tant l'argumentaire paraît sortir d'une émission de télé-réalité. Et le sida est là, autour de tous, qui permet facilement de dire qu'en effet ce n'est pas la fin du monde que Rémi soit pédé. Et le spectateur (ou le lecteur) se dit avec soulagement que Rémi a juste eu la bonne idée de mettre entre la vérité et lui sa caméra qui, finalement, le protège. Mais le père, lui, redouté depuis le début, laisse entendre une parole qui, allez savoir pourquoi, nous apparaît vraie, honnête, libre enfin, comme si la liberté recherchée par le film était là, dans les propos de cet homme si peu libre lui-même. A bien revoir le film, on se rend compte que ce n'est finalement pas tant la parole qui est différente que le regard : le père est le seul à affronter l'objectif au moment de la révélation, le seul à ne pas détourner les yeux. Les autres, mis en scène par Rémi, ne montrent jamais leur regard : la mère ne se tourne que fugitivement vers l'objectif, revenant sans cesse à son journal, la soeur se cache derrière des lunettes de soleil, la grand-mère, aveuglée par la lumière, plisse trop les yeux pour qu'on puisse y lire quoi que ce soit. Bizarrement (mais ce n'est peut-être pas si bizarre psychologiquement parlant), Rémi a fait en sorte que le mensonge de ceux qui lui paraissent le moins à craindre ne soit pas lisible dans leurs yeux (il a peut-être aussi voulu leur donner la liberté de pleurer, chose qu'il paraît redouter dans son journal écrit) et, en cherchant à mettre à nu son père, celui dont on peut attendre tous les mensonges et qu'il faut débusquer à tout prix, trouve un regard, le seul et vrai regard qui affronte le sien à travers l'objectif de la caméra, un regard franc qui ne cache pas l'émotion qui l'étreint au moment de la révélation et qui donc, enfin, laisse apparaître un fragment de vérité.
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