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.. Jésus de Nazareth, Juif de Galilée

Couverture du livre Jésus de Nazareth, Juif de Galilée

Auteur : Didier Long

Date de saisie : 29/06/2011

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Presses de la Renaissance, Paris, France

Prix : 22.90 € / 150.21 F

ISBN : 978-2-7509-0637-5

GENCOD : 9782750906375

Sorti le : 28/04/2011

  • Le courrier des auteurs : 15/06/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Un hérétique...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Je relis les évangiles et la vie de Jésus de Nazareth à travers la prière et les solennités du judaïsme au premier siècle, au croisement de l'histoire des mentalités et de la société juive sous pression romaine. Le résultat est un portrait étonnant de Jésus à mille lieux des sentiers battus.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
" Il nous faut relire les Évangiles et les paroles de Jésus avec leur sémitismes et en hébreu si nous voulons seulement les comprendre "

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un chant ladino de Yasmina Lévy

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La curiosité pour cette période fondatrice de la mémoire occidentale


  • Les présentations des éditeurs : 29/06/2011

Depuis vingt siècles, Jésus, l'homme de Nazareth, reste un personnage trop souvent soumis à la fantaisie des interprétations les plus diverses. Pour comprendre qui il était, Didier Long invite à découvrir sa vie à la lumière du judaïsme du 1er siècle et des recherches historiques les plus récentes sur les écoles de sagesse de l'Antiquité.
Les Évangiles doivent être lus pour ce qu'ils sont : des midrashim, ces recueils de commentaires oraux des paroles d'un maître juif, mis par écrit en temps de crise pour conserver son enseignement. On ne peut les comprendre qu'au coeur de la pratique qui les a vus naître et les a ensuite portés : à la lumière du livre des Psaumes et de la grande prière d'Israël. Sans cet arrière-fond de tradition vivante, Jésus nous reste inaccessible.
Le lecteur le suit à la synagogue de son enfance à Nazareth ; au désert, où Jean-Baptiste pratique un curieux geste de baptême un jour de Kippour et où vivent les mystérieux Esséniens ; au coeur de cette " Galilée des païens " qui engendre exorcistes, révolutionnaires et messies. Il découvre l'enracinement de Jésus, sa proximité affective et sensible avec Dieu, son profond amour de la Torah.
Peu à peu se dégage le portrait surprenant d'un maître spirituel pharisien appartenant à la mouvance populaire des hassidim, au coeur des conflits de mouvements religieux qui se disputent l'identité juive sous le joug romain.

Ancien moine bénédictin, Didier Long a suivi des études de théologie et de philosophie à l'Institut catholique de Paris. Editeur aux éditions Zodiaque, historien du judéo-christianisme, il a publié plusieurs ouvrages dont Défense à Dieu d'entrer (2005, prix des Maisons de la Presse), Pourquoi nous sommes chrétiens (2006), Jésus, le rabbin qui aimait les femmes (2008).


  • Les courts extraits de livres : 29/06/2011

«De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ?»

L'ODEUR DE la sauge sauvage. Un parfum de citron et de réglisse arrache l'âme à ce monde provisoire comme un gage d'éternité. Les collines de Galilée au loin accrochent la lumière du soir sur leurs flancs couverts d'oliviers argentés. Quelques taches blanches sur l'herbe bientôt desséchée par le sirocco - des rochers et des moutons - se disputent la même terre donnée par Dieu à son peuple, eretz Israël. Des tours de pierre surveillent la campagne couverte de blés mûrs et de vignes, alors que les ombres des ouvriers - ceux de la dernière heure - s'allongent sur leur chemin de poussière. Un soir parmi d'autres entre Pessah (la Pâque juive) et (Chavouot) la Pentecôte, ces très vieilles fêtes agraires qui bénissent Dieu pour la vie à profusion éternellement renouvelée.
Voilà le paysage ou naît un certain Yehoshua, Josué, Jésus, «né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode». Avant la fin du règne d'Hérode le Grand, au plus tard vers l'an 4 avant notre ère, entre - 7 et - 4 probablement. A partir de cette date commencent une trentaine d'années dont nous ne savons presque rien et qu'il est habituel d'appeler «la vie cachée à Nazareth». Des années fondamentales, puisqu'elles mèneront Jésus à l'âge adulte, à sa rencontre avec Jean le Baptiste en 28 (peut-être 29), puis à sa prédication publique.
La naissance est présentée comme miraculeuse par les évangélistes Matthieu et Luc : Jésus est né d'une vierge qui l'est restée. Mais ni Marc ni Jean ne portent ce fait à notre connaissance. Cette croyance très ancienne d'une «naissance virginale» apparaîtra ensuite pour la première fois, en dehors des Évangiles, sous la plume d'Ignace d'Antioche1 (mort en 107). D'où provient-elle ? Tout simplement de la méthode d'écriture des Évangiles.
Après la mort de leur maître, ses disciples ont cherché des éléments de réponse à leurs interrogations dans la tradition et les Écritures juives. Cette méthode s'appelle le midrash (de darash, chercher). Et ils ont trouvé une réponse dans la prophétie d'Isaïe : «Voici que la jeune femme [ha aima] est enceinte et enfante un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel [imanou El, Dieu avec nous].» La jeune femme dont il s'agit ici oppose cet enfant espéré au désespoir du roi Achaz qui a sacrifié son fils au cours de pratiques magiques. Seulement voilà, la notion de virginité est absente du texte hébreu d'Isaïe.
Par ailleurs, les évangélistes Matthieu et Luc établissent un arbre généalogique qui remonte de Joseph jusqu'à David, ce qui est contradictoire avec une conception virginale dont Joseph est absent ! D'où vient alors «la sainte vierge» ? Tout simplement de la traduction grecque de la Bible, la Septante, qui traduit «jeune fille» par parthenos, «vierge». Voilà comment une «jeune fille» est devenue «une vierge», puis un dogme, au passage de l'Évangile du monde hébraïque au monde grec, par une erreur de traduction, simplement pour se faire comprendre du monde grec.


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