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Auteur : Mary Hooper
Traducteur : Patricia Duez | Fanny Ladd
Date de saisie : 23/11/2011
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Ed. des Grandes personnes, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 9782361930455
GENCOD : 9782361930455
Sorti le : 18/08/2011
Destiné pour les adolescents, ce roman peut parfaitement convenir à des adultes amateurs de romans dits "victoriens".
On retrouve tout d'abord l'élément principal à tout bon roman victorien : la pauvre orpheline. Elles sont même deux dans cette histoire : la jeune Grace Parkes et sa soeur Lily. N'ayant plus aucune famille pour les aider, elles survivent dans le misérable quartier de Seven Dials, survivant grâce à la vente de bottes de cresson. Mais quand l'argent vient vraiment à manquer, Grace n'a plus le choix et accepte un emploi de pleureuse dans l'entreprise de pompes funèbres de la famille Unwin. Malheureusement pour elles, les Unwin sont des gens sans scrupules...
Je ne vous dévoilerai rien de plus sur cette histoire rondement menée si ce n'est que vous allez tremblez pour les soeurs Parkes !
L'intérêt de ce roman réside aussi dans le soin que l'auteur a apporté dans tous les détails et clins d'oeil historiques. Elle s'est documentée et cela se voit. Toute à la fin du roman, il y a d'ailleurs des annexes donnant quelques détails supplémentaires sur le contexte de cette époque. À chaque début de chapitre, on trouve un petit encart reprenant des extraits de journaux de l'époque, d'encarts publicitaires ou du Dictionnaire de Londres de Charles Dickens, et aussi d'épitaphes de pierres tombales. Car c'est bien la mort qui est au coeur de ce roman. Elle est omniprésente dans cette société victorienne, qui vient de subir une épidémie de choléra et qui bientôt sera endeuillée par la mort du Prince Albert, le mari chéri de la Reine Victoria.
Ne vous laissez pas impressionner par l'aspect lugubre de l'histoire, Waterloo Necropolis est un roman qui se dévore jusqu'à la fin !
Londres, 1861. Grâce, presque 16 ans, embarque à bord de l'express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood, pour y dire adieu à un être cher.
Elle fera là-bas une rencontre décisive en la personne de Mr et Mrs Unwin, entrepreneurs de pompes funèbres, qui lui proposent de devenir pleureuse d'enterrement. D'abord réticente, la jeune fille finit par accepter leur offre, après qu'elle et sa soeur Lily se retrouvent à la rue. Toutes deux ignorent encore qu'elles vont devoir faire face aux manigances de cette famille peu scrupuleuse, prête à tout pour s'emparer d'un mystérieux héritage...
Un stupéfiant portrait de Londres à l'époque victorienne, un suspens à vous glacer les sangs : autant de points forts de ce roman dont la couleur est le noir et sur lequel flotte en permanence une nappe de brouillard.
Mary Hooper, qui vit en Angleterre, écrit depuis plus de vingt ans des romans dont la toile de fond est souvent historique.
Elle est entre autres l'auteur de La Messagère de l'au-delà, et d'une trilogie initiée avec La Maison du magicien.
THE TIMES : «Waterloo Necropolis est, à tous les points de vue, un roman exceptionnel. (...) Les personnages, l'intrigue et l'atmosphère créés par Mary Hooper sont de premier choix et mériteraient d'être récompensés. (...) On n'avait pas rencontré une si splendide évocation de l'époque victorienne depuis La Malédiction du rubis de Philip Pullman.»
Si vous êtes passé à côté des romans de Charles Dickens, voici le livre adéquat pour vous plonger dans l'ambiance anglaise de cette seconde moitié du XIXe siècle. Tout y est ! Des jeunes filles de bonne famille livrées à elles-mêmes, des prêteurs sur gages véreux, des donateurs distingués tout aussi vénaux, des ruelles embrumées par le fog... Un régal !...
L'Anglaise Mary Hooper, dans une langue sobre, dresse avec brio le climat de l'époque victorienne avec ce qu'il faut de fiacres royaux et de critique sociale.
L'inhumation de Susannah Solent aura lieu le lundi 8 Juin 1861 au cimetière de Brookwood. Les proches de la défunte souhaitant l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure sont attendus dans la salle d'attente des premières classes de la Compagnie de chemins de fer Necropolis, à la gare de Waterloo. Le départ du train est prévu à 11 h 30.
Serrant contre elle son précieux fardeau, Grâce trouva sans grande difficulté l'entrée de la gare. L'express funéraire disposait, exactement comme l'avait dit Mrs Smith, la sage-femme, de sa propre ligne reliant la gare de Waterloo au cimetière de Brookwood, situé dans le comté du Surrey. Et c'est là, dans la gare de Londres, que se rassemblèrent, juste avant onze heures, les familles des défunts en tenue de grand deuil. Les quelques femmes en mesure de supporter nerveusement la cérémonie portaient un voile épais, et leurs robes de crêpe noir n'étaient égayées par aucun bijou scintillant, boutons ou ornements fantaisie ; les hommes, en chapeau haut de forme bordé de crêpe, portaient une redingote de cérémonie et une cravate de bombasin. Tous attendaient le train qui les emmènerait, eux et leurs proches, à la campagne, dans le grand jardin du sommeil éternel, à Brookwood. Là-bas, loin de la crasse et du brouillard londoniens, leurs chers disparus reposeraient en paix au milieu des pins, des roses et des chênes verts.
Grâce se tenait quelque peu en retrait, observant les personnes du cortège funèbre qui se succédaient au guichet des réservations. N'ayant jamais pris le train de sa vie, elle ne se sentait pas à son aise et voulait s'assurer de faire les choses correctement. Lorsque presque tout le monde eut acheté son billet et rejoint la salle d'attente de sa classe, elle s'avança à son tour vers le guichet.
«Un billet pour Brookwood, s'il vous plaît, demanda-t-elle. Aller-retour.»
Le guichetier leva les yeux vers elle.
«Première, seconde ou troisième classe, mademoiselle ? s'enquit-il sur le ton plein de sollicitude que la Compagnie de chemin de fer Necropolis exigeait de ses employés.
- Troisième, répondit Grâce, tendant les trois shillings que la sage-femme lui avait donnés.
- Vous ne faites pas partie d'un cortège funèbre ? Vous voyagez seule ?»
Grâce acquiesça.
«Toute seule, oui. Je... je vais me recueillir sur la tombe de ma mère», mentit-elle.
L'employé glissa vers elle un ticket épais, bordé de noir.
«Si vous voulez bien vous rendre dans la salle d'attente appropriée. On vous montrera ensuite où aller, dit-il. Je me permets de vous rappeler que le train part à onze heures et demie précises. Bonne journée.»
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