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.. Rouge majeur

Couverture du livre Rouge majeur

Auteur : Denis Labayle

Date de saisie : 09/06/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Editions-dialogues.fr, Brest, France

Collection : Littératures

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782918135265

GENCOD : 9782918135265

Sorti le : 26/05/2011

  • Les présentations des éditeurs : 09/06/2011

Médecin et écrivain, Denis Labayle, est l'auteur d'essais, de nouvelles, de romans. Certains de ses essais font aujourd'hui référence comme La vie devant nous (Seuil) et Pitié pour les hommes (Stock). Il a publié quatre romans aux Éditions Julliard dont Cruelles retrouvailles (Prix des Mots Doubs en 2002 et Prix Littré en 2003) et Ton silence est un baiser.
Son nouveau roman, Rouge majeur a reçu le Prix des lecteurs de Brive.

Le 5 mars 1955, Nicolas de Staël assiste à un concert au théâtre Marigny, à Paris. Bouleversé par la musique d'Anton Webern, il décide de traduire par la peinture son émotion. Dix jours plus tard, il se jette par la fenêtre de son atelier. Pourquoi un artiste jeune, séduisant, au faîte de sa gloire met-il fin à ses jours ?
Jack Tiberton, journaliste au Washington Tribune, est le seul à connaître la vérité car, pendant ces dix jours, il était là. Il a tout vu, tout entendu, et surtout tout noté.
Le roman de Denis Labayle mène le lecteur au coeur de la création, là où l'émotion jaillit, comme ce rouge incandescent choisi par Nicolas de Staël pour son dernier tableau, Le Concert.
Un voyage dans l'avant-garde artistique des années cinquante, une réflexion passionnante sur la création et ses doutes, la solitude de l'artiste qui cherche au-delà de l'horizon. Dix jours fictifs, possibles, qui font revivre cet énigmatique personnage, l'un des plus talentueux peintres de la France d'après-guerre, Nicolas de Staël.


  • Les courts extraits de livres : 09/06/2011

5 mars 1955. McGord, mon rédacteur en chef, ne m'a pas offert la meilleure des compagnies aériennes pour me faire traverser l'Atlantique. L'avion, un DC-3 de McDonnell-Douglas, est l'un de ces vieux coucous fabriqués en série pendant la guerre et recyclés par les civils après la victoire. Il supporte mal les trous d'air, et moi, encore moins. Il n'a qu'un avantage : il ménage pour chacun un espace relativement confortable où l'on peut travailler. Aussi j'en profite pour classer les documents sur Nicolas de Staël que j'ai rassemblés avant de partir : coupures d'articles, photos, extraits de catalogues...
Je compulse également la longue liste des relations du peintre que je dois interviewer au cours de mon séjour en France. La documentaliste du journal, Mme Pfeifer, a préparé mon voyage avec méticulosité. Tout est noté : les adresses, les numéros de téléphone, les jours et heures de rendez-vous. Nombre de ces personnes sont pour moi inconnues. D'autres sont des célébrités que j'ai hâte de rencontrer, comme Georges Braque, l'un de mes peintres préférés, et René Char, grand poète de la Résistance française, dont j'ai lu les oeuvres avec passion...
Voilà enfin une vraie mission ! La première depuis six ans que je suis pigiste dans ce fichu journal. Quand McGord m'a fait cette proposition, j'ai eu du mal à réaliser. Que le Washington Tribune, petit hebdomadaire, puisse financer une enquête en Europe, c'est une première ! Surtout pour la rubrique culturelle. McGord m'a avoué avec un sourire gêné, juste avant que nous nous quittions, sa motivation secrète : «Je tiens d'autant plus à entretenir la notoriété de ce peintre que je viens d'acheter trois de ses toiles, et que j'aimerais bien les voir prendre de la valeur.» Mon rédacteur en chef ne perd jamais le nord.
L'hôtesse interrompt mes réflexions pour me proposer un chewing-gum à mastiquer pendant l'atterrissage. Nous arrivons dans une heure.
Où ai-je mis les documents que Paul Rosenberg m'a chargé de remettre à Nicolas de Staël ? Pas question de les perdre. Quelle chance d'avoir pu rencontrer la veille de mon départ l'homme qui fait la pluie et le beau temps sur le marché de l'art à New York ! Une exposition chez lui vaut plus qu'un diplôme, c'est une consécration, l'assurance d'une carrière internationale.


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