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La nuit, à Favonio, sur le mur d'enceinte du vieux château transformé en pénitencier, un jeune homme prie pour que le vent tombe et le laisse rentrer chez lui. Âgé de 20 ans, il fait son service militaire sur File, comme geôlier de chefs mafieux.
Mais bientôt désarroi et angoisse cèdent la place à la fascination pour les histoires de ces cellules sombres et humides : vengeances atroces, privations cruelles, passions dévorantes et amitiés sincères.
Tandis que le gardien se laisse séduire par le charme âpre de l'île et par les confidences des détenus, l'un des parrains l'observe... et le choisit, car il a besoin d'aide dans son parcours de repenti. Une complicité qui va bouleverser à jamais l'existence du jeune homme en le liant à des êtres qui le hanteront jour et nuit...
Pleine de poésie et d'humanité, cette éducation sentimentale mafieuse offre un regard inédit, à la fois tendre et sans concession, sur des hommes enfermés à vie, en quête d'amour et de rédemption.
«Un roman envoûtant qui trouve le point d'équilibre exact entre la nervosité d'un roman noir et la plongée intimiste dans les sentiments.»
Il Tempo
Carmelo Sardo est né en Sicile, à Porto Empedocle dans la province d'Agrigente, et vit à présent à Rome. Il est reporter TV pour la chaîne d'informations de Canale 5. Les Nuits de Favonio est son premier roman.
Les courts extraits de livres : 25/06/2011
- Gaaaaardien...
Un cri inhumain brisa la quiétude de ma première nuit de service. Deux secondes plus tard, une sirène aiguë se déclencha.
Je me demandai avec effroi ce qui s'était passé. Je compris que c'était l'alarme générale, celle qui sonne dans toute l'île pour réveiller les collègues au repos. Signe qu'il s'agissait de quelque chose de très grave. La sirène, de plus en plus forte, s'insinua dans les maisons pour ébranler le sommeil de tous les occupants de l'île. Je m'agitai. Je me tournai à gauche et à droite, regardai par en dessous, mais en vain. D'instinct, je saisis mon fusil : il était chargé, mais je ne sus pas quoi faire. On entendait des hurlements monter des secteurs situés dans les souterrains de ce château médiéval transformé en prison de très haute sécurité. Je regardai ma montre : 2 h 02. La relève, d'habitude un peu en avance, était en retard. Mon angoisse s'accrut. Trois autres longues minutes passèrent sans qu'aucun gardien ni brigadier n'arrive par le couloir du mur d'enceinte. Il s'était passé quelque chose de grave, j'en étais certain, toutefois je ne comprenais pas quoi. Au-delà du mur d'enceinte, trois voitures fendirent l'obscurité des ruelles, tandis que cette maudite sirène continuait de tirer du lit l'île entière. Les gardiens, tous réveillés, couraient. Le village était éclairé par les lumières allumées dans les foyers.
Le cri d'un collègue monta d'en bas, de là où étaient enfermés les détenus.
- Vite, viiite, un docteur, un docteuuuur...
Je commençai à comprendre, lorsque j'entendis clairement sa voix s'élever pour bousculer mes plans. Le ciel avait écouté mes prières en faisant tomber le vent, mais alors que je me voyais déjà sur l'hydroglisseur filant vers le point d'abordage tant désiré, je me retrouvai soudain catapulté dans la tragédie d'un crime.