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.. 200 expressions inventées en famille

Couverture du livre 200 expressions inventées en famille

Auteur : Cookie Allez

Préface : Philippe Delerm

Date de saisie : 14/06/2011

Genre : Langues

Editeur : Points, Paris, France

Collection : Points. Le goût des mots

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 9782757823811

GENCOD : 9782757823811

Sorti le : 03/06/2011

  • Les présentations des éditeurs : 01/07/2011

Avoir une attaque de store. Les yeux sont les fenêtres de l'âme, dit-on. Parfois, ces fenêtres se ferment toutes seules... C'est avoir les paupières si lourdes qu'elles se ferment irrésistiblement. L'expression, d'abord utilisée dans une famille suisse, a conquis une famille française où elle est régulièrement utilisée pour annoncer que l'on va se coucher.

D'aucuns «se mettent en bojolis» (autrement dit : se pomponnent) pour «souquer la trinquette», ou boire un verre avec des amis. Voici une ribambelle d'expressions qui fleurissent dans les cercles familiaux. Cookie Allez s'est amusée à former une anthologie de ces petits joyaux directement puisés auprès des familles, et qui se propagent sur plusieurs générations, en relatant l'histoire souvent cocasse de leur création.

Née en 1947, Cookie Allez est l'auteur de plusieurs romans.

Préface de Philippe Delerm

Cet ouvrage, publié par les éditions Buchet-Chastel en 2010 sous le titre Les Mots des familles, a été augmenté par l'auteur pour la présente édition.


  • Les courts extraits de livres : 01/07/2011

Extrait de la préface de Philippe Delerm

Depuis quatre ans, je m'occupe d'une collection consacrée au langage. C'est dire si j'ai été amené à lire de nombreux manuscrits, déclinant sous les formes les plus ludiques ou les plus savantes une passion pour les faits de langue, qui s'exprime quoi qu'on en dise d'une façon particulièrement vivante aujourd'hui, où l'on prétend le français si menacé. Le ton du livre de Cookie Allez m'a tout de suite séduit. La déontologie de la démarche est évidente. Il y a eu là une enquête authentique et personnelle, sûrement longue, probablement amusante et toujours amusée. La moisson d'expressions recueillies est savoureuse. Cookie Allez dit avoir emprunté «la vote du plaisir», et cela se sent dans la chair de ses pages. Le corpus ainsi dégagé n'est pas de ceux que l'on peut débusquer sur Internet. Il a fallu une approche humaine, un contact privilégié avec les membres des familles concernées. Le résultat est à l'image du travail entrepris : tonique et drôle. Des trouvailles singulières, à chaque fois rattachées à une petite histoire, mais caractérisant une attitude applicable à toutes sortes de situations, avec la volupté de colporter ainsi un «code de la tribu».
Ce qui séduit aussi, c'est la pérennité relative des mots et expressions ainsi répertoriés : plusieurs générations, mais sans doute jamais plus de trois ou quatre. Assez pour célébrer durablement un exploit linguistique, mais en même temps sans l'ambition de traverser les siècles. Les référents ne se sont pas évanouis dans la nuit des temps, ils restent assez proches dans le lien de filiation pour pouvoir donner un sentiment d'appartenance en même temps que de dérision. En employant ces expressions, il semble que les protagonistes éprouvent les plaisirs mêlés de partager, de se moquer d'eux-mêmes et de prendre de la distance. Ce n'est pas le «Familles ! je vous hais ; foyers clos ; portes refermées...» de Gide, mais plutôt un «Familles ! vous m'amusez, je me reconnais dans vos ridicules et vos formules, il faut joyeusement s'y résigner».
Il y a des rites derrière ce langage, des rites dont on est fier de pouvoir tracer l'origine anecdotique, mais dont on se doute bien qu'ils ont un caractère universel, en dépit de leurs formes variées. Ils sont quelquefois le reflet d'un type de bourgeoisie en apparence délicieusement suranné. Ainsi, aujourd'hui encore, quand je me promène sur la digue surplombant la plage bretonne où je reviens chaque année depuis quinze ans, je regarde ces maisons où les générations se mêlent, en provenance de Rennes et plus souvent de Paris. Je ne connaissais pas l'expression la remontée de plage désignant les raouts débonnaires rassemblant amis, cousins, grands-parents égrenés dans des villas voisines, mais elle cristallise à la perfection cet univers vacancier que j'ai connu pour ma part sous une forme plus prolétaire, plus campagnarde et peut-être affectivement plus désintéressée - nous n'avions pas besoin des charmes de la mer pour avoir envie de nous rassembler.


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