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Auteur : Dinaw Mengestu
Traducteur : Michèle Albaret-Maatsch
Date de saisie : 26/04/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Terres d'Amérique
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 9782226229779
GENCOD : 9782226229779
Sorti le : 17/08/2011
Rares sont les écrivains dont on peut vraiment affirmer qu'ils ont une voix. Déjà, avec Les belles choses que porte le ciel, Dinaw Mengestu nous avait convaincu qu'il appartenait à cette catégorie d'auteurs dignes d'être remarqués. A l'époque (c'était en 2007), il avait d'ailleurs remporté le Prix du meilleur premier roman étranger. Paru à l'automne chez Albin Michel, son deuxième roman vient décidément confirmer une vocation.
Ce qu'on peut lire dans l'air retrace l'histoire de deux couples appartenant à deux générations différentes, partagés entre l'Éthiopie et les États-Unis. Né dans l'Illinois de parents éthiopiens, Jonas mène une vie new-yorkaise sans prétention. Sa femme, elle aussi d'origine africaine, supporte difficilement leur différence de statut social et son manque total d'ambition. Le lecteur suit en parallèle l'histoire de son père, Yosef, qui a quitté l'Éthiopie pour repartir à zéro sur le sol américain, avant d'être rejoint par sa jeune épouse.
Obnubilé par l'histoire de ses parents, surtout celle de son père, qu'il a finalement assez peu connu, Jonas n'a de cesse de reconstituer le passé. Mais on se rend compte au fur et à mesure qu'il prend un plaisir croissant à emmêler le fil de la réalité avec celui de la fiction. Avec son imagination débordante et sa passion pour les histoires, ce personnage se fait le porte-parole d'un plaidoyer visant à réhabiliter l'imagination et la fiction dans nos vies, avec en toile de fond cet éternel American dream qui attire inlassablement sans pour autant parvenir à tenir ses promesses...
Avec Les Belles choses que porte le ciel, Prix du meilleur Premier Roman étranger, Dinaw Mengestu s'est imposé parmi les nouvelles voix de la littérature américaine. On retrouve dans ce nouveau roman la grâce poétique de son écriture et de son regard, ce souci de rendre compte de la réalité sans jamais négliger la fiction ni l'imaginaire. Ce qu'onpeut lire dans l'air parle de la guerre, du couple, de la solitude et de l'exil, mais il évoque aussi la lumière et l'apaisement.
Au début des années 1980, Yosef et Mariam, que la révolution éthiopienne a séparé pendant trois ans, se rejoignent aux États-Unis. Pour célébrer leurs retrouvailles, ils s'offrent enfin un voyage de noces, à Nashville. Trente ans plus tard, Jona, leur fils, en pleine crise existentielle, revient sur leurs pas. Entre de vagues souvenirs d'enfance et le silence de ses parents sur le drame qui les a menés aux États-Unis, il reconstitue à tâtons l'histoire de sa famille, sa propre histoire...
«La peinture finement mélancolique d'une généalogie qui se forme et se reforme à travers deux continents et deux générations.»
The Times Literary Supplément
Dinaw Mengestu, venu à Paris en 2007 pour la parution de Les Belles choses que porte le ciel, s'est épris de la France.
Il s'est installé à Paris tout en continuant à être régulièrement aux États-Unis pour enseigner, faire des conférences, voir sa famille et faire la promotion de ses romans.
A peu de temps de la liste du New Yorker «20 under 40» qui le classait parmi les 20 auteurs de moins de 40 ans les plus prometteurs, Ce qu'on peut lire dans l'air (How to read the air) est paru aux États-Unis (Septembre 2010), il a été finaliste de la sélection du Indépendant book store et a gagné le Vilcek Prize.
Un exil qui met aux prises deux continents et deux générations dans un souffle mélancolique...
Un roman poignant, où le désamour et le déracinement se mêlent pour former une seule histoire, celle que partagent tous les exclus du rêve américain.
Ce très beau titre invite à ouvrir les yeux, à soulever le sens caché des choses, comme on découvre une silhouette inattendue en regardant les nuages. Ce qu'on peut lire dans l'air, ce sont peut-être des émotions, des mensonges, des non-dits aussi, tout ce qui circule entre un homme et une femme, entre un parent et son enfant. Ces sentiments s'agrègent autour de fils invisibles qui se tendent et se détendent. À travers les parcours de deux couples, celui du narrateur, Jonas, et celui de ses parents, Dinaw Mengestu va tisser une histoire où la littérature viendra combler les manques de la réalité.
En 2007, Les Belles Choses que porte le ciel, premier roman de l'Américain d'origine éthiopienne Dinaw Mengestu, avait été salué, de part et d'autre de l'Atlantique, par une presse enthousiaste, soulignant la naissance d'une nouvelle génération d'écrivains américains issus de l'émigration. Avec Ce qu'on peut lire dans l'air, Mengestu persiste dans sa volonté de peindre la vie de ces Africains arrivés aux États-Unis dans les années 1970 à la suite des bouleversements politiques qui secouent leurs pays, et confirme qu'il est une des voix les plus originales de la jeune littérature américaine d'aujourd'hui.
Sept cent soixante-dix-huit kilomètres séparaient la maison de mes parents, à Peoria, Illinois, de Nashville, Tennessee, distance qu'une Monte Carlo rouge vieille de sept ans et roulant à cent kilomètres à l'heure environ pouvait parcourir en huit à douze heures, selon que l'on prenait en compte certaines variables telles que le nombre de pancartes proposant un détour vers un haut lieu historique ou la fréquence à laquelle ma mère - Mariam - devait se rendre aux toilettes. Ils avaient qualifié ce voyage de vacances, mais c'était seulement parce que ni l'un ni l'autre ne se sentait à l'aise avec l'expression lune de miel qui, en réunissant deux mots sans aucun rapport et dont ils comprenaient le sens pris séparément, semblait suggérer - par cette association - un luxe qu'aucun des deux n'était prêt à accepter. Ils n'étaient pas jeunes mariés mais, après trois années de séparation, ils ne se connaissaient plus. Ils se parlaient en chuchotant, moitié en amharique, moitié en anglais, comme si un mot prononcé trop fort risquait de leur révéler qu'en réalité ils ne s'étaient jamais compris ; qu'ils n'avaient jamais vraiment su qui était l'autre.
Au bout du compte, apprendre une autre langue et apprendre à retomber amoureuse de son mari, c'était un peu pareil, se disait Mariam. Le matin, devant le miroir de la salle de bains, elle se répétait souvent avec une prononciation qu'elle jugeait presque parfaite : «Les hommes sont parfois bizarres. Les femmes sont différentes.» C'était une expression qu'elle avait entendue dans la bouche d'une des fidèles de l'église baptiste qu'ils avaient commencé à fréquenter, son mari et elle. Un groupe de femmes s'étaient rassemblées sur le parking à la fin du sermon et l'une d'elles s'était tournée vers Mariam en affirmant : «Les hommes sont parfois tellement bizarres. Les femmes sont différentes, c'est tout.»
Sur le coup, elle avait simplement répété la formule, presque mot pour mot : «Oui, c'est vrai. Les hommes sont parfois bizarres», parce que c'était pour elle le seul moyen d'être certaine que tout le monde la comprendrait. Ce qu'elle aurait aimé dire était beaucoup trop compliqué et impliquait toute une série de différences fondamentales qui, selon d'autres critères, auraient été jugées inconciliables. Quoi qu'il en soit, depuis son arrivée en Amérique six mois plus tôt, elle s'était efforcée d'en apprendre davantage sur son mari : pourquoi, par exemple, parlait-il tout seul quand il croyait que personne ne l'observait et pourquoi, certains jours en rentrant du travail, s'attardait-il dix à vingt minutes dans sa voiture garée dans l'allée, pendant qu'elle l'épiait, cachée derrière les rideaux du salon ? La nuit parfois, il se levait et sortait de la chambre en prenant soin de ne pas la réveiller, mais toujours en vain, car Mariam ne fermait pratiquement jamais l'oeil. Il s'allongeait nu sur le canapé du salon et, de la chambre, elle l'entendait pousser à la fin un petit gémissement suivi d'un grognement, puis il revenait se coucher et dormait à poings fermés jusqu'au matin.
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