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_ La seconde vie des bébés morts

Couverture du livre La seconde vie des bébés morts

Auteur : Dominique Memmi

Date de saisie : 02/06/2011

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris, France

Collection : Cas de figure, n° 16

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-7132-2282-5

GENCOD : 9782713222825

Sorti le : 24/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 03/06/2011

Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à «passer à autre chose», tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à «faire son deuil», telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale : en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir.
Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte ? Un simple retour au passé ? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage : le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts ? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités ?

Dominique Memmi est directrice de recherche en sciences sociales au CNRS.



  • La revue de presse Frédéric Keck - Le Monde du 2 juini 2011

Les "enfants morts" sont devenus à la fois plus rares, du fait des progrès médicaux, et plus visibles, du fait de la multiplication des interventions prénatales. Une telle ambivalence les met au coeur du dispositif contemporain de gestion de la vie et de la mort. "La nouvelle politique du vivant produit de son propre chef, et sans cesse, du "reste" et du dégoût pour ce reste ", note-t-elle. Forte de ce constat, la sociologue mène l'enquête sur les acteurs qui ont participé à cette révolution des moeurs : les cliniciens et les parents. Elle déconstruit patiemment l'argument scientifique selon lequel regarder les enfants morts diminue l'anxiété, en montrant que cette corrélation statistique est très incertaine et en rappelant que Freud n'a jamais encouragé ses patients à faire un tel "travail de deuil".


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