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Les miens sont loin
Derrière l'ombre de mes os
Alors que je marche en sueur
Devant les bombes de regards
Qui explosent sur mon corps et
Me tâchent de leur éternité à venir.
Les miens ne sont plus les miens
Depuis que le Léman s'est glissé
Dans nos grises matinées
Qui nous crachent au monde,
Étrangers insolites,
Baigneurs de fumée,
Angoisse, solitude,
Aucun avenir.
Née à Mostar, en Bosnie-Herzégovine, Maya Ombasic a fui la guerre, ensemble avec sa famille, à l'âge de douze ans. Après un périple clandestin à travers l'Europe, la famille a trouvé refuge à Genève où Maya a faite sienne la langue française. Nomadisme faisant partie de ses gènes, après une adolescence suisse, Maya largue les amarres pour le nouveau continent et se sent «à la maison» à Montréal. Mais c'est lors d'un voyage anodin à La Havane que l'envie de consacrer sa vie à l'écriture lui vient à l'esprit. Nostalgique d'une enfance interrompue et des «glaces au goût du communisme», elle consacre ses deux premiers romans Chroniques du Lézard et Rhadamanthe à l'île aux mille rythmes où elle retourne régulièrement. Après une maîtrise en philosophie, un doctorat en préparation, Maya s'inscrit à l'INIS (Institut National de l'Image et du Son) au profil Scénariste du programme Cinéma, où elle explore toutes les facettes de l'écriture. Elle y a scénarisé trois courts-métrages et s'est déjà lancée dans l'écriture de son premier long-métrage. La poésie ne lui échappe pas non plus : elle prépare son deuxième recueil de poèmes consacré à la notion de l'ailleurs. Il semblerait, donc, qu'après tout l'écriture soit son unique pays d'attache.
Les courts extraits de livres : 04/06/2011
La fin des mots
Je tourne en rond dans l'espace
Restreint de mes mots
J'ai mal dans chaque syllabe
Je ne sais plus comment dire
La solitude et la gueule du gouffre
Qui baye au-dessus de
L'infranchissable fossé
Entre moi et mes morts.
Je ne sais plus comment rire
Je ne sais plus comment respirer
Je ne sais plus quoi dire
À ceux qui partent derrière
Les paupières de la nuit
Que je n'ai pas envie de grandir
Que je n'ai pas envie de faire face
Aux rideaux qui tombent
Sur la scène de l'insouciance.
Je ne sais pas comment sacraliser
Nos chapelles sans dieux
C'est trop tard
Pour croire en eux
De toute façon,
Il fallait se lever de bonne heure
Pourvoir l'envol
De la grande aigrette
S'enfoncer dans le sable
Mouvant de la foi.
Je ne sais plus comment
Revenir en arrière
Attraper le temps perdu
Tous les matins sans toi
Ce sont les matins sans moi
Je ne sais plus comment je m'appelle
(...)