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.. Le grand désenclavement du monde, 1200-1600

Couverture du livre Le grand désenclavement du monde, 1200-1600

Auteur : Jean-Michel Sallmann

Date de saisie : 25/07/2011

Genre : Histoire

Editeur : Payot, Paris, France

Collection : Histoire

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-228-90627-2

GENCOD : 9782228906272

Sorti le : 13/04/2011

  • Les présentations des éditeurs : 25/07/2011

Ce livre est né d'une constatation : notre monde est en train de vivre des bouleversements considérables et nous avons bien du mal à donner un sens aux conflits disséminés qui le parcourent. En réalité, s'il est devenu plus insaisissable, c'est parce qu'il est à nouveau multipolaire, comme il l'était déjà il y a plusieurs siècles.
C'est entre 1200 et 1600 que l'ensemble de la planète a progressivement été mis en relation, aboutissant à un grand désenclavement, ou à une première «mondialisation» pour reprendre un terme à la mode. Refusant l'approche traditionnelle, européo-centrée, de l'histoire des relations internationales, basée sur le concept de l'État-nation, Jean-Michel Sallmann privilégie dans cet essai «politiquement incorrect» le paradigme civilisationnel tel que l'ont décrit Samuel Huntington dans son Choc des civilisations et avant lui Fernand Braudel.
Il décrit au début du XIIIe siècle une humanité cloisonnée, où quatre grandes civilisations - chinoise, européenne, musulmane et hindoue -, au rôle stratégique, économique et culturel majeur, côtoient une Amérique, une Afrique noire et un continent austral encore coupés du reste du monde. L'isolement de cet Ancien Monde sera partiellement brisé par les expéditions de Gengis Khan et de ses fils, avant que le cataclysme de la seconde moitié du XIVe siècle, engendré par la peste noire, redistribue les cartes en faveur de l'Occident chrétien. C'est lui qui sera finalement, contre toute attente, le moteur du désenclavement qui se produira avec les «grandes découvertes» aux XVe et XVIe siècles.
Un livre foisonnant et ambitieux, à la curiosité salutaire, qui nous entraîne à bride abattue sur les routes humaines qui, d'Alep à Quanzhou, d'Ormuz à Calicut, ont de tout temps sillonné le globe, nous offrant un regard neuf sur le monde d'aujourd'hui.

Professeur d'histoire moderne à l'université de Paris X-Nanterre, Jean-Michel Sallmann a étendu ses recherches sur l'Italie des XVIe-XVIIe siècles à une approche globale de la Renaissance en Europe (Charles Quint : l'empire éphémère, Payot, 2004), puis dans le monde (Géopolitique du XVIe siècle : 1490-1618, 2003).



  • La revue de presse Jean-Yves Grenier - Libération du 2 juin 2011

A partir du XIIIe siècle, les relations entre les différentes parties de l'Eurasie et de l'Afrique du Nord s'intensifient, provoquant le «grand désenclavement du monde». L'originalité de cet ouvrage est moins de vouloir «provincialiser l'Europe», que d'expliquer le monde entre 1200 et 1600 à partir des mouvements d'ouverture et de repli qui marquent l'évolution des grandes civilisations.


  • Les courts extraits de livres : 25/07/2011

Extrait de l'introduction

UN MONDE MULTIPOLAIRE ET CLOISONNÉ

Ce livre est né d'un constat qui frappe l'ensemble des contemporains : le monde est en train de vivre des bouleversements considérables et les modalités d'ajustement sont difficiles. Il est vrai que pendant plus d'un demi-siècle, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la situation se présentait sous un jour simple, compréhensible par tout un chacun parce que binaire. Selon le camp dans lequel on se trouvait, deux mondes s'opposaient en noir et blanc : un monde libre pour les uns ou impérialiste pour les autres, porteur des valeurs démocratiques et de la libre entreprise, même s'il lui arrivait, plus souvent qu'à son tour, de les fouler aux pieds, et un monde socialiste pour les uns ou collectiviste pour les autres, désireux en tout cas de changer les termes de l'échange et de transformer les individus pour les mettre au service de la collectivité. Chacun de ces camps avait son champion, les États-Unis d'Amérique pour les premiers, l'Union soviétique pour les seconds. Mais bien sûr, comme dans tout système binaire, beaucoup d'États et de peuples ne se reconnaissaient ni dans l'un ni dans l'autre et se regroupaient dans une troisième catégorie aux contours flous et au positionnement international incertain, le Tiers-Monde ou pays non-alignés. Cette représentation du monde en gros blocs opposés a volé en éclats en 1989 avec la chute du mur de Berlin et l'évoquer aujourd'hui, plus de vingt ans après, relève, même pour ceux qui ont vécu cette période, de l'archéologie et semble presque inimaginable. Ceux qui l'ont connue peuvent la regretter aussi, car elle assurait la police du monde. Elle était capable d'étouffer les conflits qui nuisaient aux intérêts bien sentis des deux grandes puissances, ou d'en entretenir d'autres pour les besoins de leur cause, mais sans jamais oser franchir le point de non-retour au-delà duquel aurait été déclenché un affrontement planétaire. Il est vrai que la multiplication des guerres localisées et non conventionnelles, des conflits de basse intensité comme les appellent les spécialistes, la renaissance des irrédentismes de tout poil, généralement sur fond de prosélytisme religieux, la guerre multiforme que l'islam radical a déclarée à l'Occident feraient effectivement regretter ces temps heureux où l'on prétendait nous faire croire que l'apocalypse nucléaire était proche pour mieux nous tenir en haleine mais où tout était finalement plus simple. Tout se passe comme si l'effondrement du monde bipolaire avait ouvert la boîte de Pandore des conflits disséminés auxquels nos contemporains ont du mal à donner un sens. Pourtant, c'est une illusion. La division du monde en deux blocs ne faisait que masquer une réalité plus ancienne qui ne demandait qu'à s'exprimer à nouveau. Le monde est resté tout aussi dangereux qu'il l'était auparavant mais il est devenu plus insaisissable car il est redevenu multipolaire.


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