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«Desesperate Housewives», «Grey's Anatomy», «Lost» «The Mentalist», «Les Experts»... Qui n'a jamais été pris au piège de la série, oubliant de manger et de dormir, pour continuer une histoire dont chaque épisode nous tient en haleine ? Comment expliquer l'engouement massif du public pour ce genre venu des Etats-Unis ? Que nous apprend-il sur l'histoire des mentalités ? Les budgets colossaux, la qualité des scénarios et de la mise en images n'expliquent pas tout.
Car c'est d'abord un bénéfice «symbolique» que nous attendons des séries, la découverte de nouveaux mondes, à la fois exotiques et familiers. En nous immergeant dans un hôpital, ou dans les rouages d'une haute administration, elles étanchent notre soif de connaissance et nous font découvrir, tel l'archéologue, des univers à la fois proches et lointains. Surtout, la production industrielle de ces feuilletons, tendant vers un flux continu d'histoires, singe notre temps vécu, inscrit la série dans notre quotidien.
Scénaristes et producteurs, tels des démiurges fabriquent des cohortes, de héros, capables d'enfermer le spectateur dans un processus psychologique complexe d'identification ou de rivalité. L'analyse d'un grand spécialiste du petit écran. Les clés pour comprendre nos modes de consommation culturelle.
François Jost, spécialiste des médias, directeur de la revue Télévision (CNRS Editions) est professeur à Paris III.
Il a publié de nombreux ouvrages sur la télévision et les sciences de la communication.
La revue de presse Sylvie Kerviel - Le Monde du 9 juin 2011
On compte parmi les universitaires de véritables "sériphiles", à l'instar de François Jost, professeur à Paris-III, où il enseigne l'analyse de la télévision et la sémiologie audiovisuelle. Le chercheur, qui dirige la revue Télévision (CNRS), a voulu comprendre pourquoi les séries, notamment américaines, fascinent, en France, un public grandissant. Au point de susciter, chez certains, une véritable addiction. Dans un court essai, il aborde la question d'une manière originale, préférant explorer les relations que les séries instaurent avec ceux qui les regardent plutôt que de s'attacher aux secrets de fabrication de ces productions.