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Auteur : Léonora Miano
Date de saisie : 10/10/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Plon, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 9782259212878
GENCOD : 9782259212878
Sorti le : 18/08/2011
Si vous croisiez Snow dans la rue, vous vous retourneriez sûrement sur son passage : grand et sec, la peau noire ébène, les cheveux décolorés... blond platine, un petit air hautain et sûr de lui...
Snow, Antoine Kingué de son vrai nom, habite Paris depuis sa naissance, à part quelques étés passés au Mboasu, le pays de ses ancêtres. Il n'aspire à rien d'autre qu'être vu, dans la rue, en soirée, auprès des célébrités. Qu'importe du moment qu'on le remarque !
Son gagne-pain ? Prêter son identité française à quelques "amis" en échange d'une forte compensation financière.
Ce quotidien oisif va être chamboulé lorsque son demi-frère, Maxime, lui annonce la fin de leur arrangement : le jeune-homme retourne dans leur pays sub-saharien. Une sombre période pour Antoine, pour qui ressurgit un passé douloureux, marqué par l'abandon de sa mère et sa profonde différence...
Véritable COUP DE COEUR de cette rentrée littéraire 2011, à ne pas manquer !
Né dans l'Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n'arrive toujours pas à surmonter la rancoeur qu'il nourrit envers sa mère, coupable de ne l'avoir jamais assez aimé. Elle n'a pas hésité à le laisser en pension alors qu'il n'avait que sept ans et à l'envoyer passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien, où il ne s'est jamais senti à sa place. Tout ça pour une histoire d'amour qui a tourné court. Et puis, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d'affection que lui.
Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l'ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.
Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s'effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même.
Débouté par cette existence qui ne cesse de se dérober sous ses pieds, il va être amené à renouer avec une histoire qu'il a toujours reniée, celle de ses origines subsahariennes, là-bas, au Mboasu.
Léonora Miano est née au Cameroun. Après avoir consacré une trilogie à l'Afrique avec L'Intérieur de la nuit, Contours du jour qui vient, prix Goncourt des Lycéens 2006, et Les Aubes écarlates (2009), elle est l'une des premières à avoir fait entrer la population afropéenne dans la littérature en publiant Tels des astres éteints (2008) et Blues pour Elise (2010).
Durant les sept dernières années, Léonora Miano a parcouru du chemin. Son premier roman, L'intérieur de la nuit, avait été la révélation de la rentrée littéraire 2005. Et, à Lire, nous n'avions pas été les derniers à la saluer...
Ces âmes chagrines,qui met l'accent, une fois encore, sur ses mères Courage, de celles qui, comme Modi, grand-mère au coeur gros comme le baobab, jamais ne cèdent sur la fidélité, l'hospitalité, l'intégrité...
Elle n'a pas dit son dernier mot sur les Afropéens qui se voient comme des non-Européens exilés en Europe. Ni épuisé le sens du proverbe : "L'enfant ressemble toujours à celui qui le refuse."
Intro
Les femmes venaient de descendre. Il les voyait depuis le balcon de la terrasse donnant sur le jardin privatif, avec ses arbustes élégamment taillés, ses toboggans et balançoires destinés aux enfants des résidents. Philomène, apercevant de loin les voitures du funiculaire qui glissaient le long du câble, avait demandé quel était cet engin. Amalia lui avait donc proposé de la conduire sur les remparts, afin qu'elle le contemple de plus près. Elles y monteraient peut-être, pour regarder le monde de haut, si la belle Subsaharienne n'était pas trop impressionnée. En la voyant, si lente derrière sa compagne qui gambadait comme à son habitude, Antoine s'amusait intérieurement de cette manière qu'avaient les femmes du Mboasu d'avancer à pas comptés, comme si elles avaient reçu, en venant au monde, un capital de foulées à économiser. À ce rythme-là, la route serait longue, mais rien ne pressait jamais pour les habitants de ce territoire niché au coeur du Continent, dans la partie équatoriale. D'ailleurs, ils s'enorgueillissaient de cette nonchalance, la considérant comme une forme de noblesse C'était ainsi qu'on les entendait parfois clamer : Si les Nordistes ont la montre, nous, nous avons le temps. Concernant la mode qu'ils aimaient passionnément, ne reculant pas devant les assortiments de couleurs les plus risqués - Philomène arborait un pantalon en satin d'un rose aveuglant, imprimé de fleurs vertes, un corsage et des chaussure bleus -, les gens du Mboasu disaient : Si les Nordistes ont créé le vêtement, nous avons inventé l'habillement, et il était vain de tenter de les contredire.
Antoine se tourna vers la salle de séjour où se trouvait Jérémie, ce frère avec lequel il n'était pas lié par le sang mais par la mémoire, ce qui comptait certainement davantage. C'était la première fois, depuis tout ce temps, que Jérémie voyageait hors du Continent, pour lui rendre visite dans l'Hexagone. Il aurait bien des choses à lui faire découvrir, espérait bien d'autres occasions encore, bien d'autres rassemblements familiaux. L'homme se sentait apaisé, presque heureux, savourait ce sentiment nouveau qu'il se promettait de faire fructifier. Les bourrasques intimes qui lui avaient un temps fait détester être au monde sans pour autant se résoudre à quitter la vie, n'étaient plus. Elles avaient fait place, ce qui ne cessait de le surprendre, à la certitude que tout était désormais possible, qu'ils avaient mangé leur pain noir, payé au prix fort les jolies choses qui leur seraient offertes. Ils avaient été si durement éprouvés que plus rien de grave ne pouvait leur arriver.
(...)
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