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.. Formant récit sans trace

Couverture du livre Formant récit sans trace

Auteur : Mikaël Hautchamp

Date de saisie : 29/06/2011

Genre : Poésie

Editeur : Cheyne, Le Chambon-sur-Lignon, France

Collection : Collection verte

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 9782841161713

GENCOD : 9782841161713

Sorti le : 13/06/2011

  • Les présentations des éditeurs : 29/06/2011

A ce geste sans bruit
de l'écoulement du monde,
ayant forcé l'allure et le dehors,
à cette verticale coulée d'une telle hauteur,

s'ouvrira un rejet
CAPABLE DE SAISONS.

L'absence de trace n'invalide pas la série. C'est le mouvement même du monde dans son déploiement neuf. La création vivante et continue du même.
Ce monde de passages et d'accumulation sans trace, est un monde où tout est toujours simultané. Formant sans série sans trace tente modestement de rendre grâce et hommage à cette merveilleuse simultanéité de tout. Les éléments naturels, dont nous, au premier chef, sommes, tous les jours et à chaque seconde, parfaitement contemporains, un nombre infini de choses, de personnes, d'éléments, d'événements qui se produisent, de sentiments, et d'objets. Le sujet vivant est nécessairement individuel mais il n'est pas nécessairement conscient de cette simultanéité, clef d'une compréhension véritable du monde.

Mikaël Hautchamp

Né à Orléans en 1975. A passé ses vingt premières années en Bretagne. Vit désormais à Versailles. Deux livres parus à Cheyne : Pâle si la nuit (collection Grise, préface de Jean-Marie Barnaud, 2002) et Terre à monde (collection Verte, 2007).


  • Les courts extraits de livres : 29/06/2011

La théorie des jus

Évidente pression d'un sujet de bois mort. Sous le seuil à venir d'une lumière au ras. Lumière au seuil qui dessine sa ruine. L'ébauche. Où la farce est le noeud qui lui tient lieu de chair. Lumière au seuil infidèle à sa joie. A sa danse. Au don massif sans recul ni estime. Lumière au reflet de ses ruines.

Au premier rang d'une terre de son âge, divergeant à ce jour dans l'écharpe d'écorce. Dans la plaine immobile habitée en sous-oeuvre. Là où le seuil attend. Déploie.

Ici sous l'arbre. Tout arbre. Celui qui n'est qu'ici. Arbre de chasse, porté par le repli des cendres. A l'ombre d'un grand rêve de soutien.

Avec ce goût de caillot dans la bouche.

Toute essence établit d'éventuels vestiges. Des failles immobiles où les portes ont versé. Au rebut de ses lances. Dans l'ombre répandue d'un arbre de silence, la gueule ouverte sous la sciure.

Avec ce goût de raison dans la gorge.

Lumière au seuil. Sans le secours. Ni le sel.

Lumière à l'aube. On ne sait plus compter. On ne sait plus défaire. Enroulés dans le voile d'un monde de passage. Sans étrange et sans rêve. Dans un monde à l'étrange illégal. Enroulés dans la carte. La prise. Lumière au seuil sur ces écoulements : issue secrète déplacée. Avec le jeu des sèves jubilaires. On n'accède au mouvement qu'à l'occasion des chutes. Des brindilles qui forment le carré, l'accès.

Offert désormais comme univers immobilier. Fontaine à son niveau.

Les paliers, maintenant corrodés, avaient permis ces tresses. Et le sel avait fait son office.

Et s'il n'était qu'un arbre ?

Arbre à danser, il aurait pu donner des bals. Mais la sciure est venue parmi les rémanents. Les éboulis de masses au coeur du feu donné. Du foyer d'une pluie intérieure. Le sel des sèves jubilaires. Ce pardon d'une vie ordinaire. Où tout ensemble se destine.


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