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.. Allmen et les libellules

Couverture du livre Allmen et les libellules

Auteur : Martin Suter

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 10/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-267-02173-8

GENCOD : 9782267021738

Sorti le : 05/05/2011

Martin Suter est considéré comme l'un des romanciers suisses en vogue et fascine des milliers de lecteurs depuis une dizaine d'années. Ici, avec Allmen et les libellules, il aborde un style connu mais nouveau pour lui : le feuilleton policier avec un duo digne de la lignée des classiques du genre. Son héros, Allmen a dilapidé la fortune familiale en menant un train de vie indispensable à son rang social, et surtout ses goûts dispendieux pour les objets d'art l'ont perdu, lui qui n'a aucun attrait pour les affaires comme son défunt père. Criblé de dettes, soutenu par son fidèle majordome Carlos, il s'initie au vol de bibelots d'art, mais sa rencontre avec l'inimitable Jojo l'entraîne vers une dangereuse découverte. Cinq coupes aux libellules de Gallé, bien trop attirantes...
Il va être bien agréable de retrouver ce gentleman cambrioleur qui va se découvrir une âme d'enquêteur. Chic, de nouveaux complices pour accompagner d'agréables lectures.


  • Le courrier des auteurs : 25/06/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Olivier Mannoni, le traducteur d' "Allmen et les libellules" et de la quasi-totalité des livres de Martin Suter parus en français.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Comment continuer à vivre en aristocrate quand on ne l'est pas vraiment et qu'on n'a plus un sou.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Parfois, il faut se battre."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Le boeuf sur le toit", op. 58 de Darius Milhaud

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un voyage dans l'univers délicat et drôle de Martin Suter, et son goût sublime pour le décalage.


  • Les présentations des éditeurs : 09/07/2011

Johann Friedrich von Allmen, la quarantaine élégante, collectionne les oeuvres d'art. Une occupation devenue dangereuse pour ce dilettante séducteur et raffiné depuis qu'il a dilapidé la fortune familiale et s'est attiré la rancoeur de certains proches, victimes de ses trafics. Il doit se résoudre à se séparer de bon nombre d'oeuvres et s'installe dans la maison du jardinier en compagnie de Carlos, son fidèle majordome guatémaltèque.

La chance semble tourner lorsqu'il rencontre Jojo, une belle femme dans la fleur de l'âge. Dans sa demeure, il découvre cinq coupes Art nouveau ornées de libellules, chacune porteuse d'un secret. Il décide aussitôt de s'en emparer, à grand renfort de ruses et de précautions, en espérant régler ses dettes.

Reprenant la tradition des duos d'enquêteurs, Martin Suter nous livre ici le premier volume d'une série dont Allmen, gentleman cambrioleur et enquêteur, est le héros.

Martin Suter est né à Zurich en 1948. Après avoir été publicitaire à Bâle, il multiplie les reportages pour Géo, il est devenu scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt et a écrit des comédies pour la télévision. Depuis 1991 il se consacre à l'écriture de romans qui sont devenus de véritables best-sellers. Il vit entre la Suisse, l'Espagne et le Guatemala. Small World a obtenu le prix du Premier Roman dans la catégorie «romans étrangers». Il sera prochainement adapté au cinéma avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Un ami parfait a été adapté au cinéma en 2006, sous le même titre, par Francis Girod et deux autres de ses romans sont en cours d'adaptation. Martin Suter a également contribué au dernier album de son compatriote le musicien Stefan Eicher, pour qui il a écrit les textes de trois chansons sur Eldorado (2007) et travaillé au projet d'une comédie musicale.



  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 16 juin 2011

«International Inquiries.» Enquêtes, renseignements internationaux. Rien ne prédisposait Johann Friedrich von Allmen (qui se fait appeler John pour le prénom et Allmen sans von pour le nom) à se spécialiser dans une telle activité...
Fidèle à la tradition des romans policiers, même si les siens sont toujours singuliers, c'est un personnage récurrent, comme l'est Carlos, l'étrange majordome guatémaltèque de l'ancien millionnaire, que vient de créer Martin Suter...
Allmen est une sorte d'Oblomov détective, un expert paresseux qui est navré d'en être réduit à devoir enquêter par (mais pour) lui-même. Rien que conduire une voiture est une épreuve, «la tenue d'un volant lui paraissait aussi dégradante que l'accomplissement de n'importe quel travail susceptible d'être mieux accompli par une personne rémunérée à cette fin».


  • La revue de presse André Clavel - Lire, juin 2011

Le Suisse Martin Suter crée un héros récurrent, grand bourgeois helvète et arnaqueur confirmé : un mélange détonant d'aventures rocambolesques, de quiproquos en chaîne et d'intrigues palpitantes...
Du Suter pur jus, gouleyant, pétillant, vif, rondement mené. En attendant la suite des mésaventures de notre Arsène Lupin zurichois dans un livre qui sera bientôt traduit chez Christian Bourgois, Allmen et le diamant rose.


  • La revue de presse François Busnel - Lire, juin 2011

Le héros de Martin Suter, Johann Friedrich, est un aristocrate ruiné qui vole des oeuvres d'arts pour maintenir son train de vie...
Le roman policier a ses codes qu'il importe de malmener. C'est ce qu'a parfaitement compris le grand écrivain suisse Martin Suter, qui signe aujourd'hui le premier volume d'une série appelée, parions-le, à connaître un beau succès...
Martin Suter, avec ce gentleman cambrioleur devenu enquêteur, réussit une belle entrée dans le monde fermé du polar.


  • La revue de presse Pierre Deshusses - Le Monde du 23 juin 2011

Depuis Small World, son premier grand succès (éd. Christian Bourgois, 1997, Prix du premier roman dans la catégorie "Romans étrangers" et déjà traduit par Olivier Mannoni), Martin Suter a su trouver un ton nouveau dans le roman de détective : une alliance de réserve et de souci du détail qui fonctionne comme une horloge...
Cette histoire est fondée sur un fait divers : le 27 octobre 2004, cinq coupes de Gallé aux motifs de libellules ont été volées en Suisse. L'enquête est toujours en cours. La police ne délivre pas d'informations. Suter nous donne sa version, mais peut-être pas seulement. Il est arrivé à plus d'un écrivain d'inventer une réalité et de s'apercevoir ensuite que cette fiction correspondait exactement à ce qui s'était passé. Ce serait un charme supplémentaire. Allmen, toxicomane de la lecture, "croyait que chaque livre avait son secret... et que c'était ce secret qu'il devait éventer."


  • Les courts extraits de livres : 09/07/2011

Avec cette lumière grise, tout paraissait plat et inanimé. L'aube était immobile.
Il faisait froid dans la bibliothèque en verre d'Allmen. Peut-être aurait-il dû allumer un feu. Mais sa dernière tentative, l'hiver précédent, avait si pitoyablement échoué qu'il s'en abstint. Il resta dans son fauteuil de lecture, sans lire, à frissonner. Cela aussi lui était égal.
Les pieds du piano avaient laissé trois profondes empreintes. Même cette vision ne déclencha rien en lui. Rien, sinon une indifférence paralysante.
Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait vu Carlos, en manteau et bonnet de laine, marcher vers la maison. Il l'avait entendu monter l'escalier à grands pas, puis le redescendre peu après. Carlos n'avait pas regardé à l'intérieur. N'ayant pas vu de lumière, il supposerait forcément qu'Allmen était au Viennois. Comme chaque matin à cette heure-là.
Il vit alors Carlos qui s'activait dehors. Il portait sa tenue de travail, avec un autre bonnet de laine, plus ancien, et une veste d'ouvrier généreusement rembourrée.
Allmen s'assoirait simplement ici et attendrait qu'il vienne préparer le déjeuner. Il irait le voir dans la cuisine et dirait :
- Carlos ?
Et Carlos répondrait :
- ¿ Quémanda ?
Alors il dirait :
- Nous y sommes, j'ai besoin de las libélulas.
Et au cas où il les sortirait, Allmen procéderait exactement comme dans son plan. Et dans le cas contraire ? Peu importait aussi.
Il s'était certainement un peu endormi lorsqu'il entendit des bruits en provenance de la cuisine. Il faisait encore plus sombre. La neige tomberait d'un instant à l'autre.
Allmen s'arracha à son fauteuil. Lorsqu'il passa devant l'endroit où l'arrière de la serre donnait sur un buisson épais et élevé, il eut l'impression que quelque chose y avait bougé.
Les arbres du parc y étaient denses et sombres. Les troncs des grands sapins et des épicéas émergeaient d'un sous-bois presque impénétrable fait d'ifs et de fougères. Parfois, Allmen en voyait sortir ou disparaître l'un de ces renards citadins qui cherchaient leur pitance dans les jardins et sur les terrasses du quartier des villas.
Il recula, s'adossa contre la paroi de verre et regarda l'emplacement en question.
Un coup violent l'atteignit à la poitrine. En tombant, il entendit un plop sourd et ressentit une douleur à l'occiput.


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