Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
«Une nuit, au large de Bornéo, il avait vu son cargo, le Niemski, coupé en deux par une lame de mer. Ce n'était qu'un vieux cargo pourri oublié par l'armateur, un vieux cargo avec du sucre et du soja.
Ce n'était pas du pétrole, mon frère, alors pas de publicité.»
Diego l'Angolais - le matelot à quai - et Théo - l'ancien marin apprenti écrivain - arpentent les quais du port de Lisbonne à la poursuite de leurs rêves d'enfance, magnifiés par la mémoire ou abîmés par la réalité. Ainsi, d'espoirs chimériques en vraies blessures, Diego et Théo réinventent leur existence, dans l'attente d'un départ qui n'aura peut-être jamais lieu. Prématurément disparu en 2010, Bernard Giraudeau signe ici son ouvrage ultime, ciselé avec passion pour l'âpre élégance du trait de Christian Cailleaux. Traversé par les thématiques chères aux deux auteurs complices - la mer, l'amour et l'amitié -, ce récit évoque avec puissance et émotion ces traversées au long cours qui mènent des contrées du rêve aux rivages de la vie.
La revue de presse François Lestavel - Paris-Match du 16 juin 2011
Après «R97 - Les hommes à terre», le dessinateur Christian Cailleaux publie «Les longues traversées», deuxième album né de sa collaboration avec l'acteur disparu...
Si ce n'est pas la suite à proprement parler de «R97», on y retrouve Théo, le double de Giraudeau. «Bernard s'en défendait, s'amuse Christian Cailleaux. Mais lorsque, parfois, j'improvisais à partir de ses souvenirs, il se récriait : "Non, non, ça ne s'est pas passé comme ça !"» Même gravement malade, Giraudeau n'a jamais songé à rester à quai. Quelques jours avant sa mort, durant l'été 2010, il mettait encore la dernière touche au texte et au scénario de l'album. «J'avais tout ce qu'il fallait de sa part, explique Cailleaux. Il ne me restait que quelques dessins à faire et la mise en couleurs.»