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.. La femme au miroir

Couverture du livre La femme au miroir

Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt

Date de saisie : 03/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Romans français

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-226-22986-1

GENCOD : 9782226229861

Sorti le : 17/08/2011

  • Les présentations des éditeurs : 03/08/2011

Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporaines; refusant le rôle que leur imposent les hommes, elles cherchent à se rendre maîtresses de leur destin. Trois époques, trois femmes : et si c'était la même ?

Dramaturge, essayiste, romancier, scénariste à succès, Eric-Emmanuel Schmitt est l'un des auteurs les plus célèbres en France et dans le monde (traduit dans 42 pays).
Son dernier livre, Concerto à la mémoire d'un ange, a été un des best-sellers du printemps 2010.



  • La revue de presse François Busnel - L'Express, novembre 2011

Un roman avec trois femmes venant de trois époques différentes mais avec un point commun. Toutes sont insoumises et tentent de se réconcilier avec la réalité et la vérité...
Autour de ces femmes, une nuée de furies. Les belles âmes, les fourbes, les traîtres, les prudents... bref, le ballet de ceux qui vous tendent le miroir mais refusent de s'y regarder. Qu'y trouveraient-ils ? Quelqu'un d'autre. Anne, Hanna et Anny, chacune à sa manière, tentent de se réconcilier avec la réalité. Elles en paieront le prix. Et trouveront, de façon surprenante, l'unité vers laquelle elles rêvent de tendre depuis qu'elles ont compris que la vie ne suffit pas.


  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 26 septembre 2011

De livre en livre, Eric-Emmanuel Schmitt traque entre légèreté et gravité d'insaisissables visages de femmes. Et leurs destins chahutés deviennent sous sa plume bien plus fascinants que ceux de ses précédents héros masculins.


  • La revue de presse Jean-Rémi Barland - Lire, août 2011

Dans un style très cinématographique, Eric-Emmanuel Schmitt construit un récit gigogne et mêle les destins. Quelles vérités se cachent derrière les apparences ? Doit-on rêver sa vie quand la dure réalité sociale entrave vos pas ? Comment échapper à sa condition, et à ses origines ? L'art peut-il devenir un instrument prépondérant pour accomplir son destin ? Autant de questions que pose Eric-Emmanuel Schmitt à travers des fictions généreuses, où, souvent, une place importante est attribuée à la condition féminine.


  • Les courts extraits de livres : 01/07/2011

- Je me sens différente, murmura-t-elle.
Personne ne prêtait attention à ses mots. Tandis que les matrones s'agitaient autour d'elle, celle-ci arrangeant un voile, celle-là une tresse, cette autre un ruban, alors que la mercière raccourcissait son jupon et que la veuve de l'arpenteur lui enfilait des chaussons brodés, la jeune fille immobile avait l'impression de devenir un objet, un objet passionnant certes, assez affriolant pour mobiliser la vigilance des voisines, un simple objet cependant.
Anne contempla le rayon de soleil qui, jaillit de la fenêtre trapue, traversait la pièce en oblique. Elle sourit. La mansarde, dont ce jet d'or trouait la pénombre, ressemblait à un sous-bois surpris par l'aube, où les paniers de linge remplaçaient les fougères, les femmes les biches. Malgré les bavardages incessants, Anne écoutait le silence voler dans la chambre, un silence étrange, paisible, touffu, lequel venait de loin et délivrait un message sous les jacasseries des commères.
Anne tourna la tête en espérant qu'une des bourgeoises l'avait entendue, mais elle n'attrapa aucun regard ; condamnée à subir leurs obsessions décoratives, elle douta d'avoir bien prononcé cette phrase :
«Je me sens différente.»
Que pouvait-elle ajouter ? Elle allait se marier tout à l'heure, pourtant, depuis son éveil, elle n'était sensible qu'au printemps qui déboutonnait les fleurs. La nature l'attirait davantage que son fiancé. Anne devinait que le bonheur se cachait dehors, derrière un arbre, tel un lapin ; elle voyait le bout de son nez, elle percevait sa présence, son invite, son impatience... En ses membres, elle éprouvait une démangeaison de courir, de rouler dans l'herbe, d'embrasser les troncs, d'inspirer à pleine poitrine l'air poudré de pollen. Pour elle, l'événement du moment, c'était le jour lui-même, frais, éblouissant, généreux, non ses épousailles. Ce qui lui arrivait - s'unir à Philippe - s'avérait dérisoire par rapport à cette splendeur, avril qui affermit champs et forêts, la force nouvelle qui épanouit coucous, primevères, chardons bleus. Elle désirait fuir ce réduit où se déroulait la préparation nuptiale, s'arracher aux mains qui la rendaient plus jolie et se jeter nue dans la rivière si proche.
A l'opposé de la croisée, le faisceau de lumière avait accroché en ombre la dentelle du rideau sur la chaux inégale. Anne n'oserait jamais troubler ce fascinant rayon. Non, lui annoncerait-on que la maison brûlait, elle resterait figée sur ce tabouret.
Elle frémit.
- Que dis-tu ? demanda sa cousine Ida.
- Rien.
- Tu rêves de lui, c'est ça ?
Anne baissa le front.


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