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.. Embrasez-moi

Couverture du livre Embrasez-moi

Auteur : Éric Holder

Date de saisie : 16/09/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 9782842636784

GENCOD : 9782842636784

Sorti le : 14/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 21/07/2011

C'est une affaire de lettre volée, de lettres manquant à l'appel, de lettre en trop. Qu'un «S» manque et l'on passe, en un lent mouvement coulé, de l'embrassade à l'embrasement. Que le «A» s'impose et la bise tourne à la baise ; que le «R» se mette de la partie et la baise le cède à la braise et nous revoilà dans l'embrasure à scruter les embrasements des baiseurs. Holder, au fil de ce recueil de nouvelles, Holder, qui doit l'émergence de sa plume à de précoces récits fessus débités pour des potes d'internat, Holder, fin goûteur de grands crus érotiques, Holder récapitule ses souvenirs, façonne des figures, crée des situations et nous invite près de son petit brasero intime. Nouvelles moins érotiques qu'éperdument charnelles où les passions brusques ou lentes prennent la forme de corps électrisés ; où le sexe se fraie une voie d'évidence au cours de récits où il ne sera question que de champs magnétiques, de corps en écho. Au coeur de cette flambée ardente, chaque charbon porte un nom : Cathy, l'étoile filante aux lèvres roses ; Marie, chevauchante Walkyrie aux arômes de lait et de lessive ; Aurore aux amours bipolaires et au coeur lourd ; Blandine au piano, son cou de cygne et son Renato ; Farid aux lèvres fuchsia livré à un trio sadien ; Pauline aux yeux pers et Lætitia en son salon (du livre). Des amours vécues à cru, sept perles de chair que nous livre Éric Holder, tout feu, toutes femmes. Je peux entrer, faites donc.

Éric Holder est né en 1960, à Lille. Enfance beatnik, trois soeurs, pas d'études supérieures. Première publication à vingt-quatre ans, chez le même éditeur. Après la Provence, Paris et sa région, il habite désormais en Médoc, près de Vendays-Montalivet.



  • La revue de presse Pierre Assouline - Le Monde du 15 septembre 2011

Car nous tenons là, parmi nos contemporains, l'un des rares écrivains qui se dégustent. Embrasez-moi (224 pages, 17 euros, Le Dilettante), qui pourrait être sous-titré «Mémoires charnels», est son petit dernier. Il convient de lire le titre lentement. Vous noterez alors qu'un écho subliminal renvoie à «embrasser», «baise» et «embrasure». Il s'agit pourtant bien d'embrasements...
Même dans les plus sauvages empoignades amoureuses, sa poésie demeure ouatée, économe et feutrée. Jamais l'ombre d'une vulgarité, pas davantage de facilités ou de lieux communs, ni le moindre argot, toutes choses d'ordinaire si éloquentes dans la rhétorique du cul. C'est que Holder est tout sauf ordinaire, dans la double acception du terme.


  • Les courts extraits de livres : 21/07/2011

Francis, Boulouris

Ce n'était pas que Francis eût la plus grosse du dortoir. La plus troublante, certainement. Au chapitre des dimensions extravagantes, il était battu, comme nous tous, par Youssef ou bien Pierre, lesquels ne se privaient pas, les soirs où une fièvre lascive s'emparait du pensionnat, de la sortir sous notre nez.
Cela se passait en général à l'étude. Vous étiez en train de détailler, dans le Lagarde et Michard, les yeux hantés de Baudelaire photographié par Carjat, le digne Verlaine et l'échevelé Rimbaud, lorsqu'un doigt vous tapotait l'épaule. Vous retournant, vous découvriez une trompe que son propriétaire soulevait à demi avant de la laisser retomber, dans un claquement, sur sa cuisse, amplifiant ainsi son volume, son poids.
Il semblait toujours que le geste ne fut pas exempt de supplication quand c'était Youssef qui l'effectuait. Sans doute aurait-il aimé qu'on le branle, là, tout de go, les génitaux à ras de la table torturée au compas, tatouée à l'encre, dans l'odeur de grand-père qu'exhalaient nos livres.
Parfois il nous encourageait d'un ton doucereux, «Touche, elle mord pas.» Nous échappions avec un cri de dégoût caractéristique, suivi d'une insulte enfantine («Bouc pourri») qui, lorsqu'elle résonnait jusqu'en salle de télé, dans les plus lointaines chambrées, faisait dire, «Ça y est, Youyou l'a encore montrée.»
Il en allait autrement pour Pierre, le bien nommé, taillé dans le roc, natif de Fayence et quasi montagnard, avec sa voix charroyant du patois comme cailloux dans le Verdon.
Chaque fois qu'il l'exhibait, il paraissait ne pas en revenir, premier témoin stupéfait du spectacle. Ses yeux, après avoir quitté son nombril, remontaient vers vous en interrogeant, cherchaient dans les vôtres l'approbation ou la condamnation, selon qu'il hésitait lui-même à bénir ou bien à maudire l'avant-bras, terminé par un poing violet furieux, qui lui servait de membre.


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