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.. Don Juan de la Manche

Couverture du livre Don Juan de la Manche

Auteur : Robert Menasse

Traducteur : Barbara Fontaine

Date de saisie : 17/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Verdier, Lagrasse, France

Collection : Der Doppelgänger

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782864326564

GENCOD : 9782864326564

Sorti le : 25/08/2011

  • Les présentations des éditeurs : 01/09/2011

Pris entre une mère juive envahissante et un père occupé à jouir de la vie, Nathan s'épuise à ressembler à un don Juan sans parvenir à être autre chose qu'une sorte de Don Quichotte. C'est à sa psychanalyste qu'il fait le récit de ses échecs passés : expériences sexuelles ratées, mariages malheureux, vaines tentatives de séduction qui se sont heurtées à la vague ultra-féministe des années soixante-dix. Nathan ne se prive pas de broder sur certains épisodes, car ce bavard malchanceux est un homme pour qui fiction et vérité s'entremêlent continuellement. Impuissant et lucide, il assiste au dévoiement de sa profession de journaliste. La disparition de ses parents marque le point où sa destinée bascule.

Robert Menasse, qui parodie ici avec une verve comique jubilatoire la tradition du «roman d'éducation» - le livre a pour sous-titre L'éducation au désir - se livre à travers son héros à une réflexion sur l'amour et la différence des sexes. C'est à Woody Allen que l'on songe, autant qu'à Philip Roth ou Michel Houellebecq desquels il est proche par l'ambition de mener avec les armes du roman un combat sans merci contre les monstres dérisoires de la modernité.

Né en 1954 à Vienne, essayiste et romancier, Robert Menasse s'est imposé comme l'un des grands écrivains de l'Autriche contemporaine. Il est aussi un intellectuel dont les prises de position publiques s'inscrivent dans la grande tradition du rationalisme des Lumières.



  • La revue de presse Benoît Legemble - le Magazine Littéraire, novembre 2011

Il en résulte le portrait d'un picaresque antihéros du désir, figuré sous les traits d'un misanthrope sans défense. On pense aux personnages de Woody Allen, à l'antipathique et drolatique premier rôle de Whatever Works. Mais c'est pourtant chez Cervantès qu'il faudra lorgner pour accéder au sens profond de ce récit. De mensonges en trompe-l'oeil, il dévoile l'importance de l'affabulation, comme d'une condition sine qua non à l'invention du désir. Un champ des possibles qui s'imposerait comme le triomphe d'une subjectivité délirante, mais aussi une expérience intérieure - en une ultime dilapidation de l'héritage.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, octobre 2011

Le héros de Robert Menasse est un journaliste qui dresse un constat désabusé de sa vie sentimentale...
Peintre acerbe de la modernité et de la dictature du plaisir, l'Autrichien Robert Menasse montre dans Don Juan de la Manchele conditionnement historique et social de l'état amoureux, à travers les yeux d'un Droopy sentimental entre deux âges. Mais, avec son irrésistible humour yiddish et ses références mythologiques, l'écrivain s'amuse beaucoup (le lecteur, aussi) dans certaines scènes très crues - mais jamais vulgaires -, qui seraient presque des appels à la tendresse...


  • Les courts extraits de livres : 01/09/2011

Le jour où Christa a pilé des piments entre ses mains avant de me masturber et de me demander - pour reprendre ses mots - de l'enculer, j'ai compris toute la beauté et la sagesse du célibat. Il existe en grec ancien, avait-elle précisé, un terme spécifique pour ça, pour la combinaison du piment et du coït anal. En réalité, il ne désigne pas le coït anal au piment mais au raifort. «Recte raifort», avait-elle dit, en tout cas pour cette technique en général. Elle l'avait dit en grec ancien, elle l'avait crié, j'avais crié moi aussi, et, si ce que j'avais crié était un mot, il était plus ancien que le grec ancien. J'avais de l'eau dans les yeux. Je ne crois pas que j'aurais ressenti une plus grande panique dans une maison en feu.
Le célibat - telle était, malheureusement, mon idée du moment, et je l'ai exprimée - nous épargne deux sortes d'expériences qui sont inévitables avec l'autre sexe : l'ennui et la souffrance, c'est-à-dire le halètement dans les bras d'une bonne femme ou, encore pire, d'une femme pas bonne, halètement d'espoir dans l'imminent au-delà. J'ai dit : Contre mauvaise fortune bon coeur, ou bon cul.
«Toi et tes calembours !» a dit Christa tandis que je me préparais un bain de siège avec une décoction de sauge et de camomille.
Elle est partie sans se doucher. Elle était pressée, elle avait un cours à donner. Elle était maître de conférences en lettres classiques. J'étais assis dans la baignoire, gelant et brûlant à la fois. Je voulais ne plus jamais me remettre entre ses mains, entre les mains d'une femme. D'un autre côté, je ne savais pas quoi faire hormis ce qu'il fallait absolument faire.


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