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.. Inverno

Couverture du livre Inverno

Auteur : Hélène Frappat

Date de saisie : 14/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 9782742799091

GENCOD : 9782742799091

Sorti le : 24/08/2011

  • Le courrier des auteurs : 05/09/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un agent double, qui écrit et vit entre les deux territoires pour moi liés de la littérature et du cinéma.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Les trahisons, les pièges et le refuge de la mémoire.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Pourtant, qui a goûté au poison ambigu et douceâtre de la nostalgie sait qu'elle ne nous lâche pas, déplaçant seulement le vague malaise, la jubilation secrète qui l'accompagnent, vers un autre objet, une autre vie, une autre ville."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Ce serait la chanson "Past, present and future" du groupe Les Shangri-Las.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais transmettre l'expérience d'où procède pour moi l'écriture : l'intensité de certaines sensations qui se transforment, en même temps qu'elles sont vécues, en souvenirs.


  • Les présentations des éditeurs : 20/08/2011

Pourtant, qui a goûté au poison ambigu et douceâtre de la nostalgie sait qu'elle ne nous lâche pas, déplaçant seulement le vague malaise, la jubilation secrète qui l'accompagnent, vers un autre objet, une autre vie, une autre ville.

Hélène Frappât est née en 1969 à Paris. Traductrice de l'anglais et de l'italien, elle est l'auteur de trois romans : Sous réserve (Allia, 2004), L'agent de liaison (Allia, 2007) et Par effraction (Allia, 2009, mention spéciale du jury du prix Wepler).



  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 31 août 2011

En chapitres courts, alternant les modes et les temps, elle dessine avec maîtrise des vies figées - à l'image de ce titre, Inverno, un hiver italien qui n'a rien d'idyllique, saison des souvenirs et de l'illusion qui tue à doses infimes mais continuelles ces voyageuses clandestines.


  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 10 novembre 2011

Le temps de l'immense hiver, l'Inverno de la mémoire, Hélène Frappat s'est donné pour tâche de le remonter, d'en réparer la mécanique. L'écriture, musicale et fragmentée, toute de leitmotivs et d'échos, atteint au fil des pages une cohérence étonnante. Au-delà de la virtuosité qu'on lui connaît bien, Hélène Frappat construit un beau moment de lecture. Elle donne un texte fort, dont la fascination tient à la profondeur de la sensibilité mise au travail autant qu'à l'audace de ses partis pris formels. Avec ce quatrième roman, Hélène Frappat tient son rang parmi les écrivains qui comptent.


  • La revue de presse Sylvain Bourmeau - Libération du 1er septembre 2011

La mémoire hante l'écriture d'Hélène Frappat. De petits livres en petits livres, elle installe une oeuvre mystérieuse mais accueillante, toute de nuances et d'ambiances. Après le très cinématographique Par effraction, elle signe avec Inverno un roman en forme d'album d'images à lire et qui s'impriment pour longtemps.


  • La revue de presse Monique Petillon - Le Monde du 18 août 2011

Romancière talentueuse, sensible aux maléfices et à la grâce des contes de fées, Hélène Frappat poursuit ses "cambriolages intimes". Cinéphile, elle révèle, à travers le regard d'un enfant attentif et silencieux, les gouffres intimes que recèle un univers bourgeois, apparemment lisse, où règnent jalousie, trahison, meurtre


  • Les courts extraits de livres : 30/06/2011

QUAND la police les a trouvés, l'homme était recroquevillé au bord du lit. Les stores métalliques baissés diffusaient une lumière grisâtre d'aube ou de fin d'après-midi. La concierge avait composé l'appel d'urgence, étonnée de ne plus voir passer les locataires du deuxième étage devant sa loge. Elle ne possédait pas le double des clés et les deux agents forcèrent la porte. Le plus jeune s'effaça devant son collègue expérimenté, qui reconnut une qualité particulière de silence, comme si les murs, les plafonds, le sol étaient tendus de feutre. Dans l'entrée il flottait une odeur vague, que l'agent novice n'identifia pas. Toute la scène semblait se dérouler au ralenti. Son collègue s'immobilisa quelques secondes, avant de se diriger, sans aucune hésitation, vers l'unique chambre à coucher. Il sursauta lorsque l'autre alluma dans son dos un plafonnier en papier poussiéreux de type chinois.
L'homme est recroquevillé au bord du lit. Le dos voûté, il fixe le sol d'un air absent. Ou peut-être a-t-il les yeux fermés ? Dans la chambre l'odeur vous saute au visage, bête inhumaine tapie au fond d'un cauchemar. Il ne fait pas froid, mais les deux agents frissonnent. Seul le vieux remarque la raquette de tennis au pied du lit. Il se dit qu'il n'a jamais vu ça, parce qu'après chaque scène de crime, il oublie.
Dans le désordre des oreillers et des draps, des mèches de cheveux jaunes émergent comme des fleurs fanées flottant à la surface d'une eau sale. Par endroits, les mèches blondes sont collées par un amas de sang brun qui permet au vieux policier de fixer l'heure approximative de l'agression. La raquette de tennis a dû tomber à terre, si l'on en croit la main droite de l'homme bizarrement écartée, ses doigts tordus agrippant le vide.
Le renflement sous les draps inondés de sang suggère la forme d'un crâne tourné vers le matelas. Une main maigre dépasse des draps, les doigts chargés de bagues de pacotille lançant des reflets colorés dans la pénombre. Lorsque le cadavre de la femme sera transporté sur une civière hors de la chambre, l'homme, toujours prostré au bord du lit, n'aura pas un regard pour celle dont il a rendu le visage méconnaissable.


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