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.. La faute de goût

Couverture du livre La faute de goût

Auteur : Caroline Lunoir

Date de saisie : 23/01/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 9782742799503

GENCOD : 9782742799503

Sorti le : 17/08/2011

La narratrice, jeune avocate, rejoint en plein été sa famille dans une vieille demeure.

Ce rendez-vous signe le moment des retrouvailles entre tous les membres de la tribu, où règnent en maître la grand-mère et ses soeurs. Et cet été, chacun et chacune vont pouvoir profiter de la toute nouvelle piscine...

Voilà comment se résume le court roman de Caroline Lunoir.

Et alors, me direz-vous ?

Cette jeune auteur décrit très bien toute l'atmosphère des vacances en famille et des (simples) joies de l'été, ainsi que son lot de concessions... Mais toute l'ampleur du livre tient dans sa fin, par la découverte d'un graffiti laissé sur le portail de la vénérable demeure...

Un premier roman prometteur : à suivre !


  • Le courrier des auteurs : 23/01/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Si seulement je le savais !

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le poids de la culture familiale dans la définition des rapports de chacun avec les autres.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"En dehors de ces quelques gouttes de sang que nous partageons et de cette maison, érigées en symboles et transmises à chacun comme une partie de notre identité, rien ne nous réunirait".

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Chocolate Jesus" de Beth Hart et Joe Bonamassa

http ://www.deezer.com/fr/music/track/13890173

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
De l'indignation face à la permanence tranquille des statuts.


  • Les présentations des éditeurs : 31/08/2011

Je reviendrai. Dans un mois ou dans un an, sans raison ou pour un mariage, suppliée par ma mère, contrite ou heureuse d'être là, pour une réunion de famille ou pour un enterrement. Je reviendrai vérifier qui ils sont. Je débarquerai pour soigner un malaise, une solitude, et en récolter d'autres. Je poserai mes valises, je ne reste pas longtemps, hein, juste quelques jours, pour les écouter, pour les regarder vivre. Et je prendrai mon train, attendrie, agacée ou sombre. Un jour, mon dernier jour ici, je serai confusément atterrée de n'avoir pas su retenir des bribes de leurs vies pour ne pas qu'elles passent, sans bruit.

C.L.

Caroline Lunoir est née en 1981. Elle a grandi à Castres puis à Toulouse. La faute de goût est son premier roman, écrit à Boston en 2009. Avocate pénaliste, elle vit et travaille à Paris.



  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 29 septembre 2011

Sous les dehors d'une attention à la banalité d'un microcosme bourgeois, Caroline Lunoir construit un monde étrange, où de génération en génération une alliance informelle des femmes conserve un ordre. Félix, le général de la Résistance, avait imposé sa loi. Paul, le riche investisseur, laissera les conventions sociales prendre le dessus. Rien ne change  : on se résigne ou, comme la narratrice, on s'en va. Ou on jouit de son entre-soi en attendant la fin. Sur cet incident révélateur de la violence latente des rapports de classes au sein des plus policés des milieux, Caroline Lunoir bâtit avec finesse un premier roman solaire et mélancolique, au charme amer d'une fin d'été.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 14 septembre 2011

Son écriture chaude, gentiment égratigneuse, suit la ligne des corps, sculptés par l'origine sociale et malmenés par les regards en coin.


  • La revue de presse Delphine Peras - L'Express, septembre 2011

Dans La Faute de goût, Caroline Lunoir scrute avec brio l'univers des nantis. Dans une réunion familiale, l'installation d'une piscine va bouleverser un ordre bien établi...
L'expression est galvaudée, mais on ne saurait mieux dire : La Faute de goût est un véritable petit bijou, un texte bref et poli à point, qui évite l'écueil du bavardage propre aux débutants pour aller à l'essentiel. Zéro faute !


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, août 2011

Caroline Lunoir ne rejoue pas la lutte des classes, elle appartient à une génération qui ne se bat pas et baisse la tête sous la réprimande des aînés. Son premier roman est un sombre constat, un court texte lucide qui décrit une jeunesse molle, incapable de se révolter. L'écriture élégante conforte ce sentiment et permet d'affirmer que cette jeune romancière a une voix singulière.


  • Les courts extraits de livres : 30/06/2011

L'ODEUR DE L'ÉTÉ

LE DÉBUT des vacances résonne dans la gare et dans ma tête. J'attends que l'on vienne me chercher, mon sac à mes pieds. Le préau de l'arrivée brûle sous un soleil impassible.
Autour de moi, août s'épanouit sur les visages et sur les corps. La France, hâlée, avenante, en bras de chemise et jambes nues, se retrouve et s'interpelle. La gare de Lyon bondée et transpirante, quelques heures de train avec la peau saisie par la climatisation, des kilomètres de champs de blé avalés au travers des vitres, une petite gare de pierre claire modèle 1900, deux quais, deux auvents grésillant de lumière, et nous voilà tous déliés de notre vie d'avant les congés, projetés dans l'oisiveté. Dans le hall, les bras se tendent, les rires se congratulent, les grands-parents s'agenouillent, les enfants courent ou hésitent, les valises passent de mains en mains et tous repartent en groupe, dans les exclamations.
C'est le seuil des vacances. Comme d'habitude, je suis déroutée, lasse et ravie.
Une voiture s'arrête devant moi et m'apostrophe. Ma tante Brigitte surgit, me tend la joue, s'empare de mon sac et démarre dans un grand courant d'air. Nous échangeons des nouvelles en riant, sans s'écouter. Nous commentons les présences et les absences. La route défile, si familière. Je la guette avec la méfiance de ceux qui ne veulent pas la voir changer.
Mes parents randonnent. Alexandre est retenu par une conférence. Mes soeurs et mes plus proches cousines s'égaillent à la plage, au bout du monde ou devant leur écran. J'ai couru ici. La maison de mon arrière-grand-père rassemble quatre générations et fait le plein la semaine du 15 Août. Voilà des étés que je n'y étais pas revenue.
Un chemin en épingle et les roues crissent sur les graviers qui susurrent leur bienvenue. Les portières bâillent, je saute dans la cour, presque de terre battue. J'arrache mon sac à Brigitte qui résiste bien entendu un peu, et nous entrons dans le parc. Vue des allées, la maison est tout sourire. Elle m'embrasse de ses trois ailes de pierres chaudes. Un magnolia excentrique couve le bassin. Les poissons, bien élevés, accourent dès que l'on se penche. Peut-être savent-ils qu'ils sont un sujet consensuel. Quelques transats. Des tables et des chaises en plastique. L'été en PVC.


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