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Auteur : Pierre de Vilno
Date de saisie : 27/10/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 9782350871721
GENCOD : 9782350871721
Sorti le : 18/08/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Un ami dit de moi que je suis une lesbienne dans le corps d'un homme. Mais j'ai du mal à me faire à cette idée...
2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'amour. Cette invention merveilleuse qui gagne dans toute situation, même, en l'occurrence, lorsque les attirances sexuelles de l'un et de l'autre sont opposées.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"À les regarder comme ça, ils sont comme deux enfants. Comme deux éternels recommencements : deux débuts perpétuels d'une histoire dont la fin approche toujours trop vite."
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Plusieurs. Les premiers accords du Trio de Ravel pour les moments de peine, rue Custine. "You should be dancing" des Bee Gees lors de la soirée. Et sans doute "e penso a te" de Lucio Battisti pour la fin et la planche de générique.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Les entendre lire à haute voix leurs passages préférés : je suis un homme de radio, après tout.
Improbable rencontre. Elvire partage la vie d'une femme, et Jeremy préfère la compagnie des hommes - et pourtant ils sont aimantés l'un par l'autre. Mais la passion les consume et leur liaison est aussi douloureuse qu'une séparation. Écartelés, les deux amants préfèrent s'étourdir dans les bras de conquêtes furtives, privilégiant le plaisir des sens aux tourments de l'amour.
Pierre de Vilno peint une jeunesse libérée, mais néanmoins égarée. Sismographe des émotions, il capte l'humeur du temps, cette impossibilité de l'amour dans une société où tout est possible. Son récit libertin se déguste comme une coupe de Champagne. Les séquences érotiques ajoutent un charme trouble à ce premier roman.
Né en 1974, Pierre de Vilno, d'origine polonaise, est diplômé de l'École normale de musique. Journaliste, il anime sur Europe 1 l'émission hebdomadaire Café culture.
L'amour est-il plus facile à vivre que du temps d'Abélard et Héloïse ou de Roméo et Juliette ? Rien n'est moins certain...
Se plaçant sous le double parrainage de Bret Easton Ellis et de Françoise Sagan, Pierre de Vilno dépeint ces nouveaux dilemmes amoureux à travers une romance au charme pimenté et aux formules piquantes. Après les amants de l'impossible, voici ceux de tous les possibles.
C'est la troisième fois qu'elle sort et qu'elle rentre dans la salle de bains. À chaque fois, elle oublie quelque chose. Du spray dans les cheveux, pour que ça tienne. Un regard dans la glace, pour être sûre Un coup de vaporisateur. Habit Rouge, Guerlain. Quand on lui demande la raison pour laquelle elle porte un parfum d'homme, elle répond volontiers : «Parce que j'en suis un !» Elvire se regarde dans cette glace terne et pleine de calcaire. Elle y jette un oeil vif, et vert. Son autre oeil est dissimulé derrière une mèche rebelle empruntée aux années révolues, celles dont ne parle plus, les années soixante-dix. Elle se regarde. Non, elle manque pas de maquillage. De toute manière, elle n'en met pratiquement jamais. Question de discipline. De survie aussi. De survie d'elle-même. C'est ce qu'elle dit aux autres. Elle se regard et se trouve belle. Comme tous les jours. Rares sont ceux où elle se trouve laide. En fait, si elle réfléchit bien, ça n'est jamais arrivé. Elle se regarde et ne s'en lasse pas. Le temps passe, un peu trop, et le parfum fait son effet. Elle ferme alors les yeux pour mieux sentir. Bois, cuir, vanille. Des effluves de voiture anglaise. Comme celles qui, jadis, conduites par son père, l'emmenaient au collège le matin dans le doux bercement du roulement sur les pavés.
Dans la pièce d'à côté, une jeune fille sans doute à peine majeure se réveille doucement. Elle s'ébroue, nue, dans les draps gris-bleu encore moites de la nuit passée. Elle se tourne lentement vers l'embrasure de la porte. Les paupières rougies, la bouche pâteuse, elle tente d'émettre un son pour dire bonjour, mais n'y arrive pas. L'alcool et les cigarettes de la veille y sont sans doute pour quelque chose. Elle ouvre la bouche et le son ne sort pas. Elle essaye plusieurs fois. À la fin, elle trouve cela comique. Quand elle y parvient enfin, c'est comme si elle avait emprunté la voix du chanteur basse des Platters. Décontenancée, elle rit de plus belle.
«Qu'est-ce qui te fait marrer ?»
Elvire a déboulé dans la chambre à coucher, une chemise d'homme sur le dos. Elle est sourire et tendresse. Elle sent les effluves des premières amours, celles aux fleurs de printemps pas encore fanées. Nerveusement, elle tripatouille des boutons de manchette et visiblement, ce n'est pas gagné.
«Donne», dit Daphné, d'une voix nuageuse.
L'enfant nue s'est assise sur le bord du lit, dévoilant des seins rosés et un pubis presque nu. Elle ajuste les manchettes en disant «voilà», à l'instar d'une championne de Rubik's Cube qui viendrait d'accomplir un exploit. Sa candeur, sa douceur, son innocence entraînent Elvire. Il est tard, elle est en retard. Mais l'entreprise enfantine a pris le dessus sur le timing et sur la fraîcheur de lavande de sa chemise immaculée.
Ce matin-là, il se réveille en sursaut. Jamais ça ne lui arrive : c'est d'autant plus surprenant. Encore sonné, il regarde autour de lui.
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