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Auteur : Louis Bulidon
Préface : Benoît Hopquin
Date de saisie : 04/12/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Thaddée, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-919131-02-0
GENCOD : 9782919131020
Sorti le : 08/06/2011
Si le débat sur l'avenir de l'atome a été relancé à la suite du dramatique accident de Fukushima au Japon, il gagne aussi à être éclairé à l'aune de nos propres échecs. La France, forte de son rang de championne mondiale du nucléaire civil, ne peut en effet prétendre à l'infaillibilité.
1er mai 1962. Le Commissariat à l'énergie atomique, assisté par l'armée française, réalise un essai nucléaire d'une importance capitale, baptisé Béryl. Le tir a lieu dans le plateau semi-désertique du Hoggar, en Algérie, alors que ce pays vient tout juste d'accéder à une indépendance chèrement acquise.L'événement auquel assistent deux ministres, Pierre Messmer et Gaston Palewski, tourne à la catastrophe. Tout est prévu pour que l'explosion soit confinée à l'intérieur de galeries creusées dans la montagne du Tan Affela. Mais un immense nuage noir et radioactif s'en échappe. Il se dirige sur la tribune d'honneur et c'est le sauve-qui-peut.
C'est cette histoire que racontent les auteurs de ce livre. Ils écrivent pour témoigner et parce que le temps est compté, pour tous. En particulier pour des milliers de victimes irradiées qui tentent d'établir face à l'Armée et l'État que leur irradiation a induit des maladies graves.
À leurs tourments physiques s'est ajouté un interminable parcours judiciaire et calvaire moral. Beaucoup n'y ont pas survécu. Le ministère de la Défense devrait prononcer ses premières décisions d'indemnisation début juin 2011...
Louis Bulidon, ingénieur chimiste, est le coordinateur et le principal contributeur de ce livre ainsi qu'un des témoins clés.
Raymond Sené, docteur es sciences physiques, physicien nucléaire, apporte son témoignage et aussi son expertise scientifique.
Pierre Tarbouriech, gendarme, Jean-Jacques Humphrey, photographe, tous deux à proximité immédiate du site de tir, ainsi que Philippe Gilbert, ingénieur de l'École nationale des télécommunications en poste à la base-vie, apportent leurs témoignages.
Benoît Hopquin, grand reporter au Monde, l'auteur de la préface, s'est penché très tôt sur le cas des personnes irradiées lors des essais nucléaires.
En annexes, Jean-Luc Sans, président de l'AVEN (Association des Vétérans des Essais Nucléaires) et Maître Jean-Paul Teissonnière, résument le long combat des victimes.
Jamais la période n'a été aussi propice aux ouvrages traitant du nucléaire. Nombre d'entre eux se présentent comme des argumentaires en faveur ou en défaveur de cette énergie. Pas les Irradiés de Béryl, qui raconte un pan oublié de l'histoire militaire française. Ingénieur chimiste, Louis Bulidon est un personnage connu des amateurs d'économie boursière. Défenseur des petits actionnaires, il s'est distingué dans la sphère médiatique en intervenant systématiquement dans les assemblées générales des grands groupes. Le voilà dans un tout autre rôle, celui de témoin et de passeur. Il raconte, dans un ouvrage modeste, son séjour en Algérie, dans le Hoggar, comme appelé du contingent entre décembre 1961 et juillet 1962. La France utilise alors le désert algérien comme arrière-cour pour mener ses exercices atomiques.
Cinquante ans plus tard, son livre fourmille de détails comme si ses souvenirs s'étaient figés dans sa mémoire. Telle une fourmi, l'auteur y a remis de l'ordre, collecté des témoignages d'anciens camarades, retrouvés pour certains par hasard et grâce à un appel sur Lemonde.fr pour d'autres...
Ce livre est un témoignage, un document même, tant il relève de la précision. Ce n'est pas un réquisitoire pour ou contre le nucléaire. Même s'il peut servir à relancer le débat sur l'avenir de l'atome, quelques mois après la catastrophe de Fukushima au Japon. L'objectif n'est pas non plus pour ces hommes d'obtenir de l'argent. L'auteur et ses acolytes veulent, cinquante ans plus tard, éviter que l'Etat, l'armée et ses institutions chargées des affaires nucléaires, en particulier le CEA, n'aient le dernier mot : il ne se serait rien passé, ou si peu, ce 1er mai 1962. Raymond Sené, physicien nucléaire et également ancien du Sahara, participe aussi à ce livre. Il affirme au contraire que l'armée connaissait les risques qu'elle faisait prendre.
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