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.. Qui veut tuer Rosa Hoffmann ?

Couverture du livre Qui veut tuer Rosa Hoffmann ?

Auteur : Béatrice Shalit

Date de saisie : 19/07/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Julliard, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782260017295

GENCOD : 9782260017295

Sorti le : 05/05/2011

  • Les présentations des éditeurs : 23/08/2011

Rosa Hoffmann, journaliste en crise professionnelle et affective, décide d'inaugurer un courrier du coeur destiné aux hommes. Dès la première chronique, sa vie explose. Une de ses voisines est sauvagement agressée par un psychopathe qui sévit dans le quartier. Rosa se voit soudain contrainte d'héberger les jumeaux de cinq ans de la victime. Pour compléter le tableau, un mystérieux admirateur la menace via le journal. Mais qui peut bien s'acharner ainsi sur elle ? Ses collègues jalouses, ses voisins suspicieux, ses amants éconduits, le policier ambigu chargé de la protéger ? Ou pourquoi pas le psychopathe lui-même ?

À coups de dialogues drôlissimes et avec un irrésistible sens de la dérision, Béatrice Shalit nous livre un polar burlesque au rythme échevelé, attachant et totalement déjanté.

Béatrice Shalit est née à New York. Après des études en France et aux États-Unis, elle devient productrice et scénariste de télévision. Elle a par ailleurs publié une douzaine de romans dont, aux Éditions Bernard Barrault, Le Plus Jeune Frère (1986), Lisa, Lisa (1990), chez Julliard, Famille et autres supplices (2000), Ne m'appelez plus Varsovie (2003) et, chez Léo Scheer, Danse avec ma mère (2009).


  • Les courts extraits de livres : 23/08/2011

Il régnait ce jour-là une atmosphère de liesse tout à fait insolite à Tout sur tout, l'hebdo qui m'emploie. Et, pour une fois, c'était moi qu'on fêtait. J'inaugurais en effet ma nouvelle chronique, «Messieurs, parlez-moi de vous».
Mes patrons, Morscheck (dit Schreck) et Panetti, nous avaient même offert le Champagne tant ils étaient satisfaits de mon projet de courrier psycho-sentimental destiné aux hommes. Ils avaient même exigé que ma photo figure en tête de la chronique. Devant leurs arguments, plutôt flatteurs, j'avais cédé et Emilie, la photographe du journal, m'avait mitraillée. À eux trois, ils en avaient sélectionné une sans me demander mon avis. Et j'eus du mal à concevoir que cette blonde au regard taquin et au sourire conquérant puisse me représenter moi, Rosa Hoffmann.
L'affaire avait pourtant bien mal commencé. Quelques semaines auparavant, j'avais été convoquée dans la salle de conférences, une pièce biscornue aux murs jaunâtres que nous appelions entre nous la salle des tortures.
Schreck, le patron, et Panetti, le directeur de la publication, forment un couple surprenant. Je n'ai jamais vu deux personnes aussi dissemblables l'une de l'autre. Peut-être à cause de cette incongruité, ils s'entendent remarquablement bien. Morscheck, le Juif hongrois à l'accent rocailleux, et Panetti, le Corse à la voix grave et à peine audible.
Morscheck m'avait convoquée dans la salle des tortures. Panetti n'était nulle part dans les parages, ce qui ne signifiait pas grand-chose car je pense que ces deux-là correspondent par une sorte de voie subliminale. Tout en regardant fixement un point au-dessus de ma tête, signe indiscutable qu'il avait quelque chose d'essentiel à formuler, Schreck m'avait assené :
- Rosa, ça ne peut plus durer.
- Quoi donc, Gary ?
Oui, Gary. À nous deux, nous pourrions faire un numéro : Rosa et Gary, la pasionaria et le cow-boy.
- Votre obsession pour la famille, ou surtout pour les bizarreries familiales les plus malsaines. Panetti m'en parlait encore tout à l'heure, depuis cinq semaines, c'est «Comment ne pas haïr son enfant ado», «Rêve d'une matricide en herbe», «Réussir un sevrage à dix-huit ans» et ainsi de suite. Je ne vous parle pas de votre mauvais goût lorsque vous dispensez dix conseils invraisemblables pour surmonter le deuil de sa mère.
- Gary...
- Je sais. Vous abordez la pente savonneuse des presque quarante ans, vous avez vous-même subi la perte d'un être cher...
- Un être très cher mais très haï.
Il leva les yeux au ciel. Schreck détestait ce genre de subtilités psychologiques. Elles menaient selon lui à l'étalage de sentiments d'autant plus obscènes qu'il s'agissait de ceux des autres.


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