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.. Réévaluer l'art moderne et les avant-gardes : hommage à Rainer Rochlitz

Couverture du livre Réévaluer l'art moderne et les avant-gardes : hommage à Rainer Rochlitz

Auteur : Esteban Buch | Denys Riout | Philippe Roussin

Date de saisie : 16/07/2011

Genre : Arts

Editeur : Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris, France

Collection : Enquête, n° 9

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 9782713222771

GENCOD : 9782713222771

Sorti le : 16/01/2011

  • Les présentations des éditeurs : 16/07/2011

L'irruption du postmodernisme a favorisé la critique des avant-gardes artistiques du XXe siècle, des idéologies qui les avaient portées et même des oeuvres qu'elles avaient produites. Ces mises en cause ont occulté autant que révélé un ensemble de questions théoriques et historiographiques. Que signifie la fin des avant-gardes ? De quelle histoire celles-ci relèvent-elles ? Comment évaluer la force durable des oeuvres, indépendamment des discours qui ont accompagné leur création ? Que nous disent-elles de notre modernité ?

Ce livre prolonge l'ultime préoccupation du philosophe Rainer Rochlitz (1946-2002) dans le domaine de l'esthétique : repenser les relations entre l'art, la société et le politique. Réunis initialement au sein d'un séminaire à l'EHESS, les auteurs de ce volume, spécialistes des arts plastiques, de la photographie, de la musique, de la littérature ou de l'esthétique, proposent une réflexion sur les modes d'attribution de sens et de valeur à l'art moderne et aux avant-gardes historiques.


  • Les courts extraits de livres : 16/07/2011

Extrait de l'avant-propos

Ce volume est issu des travaux du séminaire «Réévaluation de l'art moderne et des avant-gardes», qui s'est tenu à l'École des hautes études en sciences sociales entre 2001 et 2003, dans le cadre des activités du Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL). Coordonné par le philosophe Rainer Rochlitz et l'historien de l'art Georges Roque, sa problématique se situait au carrefour d'une réflexion philosophique que le premier menait dans le prolongement de l'école de Francfort et en dialogue avec l'oeuvre de Jürgen Habermas, et d'un questionnement historiographique que le second rencontrait surtout dans ses travaux sur l'abstraction. Ces deux itinéraires ont notamment convergé dans le souhait d'approfondir les enjeux théoriques occultés autant que révélés par ce qu'on a pu appeler la «querelle de l'art contemporain», qui faisait alors rage en France, dans le sillage des débats sur le postmodernisme et la notion de «fin de l'histoire» liée à la chute du mur de Berlin.
Dans cette querelle, c'est surtout la production contemporaine qui échauffait les esprits - des pourfendeurs d'un «n'importe quoi» artistique censé avoir fait son nid au coeur de l'«État culturel», aux critiques d'un postmodernisme exclusivement perçu comme idéologie néolibérale. Mais c'est bien à l'expérience de l'art moderne et des avant-gardes historiques que les uns et les autres étaient obligés de se référer, souvent pour postuler entre les deux, pour des raisons idéologiques, une frontière bien plus tranchée que ce que l'enquête historique permet d'établir. Faisant suite à l'époque des Trente Glorieuses, qui avait encensé les avant-gardes comme paradigme de l'innovation artistique, parfois en se contentant de reproduire leur propre discours justificatif sous forme d'apologie anhistorique, voici que tout à coup se multipliaient les écrits polémiques les peignant en complices actifs du totalitarisme. Dès lors, l'art moderne pouvait être ramené au rang d'avatar d'une culture humaniste ou classique amputée par la même occasion de toute dimension critique. C'est l'insatisfaction ressentie devant ces réductions simplistes, ainsi que l'intuition que quelque chose dans le parcours historique des avant-gardes justifiait encore, malgré tout, une forme d'engagement en leur faveur, qui ont poussé Rochlitz et Roque à organiser ce séminaire, conçu avant tout comme un espace de dialogue.
La mort de Rainer Rochlitz, brutalement survenue en décembre 2002 à l'âge de 56 ans, l'a empêché de mener ce projet jusqu'à son terme. Ce volume, conçu autant comme une contribution scientifique à part entière que comme un hommage au collègue disparu, permettra aux lecteurs familiers de son oeuvre de mieux connaître la dernière étape de son travail dans le domaine de l'esthétique. C'est à cette thématique, et précisément dans le cadre de ce séminaire, qu'il consacra sa toute dernière conférence : «Art moderne et société moderne». Le texte de sa communication, reconstitué à partir du manuscrit (amicalement confié par sa femme Geneviève) et restitué, malgré son inachèvement, à titre de document posthume, ouvre donc cet ouvrage, juste après une introduction qui, en reliant le parcours personnel du philosophe à des questions méthodologiques, s'inspire du souhait de Rochlitz de toujours relancer, à propos de l'art, un «débat inachevable».


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