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Auteur : Claude Mossé
Date de saisie : 15/07/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Alphée-Jean-Paul Bertrand, Monaco, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 9782753805132
GENCOD : 9782753805132
Sorti le : 27/01/2011
Il y a trente ans, en 1981, la France, suivie par tous les pays membres de l'Union européenne, abolissait la peine de mort. Celle-ci demeure, malheureusement, encore appliquée dans de nombreux pays : des dictatures, mais aussi des démocraties.
Depuis des millénaires, l'homme n'a jamais cessé de perfectionner ses machines à tuer. De la crucifixion à la chaise électrique, de la roue à la guillotine et à la lapidation, l'imagination ne lui a jamais fait défaut. Si les machines à tuer ont achevé des criminels, elles ont aussi servi la raison d'État.
En décrivant ces meurtres, dont furent victimes tant d'innocents, Claude Mossé, historien et conteur, nous livre sans excès de langage, accompagnée de quelques exemples illustres et tragiques, l'évolution sinistre des machines à tuer. Sans jamais s'écarter des observations scientifiques.
Qui peut encore croire à la mort immédiate d'un supplicié ? Elle ne survient jamais dans l'instant. Plus horrible encore lorsqu'elle est injustement appliquée...
Les ultimes défenseurs de la peine de mort seront-ils convaincus que répondre à un crime par un autre crime, fût-il d'État, demeure une tache de sang honteuse pour des sociétés s'affirmant civilisées ?
Claude Mossé, historien, grand reporter, conteur du passé et du présent, a toujours milité, dans tous les pays qu'il a parcourus, contre les horreurs de la peine de mort. À plus de 80 ans, son indignation demeure intacte.
Prélude
Cela a commencé par... Cela s'est achevé par... Impossible, dans la longue histoire des machines à tuer et de leurs victimes souvent innocentes, de fixer avec précision quand elles furent utilisées pour la première fois. Dans le monde antique ? Au début de l'ère chrétienne ? Selon toute vraisemblance, dès que l'homo erectus prit conscience qu'il y avait chez les êtres vivants des dominants et des dominés.
Les hommes se décideront-ils, un jour, à abandonner ces effroyables pratiques ?
Depuis des millénaires, l'individu le plus honnête, le plus respecté peut soudainement, pris dans un engrenage infernal, être victime de l'horreur judiciaire. Cela est désespérant, mais pour que cesse cette terrible fatalité, pour que la peine de mort, abolie en Europe, ne demeure pas, au XXIe siècle, une parodie de justice en maints pays de la planète, il faudra tant d'efforts, tant de raison et de volonté chez les gens de pouvoir qu'il est malaisé de ne pas appeler utopie ce qui doit néanmoins rester un espoir. Aussi fou soit-il. Tous les dirigeants pourront-ils s'unir, afin que dans un printemps tardif les fleurs de la sagesse s'épanouissent sur nos terres. En seront-ils un jour capables ? Certains éprouvent tant de délectation à tuer, à ne jamais entendre les cris de souffrance, qu'il est permis d'en douter. Les institutions internationales prennent acte et les ravages des crimes d'État se poursuivent sans que responsables et coupables en aient le sommeil troublé.
Voltaire, après l'affaire Calas, posait déjà la question : «Quand commencerons-nous à pratiquer les vrais principes de l'humanité ?». Plus de deux siècles après la mort du patriarche de Ferney, il demeure impossible d'apporter une réponse. Le goût du pouvoir, la volonté de le conserver feront toujours de gouvernants peu soucieux du bonheur des citoyens des persécuteurs dépourvus de bonne foi, mais assez doués d'intelligence perverse pour, avec la complicité de juges tremblants pour leur carrière, organiser des procès qui envoient à la potence, à la guillotine ou, pire si c'est possible, à la mort par lapidation des innocents contre lesquels, pour ce qu'ils appellent la défense de l'ordre public ils ont élaboré de fausses accusations. De ce genre d'horreurs judiciaires toute raison est exclue. Aucun crime n'a été commis, un homme (ou une femme) est cependant condamné. Sans justification. Sans que le peuple, témoin de l'infâme châtiment, n'ait la possibilité d'intervenir.
(...)
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