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.. Mémoires. Volume 2, Le temps présidentiel

Couverture du livre Mémoires. Volume 2, Le temps présidentiel

Auteur : Jacques Chirac

Date de saisie : 18/07/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : NIL, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 9782841115198

GENCOD : 9782841115198

Sorti le : 10/06/2011

  • Les présentations des éditeurs : 18/07/2011

Dans le second volume de ses Mémoires, Jacques Chirac aborde avec une grande liberté de ton les deux mandats de sa présidence, la plus longue de la Ve République après celle de François Mitterrand.

Il dresse son bilan et explique ce qui a guidé ses grands choix, sans passer sous silence les aspects qui ont suscité des critiques et des commentaires - la dissolution de 1997, le feuilleton des «affaires», l'échec du référendum sur la Constitution européenne -, il rétablit la vérité sur les réformes menées en faveur de la réduction de la «fracture sociale» et de la modernisation du pays.

Il consacre une large part de ce récit aux questions de politique étrangère et à son inlassable engagement pour le respect des cultures et la paix, tant en ex-Yougoslavie qu'en Irak. Restituant ses échanges avec les grands chefs d'État du moment, de Bill Clinton et George W. Bush à Tony Blair, de Boris Eltsine et Vladimir Poutine à Angela Merkel et aux dirigeants chinois, il révèle les dessous, jusqu'ici tenus secrets, d'une action internationale souvent déterminante.

Jacques Chirac évoque également avec beaucoup de sincérité ses relations avec les principaux protagonistes de ses douze années de pouvoir : aussi bien Alain Juppé et Lionel Jospin que Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin.

Il raconte, enfin, l'autre grande aventure de cette période : la création du musée des Arts Premiers, aventure qui reflète, au-delà de sa dimension esthétique, la part la plus authentique d'un président profondément humaniste, épris d'universel.

En conclusion, Jacques Chirac s'adresse à la jeunesse et aux créateurs, tous ceux qui seront les acteurs de la France de demain, et s'appuie sur son expérience hors du commun pour livrer dans un testament politique sa vision d'une «France qui ose».

Jacques Chirac est né le 29 novembre 1932 de parents corréziens. Après Sciences-Po et la Summer school de Harvard, il épouse Bernadette Chodron de Courcel en 1956. Ils auront deux enfants : Laurence et Claude. Libéré de son service militaire en Algérie, il entre à l'ENA en 1957, dont il sort dixième en 1959. La même année, il est nommé auditeur à la Cour des Comptes. En 1967, Georges Pompidou l'envoie en Corrèze arracher la circonscription d'Ussel à l'opposition lors élections législatives. Moins d'un mois plus tard, Jacques Chirac entame, dans le troisième gouvernement Pompidou, une carrière ministérielle qui durera jusqu'en 1974. De 1971 à 1974, il est nommé ministre dans différents cabinets, avant d'être le Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing entre 1974 et 1976. Après avoir été élu conseiller municipal, conseiller général et président du Conseil général en Corrèze, Jacques Chirac se retrouve à la tête de la mairie de Paris de 1977 à 1995. Également fondateur du RPR (Rassemblement pour la République) en 1976, il en sera président jusqu'en 1994. Élu président de la République en 1995 et réélu pour cinq ans en 2002, Jacques Chirac siège aujourd'hui au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit depuis la fin de son second mandat de chef de l'État.


  • Les courts extraits de livres : 18/07/2011

CHEF DE L'ÉTAT

Le lendemain de mon élection, j'assiste en compagnie de François Mitterrand, sur les Champs-Élysées, aux cérémonies du cinquantième anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. Nous sommes assis côte à côte dans la tribune présidentielle, bavardant de manière amicale et détendue. Sans déroger à sa réserve habituelle, le chef de l'État manifeste à mon égard une cordialité qui n'a rien de feint ni d'ostentatoire. En dépit du soutien officiel qu'il a apporté au candidat socialiste, il ne paraît pas mécontent, en réalité, que les Français aient fait un choix différent de celui qu'il préconisait. Tout me laisse même à penser qu'il préférait secrètement avoir pour successeur un homme extérieur à sa famille politique, dont il n'aurait à subir ni querelle d'héritage ni «devoir d'inventaire». Sans doute y voyait-il le gage d'une passation de pouvoir plus apaisée...
J'ai été l'adversaire de François Mitterrand avant de devenir son Premier ministre. Aujourd'hui me voici en charge de sa succession. Quels qu'aient été nos désaccords antérieurs, j'ai conscience du lien particulier qui nous unit désormais et qui dépasse nos seuls rapports personnels, si bons soient-ils. Ce lien se fonde avant tout sur la mission primordiale, qui nous a été confiée par le peuple français, d'assumer l'un après l'autre le destin de la nation, de préserver sa cohésion, sa place dans l'Histoire et son rayonnement dans le monde. Toute présidence nouvelle est porteuse d'un espoir et d'une légitime volonté de changement. Mais son devoir est aussi de veiller à la sauvegarde d'une nécessaire continuité, d'assurer la permanence des valeurs, des principes et des traditions qui ont forgé l'identité de notre peuple et restent les meilleurs garants de son unité. C'est ce qui confère a la fonction présidentielle, telle que l'a conçue et incarnée le général de Gaulle, son caractère sacré et inaliénable.
On n'accède pas à la magistrature suprême sans une volonté tenace, constante d'y parvenir, ni l'intime conviction, chevillée au corps, du destin qui nous y conduit. L'une et l'autre m'ont été très utiles au cours des dernières années pour ne jamais renoncer à une ambition que beaucoup jugeaient irréalisable. Pour tout dire, je n'ai douté à aucun moment que, après deux échecs successifs, cette troisième tentative serait couronnée de succès. D'abord parce que j'avais tiré les leçons de mes échecs précédents, en m'affranchissant peu à peu d'une appartenance trop partisane qui limitait ma relation avec les Français et m'empêchait de mieux percevoir la réalité concrète des problèmes qu'ils devaient affronter. Ensuite parce que l'expérience d'une traversée du désert dont j'avais moi-même pris le risque en laissant à un concurrent inattendu la responsabilité du gouvernement s'est révélée une épreuve bénéfique et même salutaire. Je lui dois en grande partie d'avoir acquis la distance et le recul nécessaires à l'exercice du pouvoir présidentiel, tel que d'autres l'ont pratiqué avant moi.
J'ai beaucoup appris à ce sujet de la plupart de mes prédécesseurs. En premier lieu, bien sûr, du général de Gaulle, au cours des trop brèves années où j'ai eu l'honneur d'être dans son gouvernement. Habité par sa fonction au point de se confondre avec elle, le Général personnifiait l'État dans ce qu'il a de plus fort, de plus élevé et de plus exigeant. «Il n'y a de France que grâce à l'État», rappelait-il peu après son retour au pouvoir, lui qui savait tout ce que la dégradation de ses institutions avait coûté à la France de défaites, de souffrances et d'humiliations. L'État était une véritable mystique pour de Gaulle et il le servait comme tel. Si son modèle reste écrasant et naturellement inimitable, j'ai toujours jugé essentiel de m'y référer et de m'en inspirer.


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