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.. Controverses : université, science et progrès

Couverture du livre Controverses : université, science et progrès

Auteur : Axel Khan | Valérie Pécresse

Préface : Michel Alberganti

Date de saisie : 18/07/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : NIL, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782841115471

GENCOD : 9782841115471

Sorti le : 05/05/2011

  • Les présentations des éditeurs : 18/07/2011

Un débat droite-gauche, à un an de la présidentielle, sur l'université, la croissance, la recherche. Et donc l'avenir de la France.

Tout semble les séparer : formation, parcours, famille politique, expérience professionnelle, plus de vingt ans d'âge... L'une est ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur d'un gouvernement de droite ; l'autre, de gauche, est président de l'université Paris-Descartes. Pourtant, Valérie Pécresse et Axel Kahn ont au moins un point commun : leur passion pour l'université. Et la conviction que l'éducation et la recherche sont les clés majeures pour l'avenir de la France et de sa jeunesse.

Avec la loi sur l'autonomie des universités, la première s'est engagée dans une réforme à haut risque, qui s'est finalement imposée. Quant au second, s'il en approuve la philosophie, il conteste certains aspects et méthodes de cette réforme.
C'est donc à un dialogue souvent vif que nous invite Controverses, ouvrage sans tabou qui aborde plusieurs sujets de fond : niveau des diplômes, classement international des universités françaises et leurs relations avec les entreprises, qualité de la recherche, formation à l'emploi, révoltes au sein de l'université, fuite des cerveaux...

Ces deux responsables interrogent aussi la notion de progrès, aujourd'hui attaquée. Quels moyens (humains, financiers...) faut-il mettre en oeuvre pour une «société de la connaissance» ? Si Valérie Pécresse fait le pari du changement et de l'innovation, Axel Kahn plaide aussi pour qu'on n'oublie jamais l'humanisme.

Un grand livre politique et éthique.

Valérie Pécresse est ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche depuis 2007."Elle est l'auteur de Être une femme politique... c'est pas si facile !, L'Archipel, 2007, et de Et si on parlait de vous ?, L'Archipel, 2010.

Axel Kahn, généticien, est président de l'université Paris-Descartes. Il a publié de très nombreux ouvrages, dont des best-sellers comme Raisonnable et humain, Nil éditions, 2004, ou Un type bien ne fait pas ça... - Morale, éthique et itinéraire personnel, Nil éditions, 2010.

Propos recueillis par Michel Alberganti, journaliste à France Culture et auteur de Sous l'oeil des puces - La RFID et la démocratie, Actes Sud, 2007.


  • Les courts extraits de livres : 18/07/2011

Introduction de Michel Alberganti

De prime abord, tout les sépare : leur formation, leur parcours, leur famille politique, leur expérience professionnelle, leurs fonctions actuelles et plus de vingt ans d'âge... Pourtant, tout deux ont au moins un point commun : leur passion pour l'université. En tant que ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse s'est attelée à une réforme à haut risque qu'elle entend mener à son terme malgré vents et marées. En tant que président de l'université Paris-Descartes, Axel Kahn se place à la pointe de la mise en oeuvre de cette réforme qu'il approuve dans sa philosophie tout en contestant certains aspects et certaines méthodes.
Dans ce contexte, établir un dialogue direct entre Valérie Pécresse et Axel Kahn aurait pu apparaître comme une gageure. Le risque existait d'une parole contrainte par les responsabilités de chacun. Elle s'est pourtant libérée progressivement. Et les propos, parfois vifs, toujours vigilants et attentifs, se sont centrés sur le coeur du sujet : l'université.
Pour de nombreux lecteurs, le contenu de ce livre constituera une véritable découverte. Même pour ceux qui sont «passés par là», l'université fait figure de lieu mystérieux. On y entre souvent faute de mieux. Et on n'en sort pas toujours avec un emploi. Au fil des dernières décennies, l'université a pu donner parfois l'image d'un navire qui a perdu son cap. Sa mission initiale, former les enseignants dont la nation a besoin, s'est peu à peu fissurée sous la pression de la massification des étudiants. Tous ceux qui entrent à l'université après l'obtention du bac ne seront pas professeurs. Loin s'en faut. Alors que deviendront-ils, même s'ils parviennent à décrocher un mastère, voire un doctorat ?
La réponse à cette question essentielle était devenue de plus en plus délicate. Trop de diplômés ne trouvaient plus un emploi à la hauteur de leur niveau d'études. La machine universitaire tournait de plus en plus à vide et générait de plus en plus de déceptions. Ses locaux se dégradaient au fil des ans. Sa recherche n'était plus reconnue. Son prestige, en un mot, devenait un souvenir. Bien que contestés, les classements internationaux ont servi d'électrochoc. Inefficace sur le plan national, l'université française n'avait plus les moyens d'attirer les étudiants et les chercheurs étrangers. Plus qu'une simple réforme, il fallait une rupture, une mise à jour du logiciel universitaire.
La réforme de Valérie Pécresse n'a pas d'autres objectifs. Les solutions qu'elle propose mettent en avant l'autonomie, la professionnalisation et la recherche. Ces quelques mots bousculent les habitudes, reconfigurent la carte des universités et questionnent l'organisation de la recherche. Bien entendu, les chances d'aboutir à un résultat positif n'existent pas sans les moyens financiers nécessaires. Valérie Pécresse le sait et Axel Kahn veille.
Président d'université d'avant-garde en matière d'application de l'autonomie, il est d'autant plus attentif aux dérives possibles d'une politique délibérément orientée vers la revalorisation individuelle du travail des chercheurs. Il souligne, par exemple, les risques d'une personnalisation trop forte de récompenses qui concernent très souvent un travail d'équipe.
Au cours de ce dialogue, Axel Kahn fait souvent référence à la formation commerciale de Valérie Pécresse, diplômée d'HEC. Pour la ministre, la gestion n'est pas l'ennemie de l'université mais son alliée, garante des moyens financiers dont elle a tant besoin après des décennies de vache maigre. Les échanges de ces deux fortes personnalités reflètent aussi leurs différences culturelles. Les raisons de rupture ne manquent pas. Mais il est remarquable de constater qu'une volonté commune se dégage. Assez forte pour dépasser les clivages et tenter, pour chacun, de tirer le meilleur profit de l'expérience de l'autre. Sans renier, à aucun moment, ses intimes convictions.
L'une est de droite. L'autre de gauche. L'un est un pur universitaire. L'autre est diplômée de grandes écoles. L'une est ministre. L'autre président d'université. Au fil des heures de leur rencontre émerge leur volonté commune d'aboutir, de relever un défi de taille : faire renaître l'université afin qu'elle soit en mesure de jouer un rôle essentiel dans la société du XXIe siècle. Le siècle de la connaissance.


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