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Auteur : Jean Fleury
Date de saisie : 20/07/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Jean Picollec, Paris, France
Prix : 19.80 € / 129.88 F
ISBN : 9782864772491
GENCOD : 9782864772491
Sorti le : 04/04/2011
La situation en Afghanistan est grave. L'insécurité y règne avec le retour des taliban, le modèle démocratique américain imposé apporte fraudes et querelles, la prévarication s'est généralisée et les champs d'opium s'y sont multipliés, générant un essor du trafic de drogues. Enfin, le président Karzaï est de plus en plus contesté par les opinions publiques occidentales tandis que les subventions accordées par de nombreux pays n'atteignent pas leurs destinataires prévus.
Les remèdes proposés sont nombreux et contradictoires, de la négociation immédiate avec les taliban au rejet de tout contact avec les terroristes, du renforcement des moyens militaires de l'OTAN au départ rapide des troupes en place, du soutien aux institutions présentes au renversement des autorités actuelles, du rejet de certaines aides extérieures au contrôle renforcé de celles-ci.
Peu d'approches globales ont été effectuées pour mettre fin à cette cacophonie. Tel est le but de cet ouvrage qui prend en compte la culture et les traditions afghanes, les stratégies militaires possibles, les problèmes économiques à résoudre et les intérêts des nombreux intervenants extérieurs. De l'analyse ainsi effectuée, l'auteur trace la seule ligne d'action qui lui paraît adaptée à un problème dont les répercussions sur le monde entier ne sont pas à sous-estimer et où se heurtent les intérêts russes ou iraniens, où les objectifs des Séoudiens ne sont pas ceux des Pakistanais ni ceux des Occidentaux. Et où l'islam le plus radical joue son rôle pour miner et conquérir le monde. Voici l'enjeu de ce livre !
Le général d'armée aérienne (CR) Jean Fleury, est un de nos experts militaires : il a été le conseiller de François Mitterrand à l'Élysée, chef d'état-major de l'armée de l'air pendant la première guerre du Golfe et le consultant de France Info pendant lu deuxième guerre. Il est l'auteur d'un dossier intitulé Guerres du Golfe, espoir ou chaos (Jean Picollec, 2009).
L'Afghanistan
«Le troisième jour, Dieu créa la terre»
La Genèse
Lorsque Dieu eut fini la construction du monde, il lui restait un certain nombre de morceaux disparates. Alors il les a jetés sur la terre et ce fut l'Afghanistan. Telle est la légende locale par laquelle les Afghans décrivent leur pays. On ne saurait mieux symboliser la région en quelques mots, tant au plan géographique qu'au plan ethnique, voire religieux.
Le relief de l'Asie centrale est marqué par la chaîne de l'Himalaya qui s'étend en arc de cercle au nord de l'Inde. A l'ouest, le massif se poursuit par le Pamir puis par l'Hindou-Kouch. Ce dernier relief, culminant à 7 690 mètres au nord du Pakistan, domine l'Afghanistan. Il se prolonge par une gigantesque arête partageant de fait la contrée en deux régions. Par le travers de Kaboul, il s'élargit, à la manière des doigts d'une main, laissant de nombreuses rivières rejoindre au nord l'Amou Daria ou la mer Caspienne, au sud-est l'Indus, au sud et à l'ouest les sables du lac Sabari le long de la frontière iranienne.
La majeure partie du pays est ainsi à plus de 1 000 mètres d'altitude et la capitale Kaboul est à 1 800 mètres, soit l'équivalent de la station de sports d'hiver de Val d'Isère. Cela lui vaut d'être sous la neige du début à la fin de l'hiver. Du fait du relief montagneux, la contrée est morcelée en vallées étroites souvent difficiles d'accès, en particulier lors de la saison froide. Seules deux zones périphériques sont moins élevées : à l'ouest celle d'Hérat et au sud le désert d'Helmand. Celui-ci est traversé par la rivière qui porte le même nom et qui rompt la monotonie d'un paysage ocre par un ruban de végétation.
La formidable barrière qui part de l'Hindou-Kouch pour se terminer en Chine au-dessus du bassin du Yang-Tsé-Kiang interdit les communications entre le nord et le sud de l'Asie. Les parties les plus basses de l'Afghanistan ont toujours été un lieu de passage pour relier la Russie à l'Inde ou l'Europe à la Chine. Les caravanes des temps anciens passaient ainsi par Hérat à l'ouest ou Kandahar au sud.
Le climat est continental, froid l'hiver et chaud l'été. Les pluies sont peu abondantes : à peine un peu plus de trente centimètres par an à Kaboul. Les terres arables sont rares et l'agriculture se pratique essentiellement dans les vallées et dans les quelques rares plaines. Depuis des millénaires, les paysans captent l'eau des rivières descendant des montagnes et tout un système d'irrigation a été créé avec des canaux souterrains, les kharez. Le blé est la culture principale, mais dans les zones les plus chaudes, comme à Kandahar, les vergers produisent des pommes, des prunes, des figues ou des olives. Dans les parties les moins propices aux cultures, les paysans élèvent des moutons pour le lait et la laine. La production de pavot, d'où sont tirés opium et héroïne, est récemment devenue importante.
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