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Pour la 14e année consécutive, Les Voix de la Méditerranée instaurent à Lodève, le temps d'un festival, un pays de poésie. Depuis 1998, le festival habite la -ville, incarne son identité, sa mixité, crée du lien et offre un moment fraternel.
Unique en son genre, cet événement a pour ambition de donner à entendre, au plus large public, les mots des poètes méditerranéens contemporains, et d'inventer des formes de rencontres inédites entre poètes, artistes et public. Avec cette année plus de 70 poètes de tous les pays du bassin méditerranéen, la poésie investit à nouveau les rues, les places, les cours et les jardins, se mêle aux conversations ou les interrompt.
J'ai écrit mon identité à la face du vent
et j'ai oublié d'écrire mon nom.
ADONIS
Tu accordais questions et réponses.
Tu transformais l'éternité et ses instants.
Tu rêvais sans chimère ni utopie.
FERNANDO ARRABAL
Cette anthologie, qui réunit les textes des poètes invités, permet à chacun de prolonger ce moment, de porter la parole des poètes encore un peu plus loin et un peu plus longtemps.
Les courts extraits de livres : 22/07/2011
Extrait de la préface de Marc Delouze, conseiller littéraire, printemps 2011
Méditerranée d'amour et de fureur
La «poésie» peut être un filtre, un tamis serré tendu entre la réalité et nos sens, ou encore un «supplément d'âme» que les sociétés tolèrent d'un oeil un brin condescendant ; elle peut être le témoignage d'un monde de «Tailleurs» dans lequel des poètes agitent pathétiquement les flambeaux éteints de leurs poèmes inaudibles. Ainsi, certaines anthologies ressemblent à des cimetières où pérorent des ombres imbues de leurs propres inanités muettes.
En revanche, la poésie - sans guillemets cette fois - peut être un déchireur d'illusions, un acte d'amour envers le réel, quand elle use de la langue comme d'un acide, sans pour autant brûler l'imaginaire.
Dans un va-et-vient du regard traversé/traversant, la poésie agite alors ce qui l'agite, ce qui nous agite tous : le violent et le doux, le saturé et l'esquissé, le caressé et le griffé, l'obscur et l'éblouissant, le visible et le deviné, non pour céder au facile jonglage des oxymores, mais en jetant mots et images comme des bornes dans le champ d'une parole en jachère, ou comme des balises dans une langue aussi démontée que la Méditerranée quand elle est en colère.