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_ 1Q84. Volume 1, Avril-juin

Couverture du livre 1Q84. Volume 1, Avril-juin

Auteur : Haruki Murakami

Traducteur : Hélène Morita

Date de saisie : 07/01/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-7144-4707-4

GENCOD : 9782714447074

Sorti le : 25/08/2011

1Q84, un roman fascinant dans lequel deux mondes se superposent et s'imbriquent fluidement. Murakami met peu à peu en place les pièces d'un puzzle autour de deux personnages esseulés, Tengo, brillant mathématicien, nègre écrivain et Aomamé, jeune justicière au pic à glace. Un roman gigogne dans lequel la réalité est Une mais énigmatique. Le passé enfoui dans le présent corporel toujours en quête. L'auteur aborde la violence du siècle, une secte et son gourou violeur de petites filles, les religions et les solitudes rompues dans le sexe. Construit comme un thriller onirique, 1Q84 et ses deux lunes nous plonge aussi subtilement, dans la réflexion d'écriture, d'un roman dans le roman.
Foisonnant et hypnotique.


Le succès phénoménal que ce livre-monstre rencontre au Japon - et rencontrera en France, nul besoin d'être prophète pour le prédire - tient en grande partie à son côté gigogne, au nombre de livres emboîtés dans le livre. C'est une hydre littéraire, et de toutes ses têtes une forcément nous ressemble et nous trouble. Murakami, c'est là son charme - au sens magique -, est un conteur aguerri qui maîtrise parfaitement les ficelles de la narration, les références d'une vaste culture, et qui joue des genres littéraires, de leur subversion, avec talent et, me semble-t-il, une pointe d'amusement. De là à lui reprocher de pallier un manque d'invention par de la virtuosité, comme on a pu le lire, il y a un pas dont je me garderai, tant son imagination est bondissante.
Les destinées des deux héros, Aomamé la justicière criminelle et Tengo l'écrivain de l'ombre, liées par une fugace rencontre à l'âge de 10 ans, n'en finissent pas de se rapprocher, tendues vers un infini où, dit-on, les parallèles se rencontrent, quelque part dans le monde de l'année 1984 ou dans celui de 1Q84, son double temporel. Est-il besoin de dire qu'en brassant, entre autres, les thèmes du viol, des sectes, de la soumission, de la violence - et n'oublions pas : de la littérature, c'est un roman au titre envoûtant, La Chrysalide de l'air, qui est le fil rouge de 1Q84 -, ce n'est pas d'un monde bientôt vieux de 30 ans dont Murakami nous parle, mais bien du nôtre (peut-être lui aussi intemporel ?), et de nous qui y vivons, de nos faiblesses, de nos fidélités, de ce qui nous fait exister.
Si l'on reconnaît un bon roman à ce que toute lecture après lui est un peu décevante, 1Q84 en est assurément un très bon.


  • Les présentations des éditeurs : 28/08/2011

D'interrogation en rebondissement, de flash-back en hésitation morale, d'épisode sexuel en scène de violence, histoire des aventures et des amours d'Aomamé et de Tengo vécues d'avril à septembre 1984. A moins qu'il ne s'agisse de l'année 1Q84 dans un Japon parallèle ? Ou bien les deux à la fois ?

Né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, Haruki Murakami a étudié le théâtre et le cinéma à l'université Waseda, avant d'ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974. Son premier roman Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat. Suivront La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l'impossible, Danse, Danse, Danse et L'éléphant s'évapore (Seuil, 1990, 92, 94, 95 et 98). Exilé en Grèce en 1988, en Italie, puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l'oiseau à ressort (Seuil, 2001) et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil (Belfond, 2002 ; 10/18, 2003), il rentre au Japon en 1995, écrit deux livres de non-fiction sur le séisme de Kobe et l'attentat de la secte Aum, un recueil de nouvelles, Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du spoutnik (Belfond, 2003 ; 10/18, 2004) et le superbe Kafka sur le rivage (Belfond, 2006). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu récemment le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006.



  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, septembre 2011

Les deux premiers tomes de la trilogie 1Q84 viennent d'être traduits en français. A l'aune d'un monde étrange, Haruki Murakami nous plonge dans la société japonaise contemporaine. Vertigineux...
Qui d'autre qu'un prosateur de son envergure pouvait faire évoluer sans se perdre des fantômes vivants, des poissons qui tombent du ciel, des prostituées citant Henri Bergson et des chats capables de comprendre notre langue ?...
Aux commandes de cette mécanique narrative parfaitement rodée dont il faudra attendre mars prochain pour se jeter sur la troisième partie, Haruki Murakami se penche plus que jamais sur l'émotion et la sensation. Lui qui a déjà écrit sur le séisme de Kobe et l'attentat de la secte Aum continue d'explorer l'âme humaine, la faiblesse et la folie des hommes.


  • La revue de presse Thomas Mahler - Le Point du 25 août 2011

l y a eu, ces dernières années, deux tsunamis au Japon. Celui, naturel et dévastateur, de mars dernier. L'autre, humain et créatif, qui a submergé l'ensemble de l'archipel en 2009 sous le nom de 1Q84. Un roman. Ou plutôt une trilogie, monumentale, de plus de 1 500 pages. Écoulée à quatre millions d'exemplaires, elle a confirmé Haruki Murakami, écrivain vénéré et extrêmement rare dans les médias, donné chaque année comme le prochain Prix Nobel de littérature, au rang de prophète en son pays...
"Magnum opus", comme l'a qualifié la presse nipponne, l'ensorcelant 1Q84 frappe par l'amplitude avec laquelle il aborde l'histoire du Japon de l'après-guerre, du retour des colons de Mandchourie à la perte de repères contemporaine. Hanté par la secte Aum (créée en 1984...), auteur de deux essais sur l'attentat au gaz sarin, l'écrivain en offre aujourd'hui un écho fictionnel à travers une communauté d'anciens révolutionnaires qui sombrent dans le fanatisme et la violence.


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 1er septembre 2011

Les deux premiers tomes de 1Q84 sont aujourd'hui publiés en France. Le troisième et dernier le sera en mars 2012. Comme souvent chez Murakami, on a l'impression qu'on pourrait en lire un quatrième, un cinquième, que la lecture, cette promenade dans un jardin aux sentiers qui bifurquent, pourrait et devrait ne pas finir - accueillant d'autres situations, d'autres personnages, d'autres livres, d'autres airs de musique. Dans un cadre toujours très construit, Murakami musarde et imagine sans fin, comme un herboriste remplit son herbier avec tout ce qu'il ramasse en chemin. Il transforme ses lecteurs en adolescents fugueurs, en orphelins à initier, comme ce garçon de 15 ans qui, dans Kafka sur le rivage, passe ses journées dans une bibliothèque insulaire à lire les Mille et Une Nuits, s'évanouit sans savoir pourquoi et s'éveille dans un temple couvert de sang - comme on s'éveille après un rêve, couvert de sueur. Un écrivain est un exorciste en série.


  • La revue de presse Jeanne de Ménibus - Le Journal du Dimanche du 21 août 2011

Dans une langue limpide, Murakami introduit subtilement les discordances d'où émergera la dimension de 1Q84. L'auteur de Kafka sur le rivage excelle dans l'art d'instaurer une atmosphère étrange et captivante. Il suspend le temps, transcende les genres. Son univers n'est pas sans rappeler les films de Quentin Tarantino ou la bande dessinée futuriste. On y retrouve aussi ses leitmotive : la religion et ses dérives, le sexe, exutoire à la violence, et, avec une candeur qui contrarie son pessimisme naturel, l'amour comme rempart à la solitude et à la fatalité. Les "tremblements de coeur" ici mis en scène sont le pendant lumineux de ceux qui secouent sa terre. Un être qui accomplit des actes abominables peut-il avoir l'âme pure ? Lire Haruki Murakami est le meilleur remède au manichéisme.


  • La revue de presse André Clavel - L'Express, août 2011

Le grand maître japonais de l'illusion est de retour avec un roman hypnotique qui brasse toutes les inquiétudes de notre temps. Virtuose !...
Une prose légère comme une ombrelle, des musiques évanescentes, des secrets cachés derrière d'autres secrets, l'auteur de La Ballade de l'impossible est un fabuleux illusionniste, un braconnier de l'invisible dont l'oeuvre ne cesse de distiller un sentiment fugace, obsédant, que les Japonais décrivent en trois mots - mono no aware, la poignante mélancolie des choses...
Résultat : un roman hypnotique où se mêlent le possible et l'impossible, où rôdent toutes les inquiétudes de notre temps, où le merveilleux libère le réel de ses entraves, "parce qu'il n'y a aucune logique dans ce monde". Et où Murakami, l'ange du bizarre, renoue avec sa virtuosité. En attendant le troisième volet de cette trilogie, qui sera traduit en mars 2012.


  • La revue de presse Françoise Dargent - Le Figaro du 25 août 2011

L'auteur glisse du réel au fantastique dans une histoire au parfum de mystère. L'ouvrage a reçu un accueil triomphal au Japon...
Murakami s'appuie sur quelques constantes solides que sont une simplicité apparente et une justesse sans faille dans l'art de saisir une atmosphère ou de brosser un portrait. Volontiers partageur, il n'hésite pas à multiplier les références, les écrivains russes, quelques accords de jazz, une symphonie récurrente qui se glissent tout naturellement dans un monde à deux lunes. Tengo et Aomamé incarnent une génération désenchantée, prête au renoncement, l'un dans l'effacement, l'autre dans la violence. Et s'il ne reste qu'une issue chez Murakami, elle reste l'amour, qui relie les deux héros depuis leurs dix ans.


  • La revue de presse Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 25 août 2011

Alors, 1984 ? Ou 1Q84 ? Le Q de la question (en japonais, la lettre «q» se prononce comme le chiffre «9»). Existe-t-il d'autres univers que le nôtre ? Et quel passage Tengo et Aomamé vont-ils devoir emprunter pour finalement se retrouver ? Fabuleusement astucieux, fascinant à tous égards, le livre laisse planer le doute sur des vérités qui, sous le rapport de l'unicité de l'espace et du temps, étaient jusqu'alors données comme acquises. Il tire surtout sa force de ce que les deux mondes qu'il décrit se ressemblent trait pour trait, sauf pour les deux lunes qui brillent comme un point d'interrogation sur la réalité de substitution.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 18 août 2011

Tornade - en japonais "Senpû" - résume bien le fabuleux destin de 1Q84. Parue à partir de 2009 et inspirée par une double actualité japonaise - le séisme de Kobe et l'attentat au gaz sarin commis en 1995 par la secte Aum -, cette trilogie s'est vendue à la vitesse de l'éclair : plus de 1 million d'exemplaires envolés en un mois pour le premier tome. Aujourd'hui, 1Q84 totalise, selon son éditeur Shinchosha, 3,7 millions de ventes au Japon (et 39 réimpressions)...
Mais l'étonnante trajectoire de 1Q84 est aussi liée à sa forme, elle-même indissociable de l'histoire de l'auteur. Etudiant, Murakami se passionnait pour le cinéma des Etats-Unis. De proche en proche, il a découvert leur musique et tenu une boîte de jazz. Puis il s'est plongé dans la littérature. Vonnegut, Brautigan, Carver sont devenus ses maîtres. Après avoir enseigné dans diverses universités américaines, il s'est mis à traduire (Fitzgerald, Salinger...) et s'est lancé dans l'écriture. "Quand je l'ai lu pour la première fois, j'ai cru qu'il s'agissait d'un auteur américain traduit en japonais, se rappelle Hélène Morita, traductrice de 1Q84. Cette écriture moderne tranchait tellement sur celle des générations précédentes..." Carver au pays de Kawabata ? Au Japon, en tout cas, cet effet d'étrangeté a fait mouche. Kafka sur le rivage et surtout La Ballade de l'impossible ont atteint des audiences record. 1Q84, au fond, ne fait qu'amplifier ce phénomène.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 17 août 2011

Murakami sonde le mystère des êtres dans un récit onirique et fiévreux se référant à Orwell...
Toujours sensible aux manifestations organiques de la souffrance, toujours intrigué par la signification tangible des apparences, il écrit sur les visages. Longtemps ses romans sondèrent les mystères de l'oreille humaine, organe aux circonvolutions foetales révélatrices des tourments intimes. Le voilà qui passe le doigt sur les lèvres closes, sur les sourires incapables de naître, sur les yeux vides, comme des «vitres dépolies». Tour à tour meurtris, souillés, entretenus, anesthésiés, les corps esquivent les pensées. Tout l'art de Murakami consiste à réconcilier ces deux parties atomisées. Pour que la solitude devienne liberté d'action, et que la soumission soit remplacée par le partage.


  • La revue de presse Françoise Dargent - Le Figaro du 17 août 2011

Dans ce roman qui se lit très facilement, l'écrivain contemporain japonais le plus médiatisé brasse une somme de sujets avec une virtuosité nonchalante, soit les dérives sectaires et religieuses, les violences faites aux femmes, le machisme de la société et des épisodes mal di­gérés de l'histoire japonaise contemporaine.


  • La revue de presse - Lire, juillet 2011

Né en 1949 à Kyoto, Murakami imagine une surprenante odyssée initiatique qui se joue des espaces et des temps et qui se déploie en deux tomes où sont réunis ses thèmes de prédilection : la religion et la violence, l'Histoire, le sexe et l'amour pur, mais aussi l'écriture et la solitude.


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