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.. C'était pas ma faute

Couverture du livre C'était pas ma faute

Auteur : Kristof Magnusson

Traducteur : Gaëlle Guichenet

Date de saisie : 14/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque allemande

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 9782864248408

GENCOD : 9782864248408

Sorti le : 01/09/2011

Dans les livres, la littérature peut prendre le pas sur la vraie vie...
C'est l'histoire de trois personnes qui n'ont de prime abord aucun point en commun. Jasper, allemand d'origine est devenu trader dans une grande banque d'investissements à Chicago. Néanmoins, il se prend encore et toujours pour «le noyau sur lequel personne n'a envie de tomber quand il mange un clafoutis aux cerises». Henry LaMarck est auteur de best-sellers à l'eau de rose promu à un second prix Pulitzer pour son prochain roman - ce qui signifie pour lui sa mort littéraire... Mais, il vit actuellement l'angoisse de la page blanche alors qu'il a promis devant des millions de téléspectateurs et en présence d'Elton John, la saga du siècle. Et enfin Meike, ex traductrice de «pornos pour ménagères» désormais traductrice attitrée de Henry, a quitté mari et amis pour un «climat vivifiant» en attendant le dit Manuscrit. Tout le monde lui reproche de n'être qu'une «dingue de littérature» qui doit apprendre à couper du bois si elle veut chauffer sa ruine de maison. Trois destin s qui grâce - ou à cause - de l'effet papillon vont se croiser quelque fois, se louper souvent et enfin se réunir pour toujours.
Avec ce deuxième roman, Kristoff Magnusson s'éloigne de la mythologie islandaise pour se plonger dans la réalité des mondes financier et éditorial. Sous sa plume, les petits aléas de la vie quotidienne, deviennent des gros tracas devant lesquels ses personnages ne rebutent jamais. Car ce qui fait la force de ces derniers c'est leur altruisme. Certes, ils ont leurs défauts, Jasper le maquignon financier, Meike l'ingénue marginale et Henry le parangon de la célébrité américaine ; mais, grâce à l'écriture rythmée et vive de Magnusson on ressent les choses, on les vit à leur place et on les comprend. Henry LaMarck va retrouver l'inspiration en tombant amoureux d'une photo de Jasper, Jasper va se sauver d'un «colossal problème économique» en devenant le faux conseiller financier de Henry et Meike - ah ! Meike. Elle sortira de sa solitude en sauvant les deux autres, grâce à l'amour qu'elle porte aux livres qu'elle traduit. Finalement l'histoire est irrésumable tellement les quiproquos, les bévues, les déclarations incongrues s'enchaînent et se répondent. Avec ce deuxième roman, Kristoff Magnusson offre un livre magistral, à la fois complexe et fluide où les personnages sont attachants et la littérature omniprésente. En définitive, C'était pas ma faute est une histoire qui ne nous arrivera sans doute jamais, mais qu'on dévore d'une traite !


L'auteur a su nous entraîner dans l'univers obscur de la finance, grâce à un vocabulaire simple et des comparaisons explicites.
Le ballet des trois personnages, oscillant entre quiproquos, mensonges et coïncidences, est tout simplement fascinant. On tremble, on rit et on souhaite de tout notre coeur que la situation s'arrange.
Un vrai coup de coeur pour un roman frais, drôle et prenant.
Le résumé est cependant trop détaillé et gâche un peu la lecture. Dommage.


  • Les présentations des éditeurs : 02/12/2011

Jasper, trader dans une grande banque d'investissements à Chicago, ne vit que pour l'avancement de sa carrière. Meike est la traductrice de Henry LaMarck, un auteur de best-sellers qu'elle essaie de retrouver à Chicago car il n'a pas rendu le manuscrit qu'elle doit traduire, ce qui menace sa survie économique. Elle ne sait pas que sa conscience professionnelle de traductrice qui pose des questions, mettant l'auteur face à ses négligences, a fait d'elle la bête noire de l'écrivain, qui s'emploie à l'éviter. Henry LaMarck pour sa part ne peut plus écrire et s'est réfugié incognito dans un hôtel. Tous les trois vont se chercher, se croiser, multiplier les quiproquos dans cette histoire d'argent, de littérature et d'amour.
L'écrivain tombe amoureux d'une photo du regard désespéré du jeune banquier devant l'effritement des cours boursiers. Jasper drague Meike avec une maladresse impressionnante, tout en essayant de dissimuler une erreur de transaction qui mènera sa banque à la faillite et permettra au lecteur de comprendre les faiblesses du système financier et son fonctionnement. Le trio sera obligé de fuir et se retrouvera par hasard dans la même maison, pour le plus grand plaisir du lecteur...

Kristof MAGNUSSON est islando-allemand, il est né en 1976 à Hambourg. Après un service civil auprès des sans-logis à New York, cet organiste de formation a étudié à l'Institut littéraire de Leipzig puis à l'Université de Reykjavik. Installé à Berlin, il vit de sa plume et de ses traductions de l'islandais.
Sa comédie Crèche pour hommes (2005) a été représentée dans plusieurs théâtres à Berlin. L'adaptation de ce roman a été mise en scène à Bâle, où elle connaît un franc succès.



  • La revue de presse Pierre Deshusses - Le Monde du 13 octobre 2011

Avec C'était pas ma faute, son deuxième roman (son premier est Retour à Reykjavik, Gaïa, 2008), Kristof Magnusson, Allemand d'origine islandaise, né en 1976 à Hambourg, signe une belle réussite littéraire qui mêle avec virtuosité les délires de la finance, le jeu de cache-cache entre les individus et ce qu'il faut d'invraisemblance loufoque pour donner du piment à une histoire...
C'était pas ma faute - reprise du fameux "I am sorry" (je suis désolé) du premier trader à avoir mis les bourses mondiales en difficulté, en 1995 - montre que, quelles que soient les crises, les plus grands chamboulements restent ceux des sentiments.


  • Les courts extraits de livres : 02/12/2011

JASPER

- Bonjour, Sir. Comment allez-vous ?
- Bien, j'ai répondu.
Ce qui était même la vérité. J'allais bien, malgré la nuit que je venais de passer, à faire la tournée des bars londoniens avec les collègues. Ça, bien sûr, je ne l'ai pas dit à l'hôtesse de l'air. Elle ne tenait pas à en savoir autant. Mais, à vrai dire, j'aurais bien raconté à quelqu'un ce qui s'était passé ces derniers jours. J'aurais bien raconté que je venais de valider avec succès une formation informatique et maîtrisais à présent parfaitement Equinox, notre système de gestion d'ordres clients. La qualification-clé chez nous, pour être nommé à la salle des marchés. J'aurais bien raconté qu'il était maintenant temps pour moi, dans ma stratégie de carrière, de desserrer le frein à main.
La formation Equinox avait duré jusqu'à la veille au soir. Mon chef d'équipe m'avait donné un jour de congé pour que je puisse aller boire un verre avec les collègues de Londres, ou plutôt, comme il l'avait formulé, "pour aller descendre quelques Guinness avec les gars". Probablement parce que en tout juste deux ans, depuis que j'étais dans son département, je n'avais pas pris de vacances une seule fois. Méfie-toi des opérateurs qui ne laissent jamais leur livre de comptes tout seul, dit-on. J'aurais pourtant difficilement pu transgresser un interdit. En tant que trader junior, j'étais bien trop bas dans la hiérarchie. Je ne prenais pas de vacances parce que le temps passait tellement vite au travail. Parce que j'oubliais de penser. A ce qui m'attendait le soir. Ou pas.
Alors je suis allé "descendre" quelques Guinness avec les gars. Ils parlaient de téléphones portables, de home cinémas et de voitures de sport auxquelles ils concédaient une nature complexe. Contrairement aux femmes. J'ai beau m'intéresser moi aussi aux portables et aux femmes, je ne savais pas quoi ajouter. J'écoutais à peine de toute façon. Je n'arrivais à penser à rien d'autre qu'à Equinox, j'aurais voulu déjà être dans la salle des marchés et mettre mon savoir en pratique.
Au lieu de ça, je m'étais retrouvé dans ce pub de Londres, à boire de la bière beaucoup trop froide. Et en plus il fallait que je me farcisse des considérations sur le football anglais. J'ai demandé aux autres ce qu'ils pensaient de la nomination de Félix Magath au poste d'entraîneur du Schalke. Ils ne connaissaient que le Bayern. Bien sûr, je savais que c'était judicieux d'aller boire un verre avec les collègues, le networking et compagnie. Ça aussi c'était le travail, mais pas assez productif au point de devoir y passer la nuit. Pourquoi ne buvait-on pas simplement deux bières en réglant leur compte aux Tottenham et autres Arsenal, aux Audi TT, Range Rover et collègues féminines, et puis bonne nuit tout le monde ?
Le bar avait fini par fermer. Je suis rentré à l'hôtel et j'avais à peine appuyé sur le bouton de l'ascenseur que Vikram, le fan d'Arsenal natif de Bombay, m'a attrapé par la manche et traîné jusqu'au bar de l'hôtel où ils étaient tous réunis.
- On boit du Jägermeister, mec, m'a-t-il dit comme si, en tant qu'Allemand, je ne pouvais pas dire non. Alors, j'ai bu. Provoqué un silence embarrassé, après avoir déclaré que je n'avais pas de voiture. À trois heures, j'ai fait comme si je devais aller aux toilettes, je suis monté dans ma chambre pour vomir, boire deux litres d'eau, prendre une douche et deux cachets de magnésium, trois de paracétamol, un Pantozol, puis j'ai fait mon sac, pris un taxi pour Heathrow, et, à cinq heures trois, je montais dans cet avion qui me ramenait à Chicago.


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