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Auteur : Jacques Perret
Date de saisie : 25/07/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Dilettante, Paris, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 9782842636845
GENCOD : 9782842636845
Sorti le : 05/10/2011
La guerre, c'est comme le citron, ça avive les plaies et relève le goût du plat, du plat commun, de la vie de tous. C'est ce que semble dire Jacques Perret, tout en vidant sa musette. Et la guerre, lui, Perret, il la connaît ? : la der des ders fera rapidement de son père un prisonnier et de son frère aîné un mort parmi d'autres, livré à la boue et à la fosse. Frère dont il nous narre, dans La Mort de mon grand frère, la brève vie militaire et le transfert des cendres, texte bouleversant marqué par le « ?cri étouffé ?» d'une mère endeuillée à vie. En 1921, il se donne à la guerre du Rif (ses papiers et son maigre argent le sauveront ? : entendez par là que son portefeuille déviera un coup de poignard) ; prisonnier en 1939, le caporal se désépingle à la quatrième tentative ; fait la belle, il intègre l'ORA (la Résistance militaire). 1954, les « ?événements ?» d'Algérie lui offrent une nouvelle occasion de remonter au front et de batailler pour l'Algérie française. Ces temps forts, politiques et aventureux, d'une vie d'évadé de naissance on les retrouve dans d'autres articles de cette « ?musette ?» ? : Accident du travail (et les solidarités clandestines), Le retour à Berlin du caporal épinglé (ou comment l'artiste vient rôder sur les lieux de son chef-d'oeuvre ? : son évasion), Scarlett derrière les barbelés (Margaret Mitchell en marraine de guerre), Prisonnier de guerre (ou comment faire un sort à la « ?fraternité ?» des camps). En bouquet final Pour Ramos rend un nouvel hommage au héros résistant de Bande à part. Ainsi fut Perret, atypique et Français toujours, délectable écrivain.
Jacques Perret est né à Trappes (Yvelines) le 8 septembre 1901. Après avoir décroché une licence de philosophie, c'est tout d'abord comme illustrateur qu'il gagnera sa vie. Cet «aventurier en bretelles» fut tour à tour soldat au Maroc, dessinateur en Suède, courtier en librairie, graveur, professeur, journaliste, pêcheur de bonites au Honduras, porteur de bananes au Nicaragua, bûcheron au Canada, travailleur saisonnier au Manitoba, explorateur, chercheur d'or en Guyane, géographe, ethnologue, paysan en Touraine, viticulteur, hôtelier et enfin romancier, nouvelliste, chroniqueur et polémiste à Paris où il meurt le 10 décembre 1992.
Extrait de l'introduction
La guerre occupe dans l'oeuvre de Jacques Perret une place importante. En effet, que ce soit dans les souvenirs (Raisons de famille), les récits (Bande à part, Le Caporal épingle), les romans (Le Vent dans les voiles, Les Biffins de Gonesse), les chroniques (Le Vilain Temps) ou même les nouvelles et le théâtre, la guerre et la chose militaire constituent la trame de fond ou le prétexte de son récit.
Né en 1901, Jacques Perret est élevé comme dans la plupart des foyers français avec l'idée d'une revanche contre les «Boches». Trop jeune, il rate de peu un engagement pendant la Grande Guerre, mais voit sa famille largement touchée : son père est rapidement fait prisonnier et son grand frère tué en 1916. Désormais il recueille l'héritage familial, prêt à payer le prix d'être français. En 1921, il effectue son service militaire au Maroc pendant la campagne du Rif. Son portefeuille le sauvera d'un coup de poignard lors d'un corps à corps. En 1939, quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il se porte volontaire et s'engage dans les corps francs. Il est fait prisonnier mais il en refuse la condition car, comme il le confie à un camarade dans Le Caporal épingle : «Qu'est-ce que tu nous crois donc ? Des héros ? On ne m'a jamais dit qu'il fût glorieux d'être prisonnier et le fait de nous compter 1 500 000 n'oblige pas à réviser la présomption de lâcheté qui nous pèse dessus. Va ! Inutile de ruser avec les circonstances et les responsabilités. Il faut la cuver, la honte.» Au bout de la quatrième tentative il réussit à s'évader et devient maquisard et résistant dans l'ORA (Organisation de résistance de l'armée). Quinze ans plus tard, il s'engage publiquement avec son fils, pour l'Algérie française.
«(...) Depuis toujours on m'avait enseigné les privilèges du champ d'honneur et j'y croyais sincèrement. Aujourd'hui encore, en dépit des sarcasmes ou des impostures, en dépit de la réflexion et même tout bien pesé, j'y crois encore un peu.» (Raisons de famille) Jacques Perret ne s'engage pas par adhésion à une cause partisane. Il s'engage par amour de la patrie, passion de famille incontournable.
Voici, réunis par Le Dilettante, quelques textes jamais parus en volume ou inédits. Qu'y a-t-il Dans la musette du caporal ?
En guise d'introduction, La mort de mon grand frère est un des textes les plus beaux et les plus bouleversants qu'il ait écrits. Partant du tableau d'une famille française au début du XXe siècle, dont l'harmonie profonde n'était pas vraiment troublée par les débats politiques, même vifs : «quelle institution merveilleuse était la famille où sans être d'accord sur rien on peut s'embrasser à propos de tout», il voit la Grande Guerre arriver, et «ces querelles furent aussitôt ramassées comme un jeu de cartes indécent». On trouvera dans ce texte toutes les raisons de ses motivations futures.
Les quatre articles qui suivent, d'une tournure plus journalistique, sont pour lui l'occasion d'évoquer ses deux années de stalag où, malgré le traumatisme de la défaite et l'humiliation de la captivité, «il restait peut-être en nous de quoi rendre au monde sa vraie politesse» (Scarlett derrière les barbelés).
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