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Auteur : Jonathan Franzen
Traducteur : Anne Wicke
Date de saisie : 18/10/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 9782879296579
GENCOD : 9782879296579
Sorti le : 18/08/2011
Pour résumer le livre d'une façon simple, c'est l'histoire d'un trio amoureux. Patty, jeune basketteuse, tombe amoureuse d'un mauvais garçon, un rockeur Richard Katz. Seulement bien qu'attiré par la jeune sportive, il préfère passer d'une conquête à une autre. Elle trouve réconfort auprès du colocataire de son aime Walter Berglund. Ils construisent ensemble une relation et finissent par se marier. Ils ont deux enfants une belle maison. C'est la réussite du couple et Patty s'investit dans son rôle de mère à 110%.
Richard réapparait de temps à autre. En apparence, tout semble aller merveilleusement dans le meilleur des mondes. Mais il suffit d'un grain de sable pour que tout vacille....
C'est vrai que raconté comme cela, ce n'est peut-être pas très intéressant. Mais Jonathan Franzen nous offre une véritable peinture de la société américaine de 1970 à 2010. Cette vision n'est pas simpliste. Elle est profonde et pleine d'humanité. Elle fait que l'on n'a pas envie de lâcher ce roman de plus de 600 pages, qu'on pense qu'on va trop vite et qu'on essaie de savourer chaque page. Les relations des personnages entre eux semblent tellement vraies et puissantes. L'auteur n'oublie en rien le monde qui les entoure et qui les influence. On sort un peu sonné de ce livre.
Le Times a raison Jonathan Franzen est un très grand romancier. Il sait raconter la vie, nous fait réfléchir sans avoir l'air de nous donner des leçons. Alors oui Lisez Freedom c'est un voyage que l'on peut regretter.
Patty Berglund est-elle la femme idéale ? Pour Walter, son mari, la réponse ne fait aucun doute : c'est oui. Épouse aimante, mère parfaite, Patty a tout bon. Mais qu'en pense-t-elle ? En renonçant à Richard, ce «bad boy» dont elle était amoureuse - et qui se trouve être le meilleur ami de Walter -, Patty a peut-être commis l'erreur de sa vie. Freedom raconte l'histoire de ce trio et capture le climat émotionnel, moral et politique des États-Unis entre 1970 et 2010 avec une incroyable virtuosité.
Anatomie d'un mariage et d'une famille - les Berglund -, ce livre analyse les illusions, les déceptions et les compromis d'une génération de baby-boomers qui avaient rêvé un jour de changer le monde. Mais c'est aussi un acte d'accusation implacable à l'égard d'une nation qui a cessé depuis longtemps d'incarner ses propres valeurs. Qu'avons-nous fait de notre liberté ? se demandent les personnages de Jonathan Franzen. Et quel monde laisserons-nous à nos enfants, qui nous ressemblent si peu ? Pendant ce temps, les États-Unis livrent en Afghanistan et en Irak leurs propres guerres napoléoniennes, tentant d'imposer cette même liberté par la force.
Jonathan Franzen est né en 1959 dans l'Illinois. Il a obtenu le National Book Award pour Les Corrections (Éditions de l'Olivier, 2002). Il est également l'auteur de Pourquoi s'en faire ? (2003) et de La Vingt-Septième Ville (2004), publiés aux Éditions de l'Olivier. Paru aux États-Unis à l'automne 2010, Freedom y a connu un immense succès critique et public (plus d'un million d'exemplaires vendus). Il est en cours de publication dans 36 pays.
C'est là que la puissance de Freedom réside, dans ce choc thermique entre le très grand et le très petit, l'écologique et le psychologique, pourquoi pas la tragédie et le mélodrame. Ian McEwan, dans la farce écologique Solaire, avait déjà investi ces impossibles jeux d'échelle : nous doutons tout autant de nos désirs et convictions que de la couche d'ozone. Après Les Corrections, voici les proportions, la quête de notre introuvable juste mesure.
Déboires conjugaux, souvenirs compromettants, problèmes sociaux ou politiques, désillusions morales, préoccupations environnementales et économiques : Freedom revisite brillamment, à travers le destin des Berglund (et de quelques drôles d'oiseaux), plus de trente ans d'histoire individuelle et collective.
N'importe, ce qu'il voulait, c'était se montrer "loyal" vis-à-vis de son lecteur. Autrement dit, lui présenter la complexité du monde, sans jamais l'ennuyer, et surtout sans jamais s'éloigner de lui. Freedom, et ce n'est pas le moindre de ses charmes, possède un pouvoir d'addiction assez formidable, que son auteur revendique. Aujourd'hui, constate-t-il, le public n'est jamais acquis. Le roman est devenu un genre minoritaire, menacé par les autres loisirs : "Il faut écrire des livres qui puissent entrer en compétition, observe-t-il en souriant à demi. Et le roman a beaucoup d'avantages compétitifs, notamment celui de donner accès aux profondeurs d'une vie individuelle." Compétition, liberté : conçu par Franzen, le roman reste finalement le lieu où l'idéal américain s'incarne à la perfection.
Au-delà de l'immense plaisir de lecture, la forme populaire de la saga lui permet de traiter son sujet déclaré : la liberté, mais la liberté galvaudée, dénaturée de son sens par l'idéologie libérale ; la liberté miroir aux alouettes permettant à nos dirigeants de ne plus jamais prononcer le mot d'égalité ; la liberté délire personnel lié à la propriété, à l'argent, la liberté sans limite, source de colère, de frustration ; la liberté réduite à servir l'idéal de la norme...
Chaque époque a ses sujets à traiter, et Franzen se tient au coeur de ce qui fâche sans jamais lâcher prise. La petite entreprise capitaliste familiale est un terrain de jeu formidable pour ce grand romancier.
La famille est l'un des sujets de prédilections de Jonathan Franzen, qui l'égratigne encore dans son nouveau roman, Freedom...
On est frappé par la puissance narrative de Franzen, lequel fait de nombreuses allusions à Guerre et Paix pour mieux décrire le grabuge des amours et les escarmouches des coeurs sous l'oeil de l'inoubliable Patty, la Natacha Rostov de la middle class. Franzen, on l'attendait au virage, et son retour est éblouissant : le "great american novelist", c'est lui ! De quoi faire trembler Philip Roth sur son trône.
"Il y a une vingtaine de très bons romanciers américains dans les générations qui me suivent. Le plus grand est Jonathan Franzen", me disait récemment Philip Roth. Freedom a valu l'an dernier à Franzen la une de Time et le titre de "grand romancier américain" que seuls Salinger, Nabokov et Updike avaient reçu...
Cette histoire familiale, sociale et politique est aussi un magnifique roman sur un couple qui se déchire et se recoud, comme un bout de tissu usé mais si doux. Patty et Walter se trompent, se quittent, se perdent, mais, fidèles à travers les trahisons, se retrouvent, ce qui s'appelle l'amour. Un mot du titre, et de son ironie. La liberté, matérielle, sexuelle, politique, affective, c'est justement ce que les personnages visent, mais n'atteignent qu'au moment où, instruits par leurs illusions perdues et leurs éducations sentimentales manquées, ils allaient y renoncer...
La leçon de fresque d'une famille décomposée par le temps et l'histoire collective est que, dans ce free country que sont les États-Unis, la vraie liberté n'est pas de pouvoir faire ceci ou cela sans compromis ni compromissions, mais d'accepter d'être ce qu'on est.
Son nouveau roman, Freedom, lui a valu le privilège rare de figurer en une de Time Magazine. Les critiques ont suivi, unanimement élogieuses...
Derrière l'anatomie d'un mariage et d'une famille, Franzen livre un portrait désenchanté de l'Amérique sur fond de guerre en Irak.
Les nouvelles concernant Walter Berglund ne furent pas découvertes dans un quotidien local - Patty et lui étaient partis pour Washington deux ans plus tôt et ils ne signifiaient dorénavant plus rien pour St. Paul - mais la bonne société urbaine de Ramsey Hill n'était pas loyale à sa ville au point de ne pas lire le New York Times. Selon un long article vraiment peu flatteur de ce journal, Walter avait assez gravement mis en péril sa vie professionnelle dans la capitale du pays. Ses anciens voisins eurent bien du mal à concilier les mots et expressions le qualifiant dans l'article («arrogant», «autoritaire», «corrompu sur le plan éthique») avec le cadre de la 3M dont ils gardaient le souvenir, généreux et souriant, au visage rougeaud, qui se rendait toujours à son travail en bicyclette, remontant Summit Avenue sous la neige de février ; il paraissait bien étrange que Walter, qui était plus vert que Green-peace et dont les racines étaient rurales, pût maintenant avoir des ennuis pour collusion avec l'industrie du charbon et mauvais traitements envers les gens de la campagne. Mais il y avait toujours eu quelque chose de bizarre chez les Berglund.
Walter et Patty étaient les pionniers de Ramsey Hill - les premiers jeunes diplômés de l'université à acheter une maison dans Barrier Street depuis que le coeur historique de St. Paul avait commencé à connaître des jours difficiles quelque trois décennies plus tôt. Ils avaient eu cette maison victorienne pour une bouchée de pain puis s'étaient échinés pendant dix ans à la rénover. Au début, une personne extrêmement déterminée mit le feu à leur garage et fractura à deux reprises leur voiture avant qu'ils ne le fassent reconstruire. Des motards à la peau tannée par le soleil envahissaient le terrain vague qui se trouvait de l'autre côté de la ruelle pour y boire de la Schlitz et y griller des saucisses, tout en faisant rugir leurs moteurs aux petites heures de la nuit, jusqu'au moment où Patty sortait en survêtement pour leur dire, «Hé les gars, ça va comme vous voulez ?» Patty ne faisait peur à personne, mais elle avait été une athlète d'exception au lycée puis à l'université et elle possédait encore une sorte d'intrépidité sportive. Dès sa première journée passée dans le quartier, elle avait été désespérément voyante. Grande, coiffée d'une queue-de-cheval, d'une jeunesse absurde, faufilant sa poussette entre les voitures désossées, les bouteilles de bière cassées et les vieilles plaques de neige souillées de vomi, elle aurait très bien pu transporter sa journée heure par heure dans les filets suspendus à sa poussette. Derrière elle, les préparatifs, gênés par le bébé, d'une matinée de courses, elles-mêmes gênées par le bébé ; devant elle, un après-midi à écouter la radio publique, son livre de cuisine du Silver Palate, des couches en tissu, du composé à joints, de la peinture au latex; ensuite, quelques pages du livre Goodnight Moon, et enfin, un petit verre de zinfandel. Elle était déjà totalement ce qui n'était qu'un balbutiement dans cette rue.
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