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.. L'art français de la guerre

Couverture du livre L'art français de la guerre

Auteur : Alexis Jenni

Date de saisie : 22/09/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 21.00 €

ISBN : 978-2-07-013458-8

GENCOD : 9782070134588

Sorti le : 18/08/2011

«La France se dit avec une lettre mal faite [...]. On a du mal à prononcer le mot, la grandeur emphatique du début empêche de moduler correctement le peuple de minuscules qui la suit. Le grand F expire, le reste du mot se respire mal, comment parler encore ?» Ce sont cinquante années de l'histoire de la France engagée, de son implication militaire en toute partie du globe qui se déroulent au fil des souvenirs de Salagnon, un vétéran. Il la raconte, il se raconte au narrateur qu'il vient de rencontrer. Mais Salagnon, c'est aussi un artiste et c'est au travers de son art, le dessin que le narrateur lui demande de lui enseigner, qu'il se révèle : le regard qu'il porte au monde en est empreint... philosophique : «Regarde comme c'est bien fait, le monde, quand on le laisse faire. Et regarde comme c'est fragile.» «Dans le dessin, les traits les plus importants sont ceux qu'on ne fait pas. [...] Le dessin est constitué de vides habilement disposés, il existe surtout par cette circulation du regard en lui-même.»

Mais bien plus qu'un simple récit ou qu'une énonciation de faits historiques, Alexis Jenni invite à la réflexion dans ce premier roman à l'écriture fine et riche. Le texte est dense, fouillé, ciselé ? Sa construction fait écho à la France telle qu'elle a été construite, organisée militairement, politiquement et socialement.


Paraît dans la mythique collection blanche de Gallimard un texte monstre - c'est-à-dire qui défie les lois du genre romanesque un peu comme Zone en 2009 - dont l'ambition est de raconter dans une langue somptueuse l'histoire du 20e siècle français à travers les errances et les défaites de l'armée, du maquis à 1940, de l'Indochine à l'Algérie.

Deux récit se croisent et s'enchevêtrent - mêlant anecdote et philosophie, trivialité et abstraction, sur le modèle de ces traités chinois, dont celui de Sun Tsu, qui a inspiré le titre du roman. Deux récits donc, celui de la vie du narrateur, trentenaire vivotant à Lyon pendant "les années guerre du Golfe" qui donne à l'auteur l'occasion de portraiturer avec férocité l'époque contemporaine, et celui de Victorien Salagnon parachutiste et peintre- ancien combattant d'à peu près toutes les guerres - dont le narrateur écrit la biographie. C'est l'envie d'écrire un roman d'aventure mais aussi d'illustrer cette spécificité française un peu absurde du soldat qui part avec enthousiasme pour aller droit dans le mur, c'est aussi le désir de commenter une vision immuable de l'histoire avec un grand H que selon l'auteur on ne sait pas raconter qui ont poussé Alexis Jenni à la rédaction de ce titanesque roman (613 pages). C'est aussi parce que le récit de cette histoire somme toute récente est urgente aujourd'hui et fait, pour l'auteur, réponse au délire ambiant entretenu par politiques et médias quant à notre rapport à l'étranger, à l'immigration. Mieux vaut raconter, assumer erreurs et horreurs qu'éliminer le passé confiait Alexis Jenni aux auditeurs de France Inter en juillet dernier. Belle motivation pour un objet littéraire qui sort du lot haut la main tant par l'originalité du sujet que par la langue qu'il manie.


  • Le courrier des auteurs : 30/09/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Un inconnu. Un type qui a écrit longtemps sans se faire lire. Quelqu'un qui a appris les sciences avant de comprendre que la raison ne servait de pas grand chose pour ce qui importait vraiment ; mais qui est reconnaissant aux sciences de lui avoir appris que jamais deux arbres ne se ressemblent. Un écrivain caché qui n'en revient pas d'être maintenant au soleil.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Les récits qui s'échangent entre nous ; les récits partagés qui fondent le nous ; les récits que ceux qui sont proches de mourir passent à ceux qui commencent de vivre. Le récit qui seul permet d'appréhender le temps, où l'on vit.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Six cent pages, quand même....quelle goutte d'eau je préfère dans l'Atlantique ? Quel est mon grain de sable préféré de tout le Sahara ?
Allez, ça : "On naît à tout âge, dans les livres."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Bojan Zulfikarpasic jouant seul, des morceaux très longs à partir de thèmes qui apparaissent, changent, reviennent, portés, intacts et transformés, par un rythme qui jamais ne s'essouffle. Tout à la fois grave, complexe, dansant, inépuisable et drôle. Mais ça, Bojan Z y arrive sur son piano; moi, j'en rêve.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La parole qui nous maintient en vie ; si elle s'arrête, nous mourrons tous d'étouffement.


Séverine Legrix de La Salle et Armelle Pasco, au micro de Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 02/11/2011

Alexi Jenni, Prix Goncourt 2011

J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails.
Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue.

L'art français de la guerre est le premier roman d'Alexis Jenni.



  • La revue de presse - Le Figaro du 1er septembre 2011

Le roman de Jenni est une magnifique fresque, somptueuse et symphonique, parfois traversée d'idées générales, mais qui tranche par son ambition et sa maîtrise sur les préoccupations littéraires exprimées par ses pairs. Les femmes s'y prénomment Océane et Eurydice, ce qui signifie que notre époque n'a pas encore complètement fermé la porte au mythe, c'est-à-dire à notre rêve.


  • La revue de presse Jérôme Dupuis - L'Express, août 2011

La trame de cet Art français de la guerre, à l'écriture fluide, est assez simple : le narrateur, jeune oisif qui vivote de faux certificats d'arrêt maladie dans une chambre de bonne lyonnaise, rencontre un vieux militaire au "regard couleur glacier", un certain Victorien Salagnon. Flash-back sur la vie de ce soldat indestructible, survivant de trois guerres : engagement dans la Résistance et le maquis, long naufrage en Indochine au sein du corps expéditionnaire français d'Extrême-Orient, désillusions du "para" en tenue léopard plongé dans les ratonnades de la guerre d'Algérie...
Mais la force d'Alexis Jenni, c'est de défendre sa "thèse" par un art romanesque original et déroutant. Vraiment singulier, oui.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, août 2011

L'évocation de plus d'un demi-siècle de guerres nationales à travers la relation d'un bizut et de son mentor. Une réussite...
A travers la relation et les souvenirs d'un bizut d'une vingtaine d'années et de son mentor, ancien para de la guerre d'Indochine fou de peinture (l'inoubliable Victorien Salagnon), notre primo-romancier réussit un drôle de croisement entre Tous les matins du monde de Pascal Quignard (cité en exergue) et les épopées belliqueuses de Pierre Schoendoerffer.


  • La revue de presse Marc Lambron - Le Point du 17 août 2011

Avec sa fresque militaire, Alexis Jenni offre à la gloire française un mausolée stupéfiant...
C'est un texte architecturé et fluide, avec l'art de la reconstitution, le sens des paysages et des climats. La fourmilière de Saigon. La lumière d'un gris mélancolique de Hanoi. Et bientôt l'entrée dans Alger des "loups maigres revenus d'Indochine", pratiquant les interrogatoires dans le sous-sol des villas mauresques : coups, baignoire, "gégène". Une odyssée en treillis dans les crêtes et les vallons des djebels, avec les corps jetés des hélicoptères. Sous forme polémologique, Alexis Jenni se fait l'ethnologue d'un rêve français...
C'est un livre magnifique.


  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 17 août 2011

Autant aller à l'essentiel. «L'Art français de la guerre» est un premier roman, son auteur s'appelle Alexis Jenni; et ce coup de Jenni est un coup de maître. Il était temps, semble-t-il avoir pensé, de raconter enfin «la guerre de vingt ans», cette guerre sans nom née dans les maquis de la Résistance pour échouer dans les salles de torture d'Alger après avoir erré dans la jungle d'Indochine...
Un grand roman sur la guerre peut-il être autre chose qu'un roman contre la guerre ? A la lecture, on s'interroge beaucoup sur le sens de ce voyage au bout de la nuit rédigé dans une langue somptueuse qui claque à chaque phrase.


  • La revue de presse Patrick Rambaud - Le Monde du 18 août 2011

J'en suis ressorti conquis. C'est un roman naturaliste par sa méthode, musclé par son style, enlevé comme un chant, inspiré comme une méditation qui court sans jamais peser, atroce comme un procès-verbal, bref, la version contemporaine et réussie des Tragiques, d'Agrippa d'Aubigné : "Et dedans le canal de la tuerie extrême, les chiens se gorgeront du sang de leur chef même." J'en suis ressorti conquis. C'est un roman naturaliste par sa méthode, musclé par son style, enlevé comme un chant, inspiré comme une méditation qui court sans jamais peser, atroce comme un procès-verbal, bref, la version contemporaine et réussie des Tragiques, d'Agrippa d'Aubigné : "Et dedans le canal de la tuerie extrême, les chiens se gorgeront du sang de leur chef même."..
Au fil de ma lecture de L'Art français de la guerre, je comprends. Il y a des couleurs, des brumes, des vapeurs d'encre de Chine, des fresques et des miniatures, des portraits à foison, car c'est un livre de peintre.


  • Les courts extraits de livres : 30/09/2011

COMMENTAIRES I

Le départ pour le Golfe des spahis de Valence

Les débuts de 1991 furent marqués par les préparatifs de la guerre du Golfe et les progrès de ma totale irresponsabilité. La neige recouvrit tout, bloquant les trains, étouffant les sons. Dans le Golfe heureusement la température avait baissé, les soldats cuisaient moins que l'été où ils s'arrosaient d'eau, torse nu, sans enlever leurs lunettes de soleil. Oh ! ces beaux soldats de l'été, dont presque aucun ne mourut ! Ils vidaient sur leur tête des bouteilles entières dont l'eau s'évaporait sans atteindre le sol, ruisselant sur leur peau et s'évaporant aussitôt, formant autour de leur corps athlétique une mandorle de vapeur parcourue d'arcs-en-ciel. Seize litres ! devaient-ils boire chaque jour, les soldats de l'été, seize litres ! tellement ils transpiraient sous leur équipement dans cet endroit du monde où l'ombre n'existe pas. Seize litres ! La télévision colportait des chiffres et les chiffres se fixaient comme se fixent toujours les chiffres : précisément. La rumeur colportait des chiffres que l'on se répétait avant l'assaut. Car il allait être donné, cet assaut contre la quatrième armée du monde, l'Invincible Armée Occidentale allait s'ébranler, bientôt, et en face les Irakiens s'enterraient derrière des barbelés enroulés serré, derrière des mines sauteuses et des clous rouilles, derrière des tranchées pleines de pétrole qu'ils enflammeraient au dernier moment, car ils en avaient, du pétrole, à ne plus savoir qu'en faire, eux. La télévision donnait des détails, toujours précis, on fouillait les archives au hasard. La télévision sortait des images d'avant, des images neutres qui n'apprenaient rien ; on ne savait rien de l'armée irakienne, rien de sa force ni de ses positions, on savait juste qu'elle était la quatrième armée du monde, on le savait parce qu'on le répétait. Les chiffres s'impriment car ils sont clairs, on s'en souvient donc on les croit. Et cela durait, cela durait. On ne voyait plus la fin de tous ces préparatifs.
Au début de 1991 je travaillais à peine. J'allais au travail lorsque j'étais à bout d'idées pour justifier mon absence. Je fréquentais des médecins qui signaient sans même m'écouter de stupéfiants arrêts maladie, et je m'appliquais encore à les prolonger par un lent travail de faussaire. Le soir sous la lampe je redessinais les chiffres en écoutant des disques, au casque, mon univers réduit au cercle de la lampe, réduit à l'espace entre mes deux oreilles, réduit à la pointe de mon stylo bleu qui lentement m'accordait du temps libre. Je répétais au brouillon, puis d'un geste très sûr je transformais les signes tracés par les médecins. Cela doublait, triplait le nombre de jours où je pourrais rester au chaud, rester loin du travail. Je n'ai jamais su si cela suffisait de modifier les signes pour changer la réalité, de repasser des chiffres au stylo-bille pour échapper à tout, je ne me demandais jamais si cela pouvait être consigné ailleurs que sur l'ordonnance, mais peu importe ; le travail où j'allais était si mal organisé que parfois quand je n'y allais pas on ne s'en apercevait pas. Quand le lendemain je revenais, on ne me remarquait pas plus que lorsque je n'étais pas là ; comme si l'absence n'était rien. Je manquais, et mon manque n'était pas vu. Alors je restais au lit.
Un lundi du début de 1991 j'appris à la radio que Lyon était bloquée par la neige. Les chutes de la nuit avaient coupé les câbles, les trains restaient en gare, et ceux qui avaient été surpris dehors se couvraient d'édredons blancs. Les gens à l'ultérieur essayaient de ne pas paniquer.


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