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.. Accabadora

Couverture du livre Accabadora

Auteur : Michela Murgia

Traducteur : Nathalie Bauer

Date de saisie : 27/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-02-102507-1

GENCOD : 9782021025071

Sorti le : 18/08/2011

Dans un petit village de Sardaigne, la petite Maria quitte sa famille pour être accueillie par la vieille couturière Tzia Bonaria, veuve et sans enfant conformément à une vieille tradition sarde. Elle attendait cette fille d'âme (Fillae anima) de longue date. Même si l'éducation est stricte, Maria est choyée, brillante à l'école, attentive au métier de Tzia, une vraie complicité pleine de tendresse s'établit au quotidien entre elles deux. Le village finit par oublier leur histoire et Maria sa famille d'origine. Seules quelques absences nocturnes de sa mère adoptive étonnent Maria. Elles demeurent sans explication jusqu'au jour où le secret lui est dévoilé, Tzia est l'accabadora du village, c'est-à-dire la dernière mère, celle qui accompagne et précipite les derniers instants de vie. Maria vit cette révélation comme une trahison et choisit de rompre. Des années seront nécessaires à Maria pour enfin pardonner et renouer tardivement avec Tzia. Michela Murgia nous offre deux portraits émouvants et une description précise et touchante de leurs rapports intimes en évoquant aussi bien des thèmes liés aux traditions sardes que des thèmes universels. Un texte captivant au déroulement très cinématographique.


Une première traduction française pour cette auteure sarde, qui s'inscrit dans la lignée de cette merveilleuse littérature féminine de l'île italienne. On pense bien sûr à Grazia Deledda. Il s'agit ici de la Sardaigne rurale des années 50 ; les traditions, les superstitions, les non-dits, et une certaine idée de la destinée. Une très belle écriture à découvrir.


La littérature italienne affiche, décidément, une santé insolente. Après quelques années d'errance, empêtrée dans ses années Aldo Moro et les brigades rouges, la voici revenue sur les devants de la scène, avec Fabio Geda, Silvia Avallone, Milena Magnani, Caterina Bonvicini et Michela Murgia, dignes successeurs de Michele Fois, Alessandro Piperno ou Tiziano Scarpa et, remontant un peu plus loin, d'un Erri de Luca ou d'un Guido Ceronetti.

Michela Murgia est née en 1972 à Cabras, en Sardaigne, auteur de quatre livres à ce jour : Il mondo deve sapere (2006), Viaggio in Sardegna - Undici percorsi nell'isola che non si vede (2008), Accabadora (2009) et Ave Mary - E la chiesa inventò la donna (2011). Compatriote de Michele Fois et de Milena Agus, Accabadora est son premier roman traduit en langue française.

Il nous conte l'histoire de Maria, enfant tardif d'un foyer modeste qui en compte déjà trois, cédée par sa mère Maria Teresa Listru à une vieille femme, Tzia Bonaria. A cette «fill'e anima» - fille d'âme - elle apprend le métier de couturière, l'élève comme sa propre fille, lui inculquant une éducation rigoureuse mêlée à une sincère tendresse, comme s'il s'agissait de son propre enfant. Maria, fière de son nouveau foyer, apprend vite. Malgré son caractère sauvage, indépendant, elle se conforme à l'enseignement et aux exhortations de sa mère adoptive. Un seul point la chagrine, une zone d'ombre qui la préoccupe chaque jour davantage : Souvent, tard dans la nuit, Tzia Bonaria s'absente, sans autres explications. Mais la curiosité de la jeune fille est trop forte. Un soir, elle verra de ses propres yeux et comprendra son surnom de Accabadora, c'est-à-dire la dernière mère... Sa douleur filiale s'en trouvera bouleversée à tout jamais, mêlant les sentiments confus de l'indignation, de la révolte, de la trahison, et les eaux du pardon prendront du temps à laver les plaies de Maria.

Un roman très attachant dont - intentionnellement - je ne vous donne toutes les clefs, qui nous immerge dans le monde des sortilèges et coutumes sardes, des non-dits, des secrets de famille, avec un rare talent.


Attention chef d'oeuvre ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une merveille pareille. Nous sommes en Sardaigne, la Sardaigne des traditions, des non-dits, des légendes. Maria est ce qu'on appelle là-bas une "fille d'âme", une fille issue d'une famille modeste et nombreuse, adoptée par une femme n'ayant pas pu avoir d'enfant. Cette femme c'est Bonaria, la couturière, veuve et stérile. L'enfance de Maria se passe sans souci dans cet univers féminin où elle apprend ses leçons et la couture auprès de Bonaria. Mais elle remarque que parfois Bonaria, sort le soir et ne rentre pas de la nuit. Que fait-elle lors de ces sorties ? Elle devient Accabadora, "la dernière mère", celle qui accompagne, parfois de manière spirituelle, parfois en agissant, les mourants. C'est le premier roman traduit en français de Michela Murgia et c'est une très grande réussite. L'écriture est à la fois sobre, fine, poétique, juste, toute en nuances. Lisez-le vous verrez, vous ne serrez pas déçus !


Accabadora se déroule en Sardaigne. C'est l'histoire d'une petite fille, Maria, issue d'une famille modeste. Elle n'est pas orpheline mais va néanmoins être adoptée par une couturière âgée, Tzia Bonaria. Elle devient la "fille d'âme" de la vieille femme qui lui permet de faire des études et lui transmet son savoir-faire. Mais autour de Bonaria plane un mystère... Elle s'absente la nuit en silence. La jeune Maria le découvre et va être intriguée.
Voici un roman d'une grande beauté, qui nous parle d'un sujet grave avec beaucoup d'humanité. L'auteur présente ses personnages et leur quotidien avec beaucoup de poésie et de sensibilité.


  • Les présentations des éditeurs : 06/09/2011

Dans un petit village sarde, la vieille couturière, Tzia Bonaria, accueille chez elle Maria, «cédée» bien volontiers par une veuve d'humbles origines.
Elle offrira à sa «fille d'âme» son métier et des études, choix audacieux pour une femme dans cette Sardaigne des années cinquante.
Maria grandit entourée de soins et de tendresse; mais certains aspects de la vie de Tzia Bonaria la troublent, en particulier ses mystérieuses absences nocturnes. Elle ignore en effet que la vieille couturière est, pour tous ses concitoyens, Yaccabadora, la «dernière mère». Le jour où ce secret lui sera dévoilé, sa vie sera définitivement bouleversée et il faudra bien des années pour que la «fille d'âme» arrive enfin à pardonner à sa mère adoptive.
Dans une langue poétique et essentielle, Michela Murgia décrit les plis et replis les plus intimes du rapport très singulier unissant la vieille Tzia Bonaria et la jeune Maria, dans une Sardaigne atemporelle, aux us et coutumes fascinants.

Michela Murgia est née à Cabras en 1972. En 2006, elle a publié Il mondo deve sapere, le journal tragi-comique d'un mois de travail dans un call center (Paolo Virzì en a tiré un film). Avec Accabadora, elle a obtenu le prix SuperCampiello 2010.



  • La revue de presse Xavier Houssin - Le Monde du 26 octobre 2011

Accabadora, le premier roman de Michela Murgia, est un livre habité de secrets, de prières, envahi doucement par le chuchotement des âmes...
Remarquablement traduit par Nathalie Bauer, Accabadora est un texte de la révélation. La vie et la mort appartiennent aux femmes. Entre le monde ancien et celui qui s'annonce, chargé d'une inquiétante modernité, Michela Murgia raconte avec une pudeur de chaque phrase comment une toute jeune fille va pouvoir à son tour affronter son destin.


  • La revue de presse Jennifer Simoes - Le Nouvel Observateur du 25 août 2011

Comme un souffle, la plume de Michela Murgia balaie une Sardaigne aujourd'hui presque disparue. Avec fluidité, elle décrit une région où la langue italienne est méprisée et où le deuil se vit en noir, afin de couvrir les aspérités de la douleur, mais aussi les remous du sang bouillonnant. Restent les visages, austères, surchauffés; des yeux de jais qui disputent aux superstitions une épaisse obscurité...
La vision de la mort, très méditerranéenne, entre la terreur et la fascination, s'immisce dans les moindres recoins de la vie...
Avec une profonde légèreté, l'auteure découvre les plaies pour mieux les panser. Le deuil et la mort ne sont pas des coups d'arrêt dans la vie. Ils n'en sont que le commencement.


  • Les courts extraits de livres : 06/09/2011

Fillus de anima.
C'est ainsi qu'on appelle les enfants doublement engendrés, de la pauvreté d'une femme et de la stérilité d'une autre. De ce second accouchement était née Maria Listru, fruit tardif de l'âme de Bonaria Urrai.
Lorsque la vieille femme s'était arrêtée au pied du citronnier pour s'entretenir avec sa mère, Anna Teresa Listru, Maria était âgée de six ans ; elle constituait une erreur après trois réussites. Ses soeurs étaient déjà adolescentes, et elle s'amusait toute seule, par terre, à confectionner un gâteau de boue et de fourmis vivantes avec autant de soin qu'une petite femme. Les insectes agitaient leurs fines pattes rougeâtres dans le mélange d'eau et de terre, ils mouraient lentement sous les décorations en fleurs des champs et le sucre de sable. Le gâteau grossissait avec cette beauté qu'ont parfois les choses mauvaises, sous le soleil violent du mois de juillet.


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