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.. Du domaine des murmures

Couverture du livre Du domaine des murmures

Auteur : Carole Martinez

Date de saisie : 01/12/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 16.90 €

ISBN : 978-2-07-013149-5

GENCOD : 9782070131495

Sorti le : 18/08/2011

«Je suis Esclarmonde, la sacrifiée, la colombe, la chair offerte à Dieu, sa part.».
Année 1187, le jour de son mariage, Esclarmonde, jeune fille du châtelain du domaine des Murmures, refuse de dire «oui» à son prétendant. Contre l'avis de son père, elle choisit de s'offrir à Dieu et exige qu'on l'emmure vivante. On lui construit une cellule attenante au château avec pour seule ouverture sur l'extérieur une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais juste avant qu'elle ne se donne à Dieu un événement va tout chambouler...
Malgré cette impression que le récit donne de s'adresser à un public chrétien, Carole Martinez fait en sorte que ce récit soit accessible à tous. L'héroïne nous ouvre son coeur et le plus profond de son âme. C'est un univers singulier qui arrive à émouvoir le lecteur à travers son personnage qui apparaît comme solide et fragile à la fois.


La belle Esclarmonde, seule fille du maître du domaine des Murmures, est promise contre son gré à Lothaire. Bel homme, ce parti a néanmoins la réputation de brutaliser ses nombreuses conquêtes.

Le jour de la noce, la merveilleuse pucelle se tranche l'oreille devant l'autel et l'assistance ébahie, véritable affront pour son futur époux et son propre père. Elle refuse ainsi cette union et demande à être confiée à Dieu, son unique maître...

Son père érigera pour elle une tour de pierres exiguë où elle sera cloitrée à vie, son existence dédiée à la pénitence, rêvant à atteindre l'extase divine. Cependant, sa destinée de sainte sera mise à mal par un accident survenu avant son enfermement. Une autre vie qui remettra peu à peu en question son regard sur tout ce à quoi elle avait renoncé dans son élan de jeunesse...

Un simple résumé ne suffit pas à décrire l'élégance du style et de l'histoire contée par Carole Martinez, il faut lire cette histoire sublime pour comprendre ce qui en fait un véritable coup de coeur !


En 1187, le jour de ses noces, une belle jeune fille de quinze ans, Esclarmonde, refuse son promis, devant l'assistance médusée. Sachant qu'un tel affront ne lui sera pas pardonné, elle demande à être emmurée vive dans une cellule attenante à une chapelle dédiée à sainte Agnès, que l'on construira avec l'argent de sa dot. Contrairement à ce qu'elle avait imaginé, une vie solitaire vouée à l'adoration du Christ, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle munie de barreaux, la recluse devient le pivot du domaine des Murmures et de ses habitants, une confidente, une conseillère, une presque sainte...
Après le succès de son premier livre (Le Coeur cousu, paru en Folio), Carole Martinez passe brillamment l'épreuve du deuxième roman, moins «baroque», plus concis, mais tout aussi passionnant.
Basé notamment sur les légendes franc-comtoises de la Vouivre et du cheval Gauvin, ce conte aux personnages complexes, faits de chair et de rêves, façonnés par le temps et ses vicissitudes, aborde des thèmes intemporels : la foi, le doute, le dénuement, le renoncement, mais aussi le sort des femmes, le désir, l'amour maternel ou la folie.


Très attendu après "Le Coeur cousu" ce nouveau roman de C. Martinez ne m'a pas déçue. Elle y évoque, à la manière d'un récit médiéval, le destin tragique d'Esclarmonde qui fit le choix d'être emmurée dans une cellule plutôt que prisonnière d'un mariage sans amour.
C. Martinez ne tombe à aucun moment dans le mysticisme mais rend au contraire avec force la foi et les doutes de cette femme hors du commun.
Les personnages secondaires sont également très présents et finement analysés.
Le tout donne un roman rayonnant et puissant.


  • Le courrier des auteurs : 02/10/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Qui je suis ? C'est la pire des questions. Je n'en sais trop. J'écris peut être pour le découvrir. Mais toujours je m'échappe.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Les relations parents enfants

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Le chant recoud ce que le cri déchire.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une très vieille chanson populaire portée par la voix d'un enfant «À la claire fontaine»

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Je voudrais être une petite souris et partager le fil d'images que le lecteur fabrique autour de mon livre, voir ce que lecteur se construit.


Une courte lecture à voix haute de Carole Martinez


  • Les présentations des éditeurs : 03/10/2011

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son voeu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.

Carole Martinez, née en 1966, a été comédienne avant de devenir enseignante. Son premier roman, Le coeur cousu (collection blanche 2007, Folio n° 4870), a connu un grand succès de librairie et a reçu de nombreux prix littéraires, dont le prix Renaudot des lycéens et le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs.



  • La revue de presse Juliette Einhorn - le Magazine Littéraire, octobre 2011

La fable réussit le tour de force d'intégrer dans sa fiction, en conservant son souffle épique et un lyrisme incantatoire, une réflexion virtuose. Sans que jamais l'analyse tourne à l'ostentation démonstrative, découlant au contraire directement de la force évocatoire du récit, apparaît une troublante vision...
En entrant dans sa «tombe» et en littérature, ce réceptacle de spectres, Esclarmonde s'est ouverte à une autre verticalité que celle de Dieu : une dimension à la fois archaïque et universelle, mythique et contemporaine, celle de la mise en fiction de soi et de la chaîne accidentée, hantée, qui la relie aux autres. Du domaine des Murmures, elle nous chuchote un chant étincelant des origines, mais aussi une lettre adressée à ses soeurs du XXIe siècle. Une ode à la littérature, à sa dissidence. Un miracle de «conjointure» chère à Chrétien de Troyes : fusion de traditions multiples, qui déplie l'esprit «comme coquelicot».


  • La revue de presse Karine Papillaud - Le Point du 13 octobre 2011

Après Frasquita Carasco, la figure flamboyante du formidable Coeur cousu en 2007, c'est encore un somptueux portrait de femme qui s'effeuille dans Du domaine des murmures. Et quelle femme !...
Pendant que les provinces françaises rejoignent Frédéric Ier Barberousse en Palestine, le doute et la foi, la brutalité des hommes et la sensualité de la maternité, et surtout la rédemption, sublime et généreuse, éblouissent les pages de Du domaine des murmures. Mieux qu'un roman inoubliable servi par une langue racée, une véritable gemme.


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, septembre 2011

Avec Du domaine des Murmures, l'auteur du Coeur cousu confime son talent et ses dons de formidable conteuse. Quelle fraîcheur !...
Un miracle, à la lecture des "mots-clefs" du roman : Moyen Age, réclusion, fenestrelle, vierge, sainte, croisade... On est loin des soubresauts et des peines de coeur du XXe siècle qui nourrissent la plupart des écrits d'aujourd'hui. Quand on apprend, en outre, que l'unique narratrice n'est autre qu'une jeune emmurée, on frémit quelque peu. On a tort. Car sous la plume chaloupée de Carole Martinez, ce roman hors modes apparaît étonnamment moderne. Tout en contrastes - violence des moeurs et style courtois, destins brisés et langage châtié, ténèbres lumineuses -, Du domaine des Murmures déroule sa musique, enivrante.


  • La revue de presse Marie-Valentine Chaudon - La Croix du 21 septembre 2011

Du domaine des Murmures est le deuxième roman de Carole Martinez dont Le Coeur cousu avait, en 2007, conquis un large public par le seul bouche-à-oreille. Elle y distille la même atmosphère moyenâgeuse, racontant, avec un réalisme magique, une réalité parfois crue. Carole Martinez est une fine conteuse et dès son fabuleux prologue, elle attire le lecteur en ses filets pour ne plus le lâcher...
D'un bout à l'autre du roman, l'écriture est portée par un élan poétique où explose tout le pouvoir de la littérature. De multiples images, dessinées par la seule puissance des mots, parsèment le roman. Paradoxalement, l'enfermement de la narratrice décuple ses sens, donnant lieu à de superbes évocations sonores et visuelles. Outre son écriture envoûtante, le récit est traversé par de bouleversants enjeux.


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 18 septembre 2011

Le lecteur croit à cette histoire impossible presque aussi fort qu'Esclarmonde croit en Dieu. Parce que Carole Martinez - que son premier roman Le Coeur cousu (Gallimard, 2007) avait révélée avec éclat, collectionnant les prix littéraires - est une conteuse d'une prégnante efficacité. Son écriture mêle avec brio la force et l'élégance, la profondeur et la poésie, le réalisme et le sublime religieux. Sans tomber dans le pastiche, elle sait parsemer son texte de quelques vieux mots et tournures d'autrefois pour accréditer, si besoin était, le caractère médiéval de cette épopée mystique.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, septembre 2011

L'auteur réussit la gageure d'écrire un roman haletant et immobile : un pari audacieux porté par un phrasé poétique. Ecrit à la première personne, Du domaine des Murmures développe le point de vue d'Esclarmonde, accompagne sa métamorphose physique et mentale. "Je suis l'ombre qui cause",dit-elle au tout début de l'enfermement. Cette ombre va grandir, découvrir la sensualité de la vie mais surtout la folie des hommes. L'énorme documentation exigée pour respecter le quotidien médiéval n'écrase jamais le sens de la dramaturgie, et ce récit de femme ressemble vite à une épopée.


  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 7 septembre 2011

A ceux que fascinent le merveilleux médiéval, les histoires de fantômes et de saintes, les légendes amoureuses et les folies d'insensés chevaliers, ce roman sera enchantement.


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 25 août 2011

Le deuxième roman de Carole Martinez est fait de la même eau que son premier, Le Coeur cousu, qui enchanta des dizaines de milliers de lecteurs et pas moins de neuf jurys de prix littéraires. Il confirme que cette femme de quarante-quatre ans est une conteuse merveilleuse, plus encore : une charmeuse, au sens originel de ce mot issu du latin carmen qui désigne un chant mais aussi une prophétie ou un envoûtement. Dans ce nouveau livre, Du domaine des murmures, elle nous transporte dans l'univers mystique, courtois et ténébreux du Moyen Âge, un monde en gésine, suintant de surnaturel et de sensualité.


  • La revue de presse Anne Crignon - Le Nouvel Observateur du 17 août 2011

Les lecteurs qui ont fait le succès du «Coeur cousu», premier roman de Carole Martinez paru en 2007 -245 000 exemplaires vendus : engouement hors norme pour une inconnue- reconnaîtront l'écriture teintée de réalisme magique par laquelle elle retrace le destin de cette fille du XIIe siècle et galope sur la route de Jérusalem aux côtés du père d'Esclarmonde, parti aux croisades...
Il y a du D. H. Lawrence chez Carole Martinez. Une même façon de hisser l'amour charnel au rang de paradis accessible aux mortels, et de voir le divin dans la nature.


  • Les courts extraits de livres : 03/10/2011

Extrait de l'avant-propos

On gagne le château des Murmures par le nord.
Il faut connaître le pays pour s'engager dans le chemin qui perce la forêt épaisse depuis le pré de la Dame Verte. Cette plaie entre les arbres, des générations d'hommes l'ont entretenue comme feu, coupant les branches à mesure qu'elles repoussaient, luttant sans cesse pour empêcher que la masse des bois ne se refermât.
La voie en proie à l'effacement, où nous marchons longtemps, résonne de cris d'oiseaux. Nous peinons un peu et poussons sur nos orteils pour décoller nos pieds du sol boueux, de la terre qui monte en pente douce. Des ronces nous agrippent aux mollets, nous griffent au visage, de petites araignées brunes courent sur la mousse entre les feuilles. Nous avançons sous une voûte végétale que seuls de rares rayons parviennent à traverser. Quelques glaives lumineux zèbrent d'or les sous-bois comme dans les enluminures d'un vieux livre de contes.
Enfin, la feuillée s'ouvre et nous débouchons sur une grande clairière, jadis ceinte d'une gigantesque palissade de troncs morts puis, deux siècles plus tard, d'un mur de moellons si haut qu'on apercevait à peine le sommet de la grosse tour par-derrière. Aujourd'hui, il ne subsiste de ces remparts que quelques ruines des vieilles courtines qui ceinturaient sur trois côtés l'éblouissante trouée où se dresse le château des Murmures.
Vers le sud, point n'était besoin de mur de bois ni de pierre : la tour seigneuriale déploie ses ailes dépareillées au sommet d'une falaise abrupte au pied de laquelle coule la Loue. La tranquille rivière continue de lécher l'escarpement rocheux, s'appliquant à dessiner depuis toujours les mêmes boucles vertes sur la terre.
Bravant le vide, les Murmures dominent un horizon noir de forêts.
Le château s'est extrait du sol par poussées successives, s'élevant ou plutôt se répandant davantage au fil du temps. Chacun de ses maîtres y a inscrit sa marque, ajoutant qui son pan de mur, qui sa volée d'escaliers, qui sa tourelle, sans jamais se soucier de l'unité de l'ensemble.
Nous passons l'énorme huis de chêne et de fer, aujourd'hui disparu, et foulons l'herbe haute du parc en friche qui s'étend devant la façade nord du château.
Une brise légère nous caresse le visage, elle joue sur nos cheveux, nous fait plisser les yeux, elle nous chatouille dans le creux de l'oreille. La rumeur éolienne incline les herbes folles. Comme au passage d'une traîne. Ça susurre quelque chose, une peine lointaine, ça s'effiloche en l'air.
Nous avançons à contre-vent dans ce long chuchotement qui semble s'échapper des pierres.


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