Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Les savants

Couverture du livre Les savants

Auteur : Joseph Manu

Traducteur : Bernard Turle

Date de saisie : 31/08/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Philippe Rey, Paris, France

Collection : Roman étranger

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-84876-189-3

GENCOD : 9782848761893

Sorti le : 18/08/2011

Dans l'Institut d'Études Spatiales de Bombay, les savants étudient le ciel, à la recherche, notamment, de preuves de vie extraterrestre. Et Ayyan Mani, l'intouchable, le dalit comme on dit maintenant, profite de son poste de secrétaire du grand patron pour étudier les savants. Il n'a guère de sympathie ni d'estime pour ces brahmanes qui se passionnent pour des théories fumeuses et s'entredéchirent dès qu'il est question d'argent ou de pouvoir. Lui, comme ceux de sa caste, est condamné à exercer un emploi subalterne et à habiter avec sa femme et son fils dans un logement à pièce unique d'une cité qui en comporte 10 000. C'est sur cet enfant de 11 ans qu'Ayyan mise tous ses espoirs pour sortir sa famille de sa condition. Il suffit de le faire passer pour un génie. Comment ? Comptez sur la débrouillardise d'Ayyan pour trouver la solution ou plutôt les solutions aux nombreuses embûches qui se présentent.

Un roman foisonnant, plein de suspense et de rebondissements, qui dresse, avec un humour ravageur, un portrait satirique de l'Inde d'aujourd'hui.


  • Les présentations des éditeurs : 05/10/2011

Aujourd'hui en Inde, on ne dit plus «intouchable» mais dalit. Un mot, toutefois, suffit-il à changer la donne ? Ce n'est pas l'avis d'Ayyan. D'un côté, du sien, une pièce minuscule partagée avec sa jeune épouse et son fils dans une exécrable cité de la banlieue de Bombay, tandis qu'il exerce un emploi de secrétaire dans un institut de recherche de haut vol. De l'autre extrémité du spectre social, à l'Institut, les savants, les «brahmanes» et, avec eux, tous les nantis et leurs femmes inaccessibles, le regardent de haut.
Alors, à l'époque où le petit peuple indien, conscient de sa supériorité numérique, acquiert un pouvoir politique de plus en plus important, Ayyan a une idée... Son fils Adi est brillant. Pourquoi ne pas donner discrètement un coup de pouce au destin, ne pas compenser les injustices de la naissance et du système des castes ? Fort de ce qu'il apprend à l'Institut en écoutant aux portes, Ayyan entretient le mythe d'un petit génie dalit...
Qui, dans ces chasses-croisés, ces jeux de pouvoir, ces mensonges plus ou moins assumés, remportera la partie ? A coup sûr le lecteur, emporté par la prose simple et efficace, à l'humour acerbe, d'un romancier indien qui appelle un chat un chat et se moque des faux-semblants de ses compatriotes.

Manu Joseph est journaliste. Les Savants, son premier roman, déjà traduit dans une vingtaine de pays, a été remarquablement accueilli par la critique.

«Aussi touchant qu'hilarant, ce choc entre le Bombay d'en haut et le Bombay d'en bas réinvente une veine indienne de subtile comédie humaine.»
The Independent

«Cet ambitieux premier roman tisse avec art différentes trames où se mêlent amour, science, ambition et conscience de classe.»
Booklist

«Le conte satirique de Manu Joseph est une brillante comédie et beaucoup plus encore.» The Guardian


  • Les courts extraits de livres : 05/10/2011

Cheveux noirs épais ramenés sur le côté, Ayyan Mani se faisait une raie à la va-comme-je-te-pousse, en dents de scie telles les frontières tracées jadis par les Britanniques entre deux voisins hostiles. Il avait le regard acéré de l'homme à qui on n'en conte pas. Sa moustache drue abritait un perpétuel sourire. Sombre de peau, propre sur lui, il n'en avait pas moins l'air pauvre.
Il observait les promeneurs du crépuscule. Des centaines sur la longue promenade face à la mer d'Oman. Des jeunes femmes solitaires bien chaussées marchaient à vive allure comme si elles fuyaient un sort funeste qui les aurait fait ressembler à leurs mères. Leurs fières poitrines rebondissaient, la chair de leurs cuisses tremblotait à chacun de leurs pas. Déformé par des grimaces de sportives, le visage de ces femmes des hautes castes, à la peau claire et à l'expression blasée, luisait de sueur. Ayyan les imagina succombant toutes à ses charmes. Manifestement, certaines n'avaient jamais fait de sport de leur vie. Elles venaient là parce que leur famille les avait depuis peu fiancées à un prétendant acceptable. Elles marchaient à grandes enjambées comme si elles avaient voulu mesurer le rivage, parce qu'elles devaient vite brûler des calories avant la nuit de noces, qui les verrait normalement abandonner leur vertu à un inconnu sur les pollens d'une couche nuptiale jonchée de fleurs. De vieux messieurs tranquilles et myopes marchaient en compagnie d'autres vieux messieurs, discutant de l'état de la nation. Ils avaient en main toutes les solutions. Raison pour laquelle leurs épouses, plus de cinq cents mètres devant, formant leur propre petit groupe, parlaient d'arthrite ou d'autres épouses absentes ce soir-là. Des couples d'amoureux furtifs commençaient à arriver. Ils s'asseyaient sur le parapet face à la mer, mains baladeuses ou yeux emplis de larmes suivant l'étape à laquelle se trouvait leur relation. Leurs jeans neufs avaient une taille basse au point de laisser dépasser deux virgules de leurs rachitiques fesses indiennes.
Ayyan scrutait tout cela sans complexe, incapable de feindre une indifférence policée. Souvent, il disait à Oja : «Si on dévisage assez longtemps ces bourgeois qui se prennent tellement au sérieux, au bout d'un moment ils finissent tous par avoir l'air comique.» C'est pourquoi il aimait les observer longuement. Il fut dépassé par une fille à la queue de cheval tressautante, un iPod accroché aux oreilles. Il distingua son dos juvénile à travers son tee-shirt mouillé. Pressant le pas, il la rattrapa et la dépassa. Il tenta de distinguer son visage, espérant qu'elle n'était pas jolie. Les belles femmes le déprimaient. Au même titre que les Mercedes, les BlackBerry et les grands appartements avec vue sur mer.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia