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.. L'art de se plaindre, et de se faire entendre

Couverture du livre L'art de se plaindre, et de se faire entendre

Auteur : Guy Winch

Préface : Jean-Didier Urbain

Traducteur : Anatole Muchnik

Date de saisie : 01/09/2011

Genre : Guides et conseils pratiques

Editeur : Payot, Paris, France

Prix : 21.50 € / 141.03 F

ISBN : 9782228906647

GENCOD : 9782228906647

Sorti le : 24/08/2011

  • Les présentations des éditeurs : 01/09/2011

On se plaint de plus en plus - et de moins en moins bien. La plupart des gens préfèrent en effet garder leurs plaintes pour eux, ou bien les expriment à leurs proches, mais il est rare qu'ils s'adressent directement aux personnes concernées. Pourquoi ? Comment fonctionne la plainte ? Quel est son sens ? A-t-elle une utilité sociale ou psychologique ? Comment la rendre efficace ?
Le psychologue Guy Winch a mis au point une méthode simple et universelle, que ce soit pour protester, se faire rembourser, obtenir de meilleures conditions de travail ou encore un changement d'attitude dans son couple ou sa famille. Avec lui, vous allez apprendre à vous plaindre à bon escient ; à canaliser vos émotions ; à ne pas vous tromper d'interlocuteur ; à lui délivrer le bon message ; et surtout, à lui donner envie de vous aider...


  • Les courts extraits de livres : 01/09/2011

Extrait de l'introduction

«On ne graisse que la roue qui grince.»
Proverbe américain

La vie, à bien des égards, était plus simple au temps des attelages de chevaux. Quand une roue demandait lubrification, elle grinçait, et l'on y appliquait aussitôt de la graisse. Entre la carriole et son possesseur, la remontée d'information s'accomplissait à merveille. La vie quotidienne exigeait alors davantage d'effort physique, mais on passait pourtant beaucoup moins de temps à se plaindre.
Aujourd'hui, l'élite des râleurs, le génie de la réclamation, le fleuron de nos rouspéteurs consacre un temps et un influx émotionnel considérables à des plaintes qui n'obtiennent pas davantage de réponse qu'elles n'aboutissent à un résultat. Nous nous plaignons à propos de tout, des plus pesantes questions planétaires aux moindres détails du quotidien. Nous pestons avec la même ardeur à propos d'un mauvais politicien que d'une mauvaise pédicure ; avec la même fréquence à propos des guerres que de la météo (c'est en fait cette dernière qui détient la palme). Nous allons jusqu'à mettre la même dose de spontanéité et d'implication personnelle à nous lamenter du comportement de tel ou tel personnage de notre série préférée que de celui de notre conjoint(e) ou de nos amis.
Au fil des décennies, nos plaintes ont cessé d'être un acte utile motivé par la quête d'un objectif précis pour accéder au rang de passe-temps national. Nous sommes aujourd'hui un pays de râleurs qui affrontent leur lot quotidien de frustration, de ressentiment et d'irritation sans savoir le moins du monde comment les traiter avec efficacité. En termes psychologiques, nos comportements plaintifs constituent un gâchis colossal de nos ressources émotionnelles, pourtant limitées.
A dire vrai, prises individuellement, la plupart de nos récriminations n'ont guère d'incidence sur notre équilibre mental. Mais les bactéries, par exemple, sont de minuscules organismes dont la masse cumulée est supérieure à celle de toutes les autres formes de vie peuplant la planète. De même, nos plaintes, pour l'immense majorité, sont mineures («C'est chaud !» ; «Tu es en retard !», «Encore le siège côté couloir ?» ; «Ça manque de sel !» ; «Maintenant, c'est trop salé !»), mais leur volume global éclipse l'ensemble de nos expressions positives. Il en résulte que ces plaintes occupent désormais dans notre vie une place importante. Les entreprises dépensent chaque année des milliards de dollars dans le traitement des réclamations de leurs clients. Et les mastodontes du SAV ne sont plus seuls à se disputer l'argent que nous consacrons à nos plaintes. On voit fleurir sur Internet des start-up consacrées à ce secteur d'activité. Ainsi, domycomplaining.com («Occupez-vous de ma plainte») se chargera, contre une modique rétribution, de mener votre réclamation à votre place. Certaines de ces entreprises attirent déjà des millions en capital d'investissement.


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