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Auteur : Alan Warner
Traducteur : Catherine Richard
Date de saisie : 14/10/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-267-02207-0
GENCOD : 9782267022070
Sorti le : 25/08/2011
Manda, Kay, Chell, Kylah, Finn : les Sopranos sont de retour. Leur amitié demeure aussi flamboyante et houleuse que par le passé. Elles se retrouvent à l'aéroport de Gatwick, bien décidées à partir faire la fête dans une destination encore inconnue. Mais quitter Gatwick s'avère complexe et onéreux. Dès lors que Manda perd son passeport, péripéties et rebondissements s'enchaînent sur fond de beuveries, de mises au point et de considérations philosophiques, le tout exacerbé par l'arrivée de la belle et riche Anglaise Ava, une copine de fac de Finn. Au fil de ce récit frénétique, les six filles se révèlent tour à tour touchantes, ingénieuses et horrifiantes, jusqu'à l'ultime coup de théâtre.
«Qu'un homme d'âge mûr réussisse à se mettre dans la peau d'un groupe de filles avec tant de brio et d'enthousiasme est l'un des petits miracles de la fiction contemporaine. Warner l'a, une fois de plus, accompli.» Phil Baker, Sunday Times
«Une des voix les plus talentueuses, les plus originales, les plus intéressantes du moment.» Irvine Welsh
Alan Warner est né en 1964 en Écosse, où il a grandi et commencé à travailler.
Il a fait une entrée remarquée dans le monde littéraire en 1995 avec la parution de Morvern Callar, (adapté au cinéma en 2002 avec un succès international) pour lequel il a reçu le prix Somerset Maugham. Il a ensuite publié Ces terres démentes. En 1998, Les Sopranos est distingué comme le meilleur livre écossais de l'année par le jury du prix Saltire. En 2003, Alan Warner a reçu le prix du Meilleur jeune écrivain britannique.
Le Dernier paradis de Manolo est paru aux éditions Christian Bourgois en 2007.
Comme toujours chez Warner, la densité des personnages frappe et permet, l'air de rien et en faisant de l'humour un allié de première main, de prendre en charge une forte dimension de chronique sociale et politique. Avec une spécificité du regard écossais sur la britannité, dans et par-delà ses caricatures les plus évidentes.
Alan Warner propose une saison 2 à ses héroïnes des Sopranos. Des chipies confrontées au vide existentiel...
Finiront-elles par décoller ? Pas sûr. Alors, elles passent leur temps à sniffer, à se chamailler, à parler fringues, à délirer, à mater les garçons de l'aéroport, et c'est une jeunesse à la dérive que dépeint Warner dans cette comédie où des clones de Madonna rêvent de ressembler à des top models en se pintant à la Guinness, pour oublier qu'elles n'ont pas de futur. Drôle, grinçant et surtout pathétique.
En silence, les quatre jeunes femmes avaient prudemment observé les enseignes d'hôtel illuminées disposées sur les toits en terrasse au long du vague horizon nocturne - tandis que le minibus tournoyait au gré d'une succession déroutante d'échangeurs et de ponts aériens curvilignes : Renaissance, Thistle, Holiday Inn, Ramada, Meridian, Skylane. L'enseigne du Flight Deck Hôtel était placée en hauteur, juste au ras voire légèrement au milieu des lourdes ramures noir d'encre de chênes et de frênes, ces arbres anglais très luxuriants dont les branches s'agitent de façon obscurément prophétique, pareilles à de languissantes manches à air.
Manda méfiante, Kay calme, Kylah captivée et Chell craintive étaient assises côte à côte sur la banquette arrière réquisitionnée d'autorité, à bord de la navette minibus Hoppa qui desservait les hôtels ; les autres passagers assis devant elles regardaient eux aussi le paysage, levant les yeux vers les spires des voies de circulation aériennes.
Dans toute cette morosité, les vitres du minibus semblaient sales, peut-être même fumées, pourtant l'extérieur entier - l'air de cette nuit - était poudré d'une lumière particulière au-dessus de chaque lampadaire au sodium et juste en dessous du moindre projecteur de parking ; une granulosité spectrale nimbait les feux arrière des véhicules sur les bretelles d'accès limitées où des voitures et de mystérieuses fourgonnettes blanches surgissaient avec une persistance débridée.
Manda lança : «On y est. Regardez, vous voyez...» Elle se leva comme si c'était urgent, baissant sa tête désormais blonde sous le hublot en plexiglas dans la travée centrale, puis s'avança en titubant comme si elle seule risquait de manquer l'arrêt, s'agrippant au dossier d'un siège avec ses ongles acryliques fragiles, les phalanges bardées de multiples bagues dorées. Se penchant encore plus, Manda scruta le ciel par les vitres latérales. Un néon de toit d'un bleu aveuglant se dressait au-dessus d'elles à mesure qu'elles se rapprochaient :
FLIGHT DECK HOTEL
L'apparence extérieure de l'hôtel les confronta alors à une étrange nouveauté : les longues bandes de façade marron, le verre noir sur trois étages, les trouées irrégulières de verdure ponctuant çà et là le parking, cernées par les trottoirs incurvés et les mouvements zoologiques de lointaines petites silhouettes qui se découpaient sur l'intérieur blanc du hall vitré.
Arrêtés tout près du Flight Deck Hôtel, avec son hall vitré illuminé d'inspiration hexagonale, les passagers de la navette Hoppa se levèrent de leurs sièges. Le chauffeur descendit par la porte pneumatique de l'avant et des chocs sourds se firent presque aussitôt entendre tandis qu'il ouvrait les soutes à bagages situées bas sous l'habitacle.
Manda, s'avançant d'un air important, fut la première à sortir après les voyageurs assis à l'avant. Derrière elle, leur vanity-case métallique à la main, venaient Kylah et Chell, allumant immédiatement du pouce la façade vert anis ou violette de leur téléphone mobile pour vérifier une fois de plus l'arrivée peu probable de textos urgents en provenance du pays. La sangle de sa mallette d'ordinateur en travers du torse comme une cartouchière, Kay Clarke suivait.
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