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_ Rouge argile

Couverture du livre Rouge argile

Auteur : Virginie Ollagnier

Date de saisie : 22/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Liana Levi, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-86746-578-9

GENCOD : 9782867465789

Sorti le : 01/09/2011

Virginie Ollagnier fait la preuve de sa grande maitrise de l'écriture dans ce roman subtil et attachant.

Extrait : "Temps éparpillés, éclats rapprochés, mémoire réunie. Rosa suivait le chemin de son enfance, soulevait le silence que tous avaient jeté dessus, et dénudait enfin la matière, la texture de sa vie." p. [197]


Rosa revient au Maroc, pays qu'elle a quitté dans les années 50 en y laissant sa famille. Aujourd'hui, seule subsiste cette demeure au milieu d'un vaste domaine, témoignage du passé colonial familial et il est temps de mettre un point final à la succession malgré ce qu'elle lui rappelle : «Dans cette maison dans laquelle elle avait grandi et aimé pour la première fois de cette passion éternelle qu'on voue à se parents. Premier lieu auquel elle avait appartenu.». Elle retrouve avec plaisir Sherifa, sa nourrice, deuxième mère toujours complice. Retour aux sources bouleversant, chaque objet, chaque vision provoque un flux ininterrompu de souvenirs, anodins ou non qui, image après image, la mène sur les traces de sa famille et de ses secrets. Elle s'était construite sur une certaine idée de son passé, un modèle de famille et de couple et ce voyage lui révèlera sa vraie famille, ses secrets et non-dits mais aussi son attachement viscéral à cette terre rouge et à la vie qu'elle crée, entretient, prolonge et achève. «Rouge argile. Sang séché.».


Rosa, mariée à Antoine, vient de perdre son père adoptif resté à Meknès, au Maroc. Les souvenirs l'assaillent, et les pans cachés de la vie de ses parents vont faire vaciller ses certitudes.

Epon, le père adoptif, se révèle un être secret et le récit de sa vie se mêle à la réalité d'aujourd'hui. La nostalgie de sa vie au Maroc pèse dans le devenir de Rosa.

Les destins s'entrechoquent pour notre plus grand bonheur. Pour ma part, j'aurais aimé avoir Edmonde pour marraine et amie.

Que de tendresse dans ce livre de Virginie Ollagnier !


Au sein de la bonne bourgeoisie parisienne, la vie de Rosa ressemble à un paysage mélancolique dont tout éclat s'estompe peu à peu, malgré la réussite de son époux Antoine avec lequel elle ne partage plus que des silences. Quant à ses enfants, Maurice a trouvé sa voie à la Caisse des Dépôts et Consignations, tandis que sa soeur Julie s'est tournée vers le journalisme.

Quand Rosa apprend le décès de son père adoptif Egon Baum, elle revient sur les lieux de son enfance au Maroc, à Sejâa plus précisément. Elle y rejoint sa maison, celle où elle aurait bien voulu mourir un jour, si Egon était encore là, alors que maintenant, seule au monde en quelque sorte avec le poids de cette douleur irréparable, que faire ?

Là-bas, en France, elle a depuis longtemps abdiqué et si elle a réussi un beau mariage vingt ans plus tôt dans la capitale, qu'en reste-t-il ? Devant ce nouveau deuil qui frappe l'un des deux hommes de sa vie - le premier fut son père Gabriel, mort alors qu'elle n'était encore qu'une petite fille - tout un passé défile devant ses yeux : sa mère Suzanne - si touchante, si tendre, si aimée -, sa marraine Monde - l'amie de France - soeur de sa mère et la vieille Sherifa - la nounou, la confidente - qu'elle est heureuse de retrouver aux côtés de son fils Mehdi : «Rosa retrouva l'odeur de ses cheveux, le parfum de clou de girofle, le khôl aux yeux. Elle était bien, juste bien, et rien n'existait plus des malheurs et des deuils. Bercée, Rosa avait regagné le centre de son monde. Son corps se dilata à nouveau.»

Au fil des jours, elle perd ses artifices de la métropole, laisse ressurgir son accent pied-noir dont autrefois elle avait honte, comme de cette maison, fardeau d'un passé colonial qu'elle refuse de lèguer à ses enfants : «Le temps est venu de rompre avec sa culpabilité, de rendre la terre.»

Enveloppée par la chaleur bienfaisante des siens, face à son propre destin et ce mort tant aimé qui lui parle, elle pénètre ainsi l'intimité du coeur d'Egon et se voit révéler un fragment de sa vie dont elle ignorait tout ou presque... Après cette immersion douloureuse et tendre, plus rien ne sera comme avant.

Un roman plein de délicatesse où le deuil, charriant ses blessures profondes, oriente Rosa vers ses propres choix de vie, réveillant ses besoins d'appartenance et de liberté.

Rouge argile est le troisième roman de Virginie Ollagnier - née à Lyon en 1970 - après Toutes ces vies qu'on abandonne en 2007 - couronné par onze prix littéraires - et L'incertain en 2008, tous deux publiés par les éditions Liana Levi.


  • Les présentations des éditeurs : 01/09/2011

Rosa vient de perdre Egon, son père «adoptif», seul lien qui la rattache encore à sa maison d'enfance à Meknès, au Maroc.
Venue pour un dernier adieu et pour régler la succession, prête à faire table rase de cet héritage qui l'encombre dans sa vie bien établie et bien réglée de Saint-Germain-en-Laye, elle va retrouver une part d'elle-même soigneusement enfouie, depuis vingt ans. Assaillie par des souvenirs encombrants et par la découverte de pans ignorés de l'histoire de ses parents, dévorée par l'affection de sa nourrice marocaine, étourdie par les récits de sa marraine venue la soutenir, Rosa voit peu à peu le désordre et les fantômes du passé s'insinuer dans une vie où chaque chose était à sa place.
Le récit est entrecoupé par la voix d'Egon qui raconte son itinéraire de vie. Avec une écriture ciselée et sensuelle, Virginie Ollagnier croise les destins, mêle les voix et retrace des parcours gouvernés pas l'Histoire et les secrets de famille.

Virginie Ollagnier, née à Lyon en 1970, est formatrice en communication écrite et co-scénariste de la bande dessinée Kia Ora. Son premier roman, Toutes ces vies qu'on abandonne (Liana Levi 2007, Points 2008), lui a valu un succès public et critique et a obtenu onze prix littéraires dont le «Prix coup de coeur du roman historique de la ville de Blois» et le «Prix du premier roman du Touquet». Elle a également publié L'Incertain (Liana Levi 2008, Points juin 2011).


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