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.. Au pays des pierres de lune

Couverture du livre Au pays des pierres de lune

Auteur : Tania Sollogoub

Date de saisie : 28/09/2011

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France

Collection : Médium poche

Prix : 8.00 € / 52.48 F

ISBN : 9782211205610

GENCOD : 9782211205610

Sorti le : 15/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 29/09/2011

Quand il neigeait à Boulogne, tous les Russes de l'immeuble étaient heureux. C'était la fête. Ma grand-mère débarquait dans ma chambre à sept heures du matin.
«Debout là-dedans ! hurlait-elle. Regarde !» Elle ouvrait les volets d'un geste magistral pour me montrer le ciel blanc. «Il neige ! Habille-toi ! Vite !»
Babou n'était pas une grand-mère ordinaire. Elle me racontait que les yeux des filles, en Russie, brillaient comme le reflet de mille pierres de lune dans la nuit. Les garçons les aimaient, ils les embrassaient, puis ils les oubliaient.
C'est l'hiver de mes treize ans qu'à mon tour j'allais découvrir l'amour. Il s'appelait Boris. Il avait les yeux bleus et quelque chose au milieu qui me donna envie d'y plonger.

Changer le monde et «prendre ses rêves au sérieux». Ouvrir les frontières aux nomades, bras ouverts, lutter contre les yeux tristes des filles de Moscou et les espoirs brisés, bras décroisés. Tania Sollogoub y croit et le fait.
Grâce aux mots et aux chiffres (elle enseigne l'économie quand elle n'envoie pas des romans par La Poste). Grâce aussi à la magie des Baba Yaga cachées dans les forêts russes ou dans la boutique de produits du Massif central du métro Gare du Nord. Après, elle vous emmènera manger des blinis, vous parlera de Blade Runner, et vous de rire, et vous de rêver.
Quelque chose aura changé.



  • La revue de presse Nathalie Riché - Lire, septembre 2011

Des années de maturation pour quelques pages de pur bonheur littéraire. Car Tania Sollogoub nous régale de ses jolies formules où se glissent dans les interstices de la nostalgie tous les émois du premier amour. Un amour violent qui aiguise ses armes pour mieux surprendre dans sa douleur. Nul doute, ce Pays des pierres de lune est un joyau.


  • Les courts extraits de livres : 21/09/2011

À treize ans, j'aimais par-dessus tout passer les vacances de février chez ma grand-mère paternelle. Nous l'appelions «Babou». Elle habitait à Boulogne-Billancourt, dans un immeuble plein de gens venus de tous les pays du monde, plein de gens qui n'auraient jamais dû se connaître. C'est là que j'ai découvert l'amour.
- C'est un HLM, m'avait-elle expliqué quand j'étais petite. Nous sommes arrivés ici après la révolution russe et nous y sommes restés. Parfois, ma chérie, c'est aussi simple que cela, la vie.
Et elle riait en laissant tomber par terre la cendre de sa cigarette. Puis elle me soufflait dans le nez un grand cercle de fumée noire. Il faut dire que ma grand-mère riait beaucoup, surtout quand il y avait des hommes. Elle renversait la tête en arrière, elle fermait les yeux, et son rire montait haut, très haut, il s'envolait quelque part dans le ciel, sans doute dans un endroit spécial du paradis où les Russes se retrouvaient pour parler de leur vie, avant les HLM. J'aimais cela. Cette impression de pouvoir grimper directement au paradis en riant.

- Tu veux essayer ? m'avait-elle proposé un jour en me tendant une cigarette.
Babou n'était pas une grand-mère ordinaire. Elle portait toujours des fleurs en soie rouge accrochées en haut de son décolleté, et elle fumait des demi-Gitanes avec un long fume-cigarette noir. Elle avait un peigne en corne glissé dans la bride de son soutien-gorge et deux énormes bagues à chaque main. Une en améthyste, une autre en nacre blanche, la troisième en pierre de lune, et enfin la dernière, la plus grosse, en ambre jaune.
Celle que je préférais, c'était la pierre de lune, parce qu'à la lumière un reflet la traversait de part en part et dessinait exactement un croissant de lune bleu. A cette époque, je croyais que la Terre vue du ciel devait être aussi belle que cela et qu'elle ressemblait au coeur des hommes.
- Elle est belle, ta bague.


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