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.. Fin de la psychothérapie ?

Couverture du livre Fin de la psychothérapie ?

Auteur : Jacques-Antoine Malarewicz

Date de saisie : 05/09/2011

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Odile Jacob, Paris, France

Collection : Psychologie

Prix : 23.90 € / 156.77 F

ISBN : 9782738126832

GENCOD : 9782738126832

Sorti le : 08/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 05/10/2011

La psychothérapie a-t-elle encore un avenir ? Entre la profusion des offres «psy» en tout genre et le recours massif aux médicaments pour soigner les troubles de l'âme, sa place ne cesse de se réduire. Mais qu'est
C'est précisément à cette tâche que s'attelle ici Jacques-Antoine Malarewicz. Puisant largement dans les récits mythologiques, il nous invite à réfléchir sur ce qui est en train de disparaître avec la psychothérapie, dans une société vouée au court terme : une relation à l'autre qui fait droit à la durée - loin du consumérisme relationnel actuel ; un usage de la sagesse et des rites que ne permet plus la promotion d'une rationalité soucieuse de rentabilité.

S'appuyant sur son expérience clinique, il dénonce l'usage abusif du diagnostic de dépression et dresse un inventaire critique des techniques du bien-être au travers desquelles il voit pointer une approche de plus en plus biologique et normative de la souffrance psychique.

Une réflexion salutaire sur la psychothérapie et ce qui fait sa valeur aujourd'hui dans notre société.

JACQUES-ANTOINE MALAREWICZ

Psychiatre et psychothérapeute d'inspiration systémique, Jacques-Antoine Malarewicz est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, portant sur le couple, la famille, l'entreprise.


  • Les courts extraits de livres : 05/10/2011

Extrait de l'introduction

La psychothérapie est un acte professionnel qui consiste à aider par la parole, la symbolique ou l'accès commenté au corps, des individus ou des groupes qui souffrent d'un mal invalidant dans leur vie quotidienne. Longtemps, les psychothérapeutes ont été formés à la psychanalyse au travers d'un travail personnel, ils n'étaient pas toujours médecins ou psychologues. Ces professionnels s'efforçaient de trouver auprès d'autres praticiens l'enseignement que ne dispensait pas l'université et, à l'ombre de la psychiatrie, exploraient les méandres de l'âme humaine. Depuis deux à trois décennies, le champ d'application de cette pratique s'est étendu en même temps que les théories se sont multipliées. De nouvelles conceptions de l'être en souffrance ont émergé, ouvrant la voie à des pratiques innovantes, parmi lesquelles l'approche systémique et les thérapies cognitivo-comportementales occupent une place importante. Au-delà de ces formes classiques, de multiples offres sont apparues, qui prétendent accéder au titre de psychothérapie.
Avec cette évolution, ce qui constituait l'essence de ce métier s'est dilué ; les éléments fondateurs qui font de la relation d'aide une expérience pertinente pour le patient, au-delà de la simple résolution de son problème, ont tendance à être négligés. L'objet de mon propos sera d'abord d'identifier ces éléments fondateurs et de décrire ensuite les facteurs socioculturels qui risquent d'entraîner la disparition de la profession de psychothérapeute, au sens classique du terme. En effet, on assiste aujourd'hui à une double évolution.

Une offre de soins pléthorique

D'un côté, des pratiques qui ont en commun d'obéir, sous prétexte de modernité, à une logique d'efficacité immédiate tendent à résumer l'offre de «soins». Leur profusion entraîne un brouillage des codes qui régissaient les différences entre les formations, les compétences et les métiers. La même appellation «psychothérapeute» recouvre des réalités très éloignées les unes des autres. Des prestataires de plus en plus variés composent une nébuleuse constituée de psy-quelque-chose, d'accompagnateurs multicartes, de coachs ou encore de gourous autoproclamés, développeurs de personnalités et grands ordonnateurs de tests. Les outils qu'ils utilisent relèvent souvent d'une vision très réductrice du fonctionnement du psychisme humain. Ces psychothérapeutes profitent du fait que la souffrance psychique s'est banalisée. En tombant dans le vaste champ de l'existentiel, elle s'est diluée et tout un chacun peut se l'approprier. Dorénavant, la moindre plainte peut être prise en compte, voire suscitée et valorisée par une offre pléthorique et multiforme de «prises en charge» qui ne s'embarrassent pas de clinique, mais légitiment de facto toute démarche sans s'interroger sur les véritables besoins des patients.
D'un autre côté, le recours aux médicaments est de plus en plus fréquent. Les pilules du bonheur s'imposent dans la «prise en charge» de la souffrance psychique, jusqu'à se rendre indispensables. Elles étouffent la douleur et anesthésient l'âme. Leur seule efficacité et de faire oublier qu'il est d'autres manières de s'occuper de soi-même. Notre système de santé, caractérisé par la rémunération du médecin à l'acte, pousse à l'inflation médicamenteuse par le besoin de satisfaire rapidement un «client» atteint - par ailleurs - de nomadisme : une maladie elle-même génératrice de consommation de soins. La politique commerciale des laboratoires vient conforter ce mécanisme. Par exemple, ils cherchent régulièrement à développer de «nouveaux marchés», notamment vers les enfants et les adolescents. Les nouveaux patients attendent une réponse immédiate à leurs problèmes. Trop de pressions s'exercent sur eux de toute part pour laisser place à la durée qu'exigent les élaborations qui se déploient dans une véritable psychothérapie. L'utilisation massive des psychotropes s'explique également par une évolution des mentalités quant aux manifestations de la souffrance psychique, son appréhension et, plus généralement encore, par la manière dont chacun a tendance à s'inscrire dans le groupe social. Cette inscription est elle-même paradoxale, dans la mesure où c'est en s'affirmant toujours davantage que l'individu a le sentiment de pouvoir exister, alors qu'il ne fait que s'isoler toujours plus des autres.


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